Un luxe de détails pour expliquer le recul des valeurs haut de gamme

©Bloomberg

Les actions du secteur du luxe ont chuté partout dans le monde ce mercredi. Une note pessimiste de Morgan Stanley a ravivé les craintes des investisseurs sur les effets du ralentissement en Chine, marché de croissance du secteur. LVMH constate que Pékin agit de manière plus stricte.

Morgan Stanley s’est payé le luxe de secouer tout le secteur des entreprises spécialisées dans les produits de haute qualité. En publiant une note particulièrement pessimiste pour les valeurs du luxe ce mercredi matin, la banque d’affaires a déclenché un fort courant vendeur en Bourse, cette analyse inquiétante ayant ravivé les craintes des investisseurs sur les conséquences du ralentissement économique chinois pour le secteur du haut de gamme.

L’action du groupe LVMH, qui avait pourtant publié des résultats trimestriels solides la veille au soir, a chuté de 7,14%. Le titre du groupe français a emmené avec lui ses compatriotes Kering (-9,62%) et Hermès (-5,07%). La défiance des investisseurs pour les valeurs du luxe a traversé les frontières, happant au passage le britannique Burberry, en baisse de 8,09%, les suisses Richemont (-3,98%) et Swatch (-5,41%), ainsi que les italiens Salvatore Ferragamo (-4,24%) et Moncler (-10,85%). Même l’américain Tiffany & Co était en difficulté (-7,42% à 18h) à Wall Street. Seul le japonais Shiseido a été épargné, en limitant son recul à 1,52% en Bourse de Tokyo. Mais les investisseurs de la place nippone n’ont pas eu le temps de digérer la note de Morgan Stanley et il ne serait pas étonnant de voir l’action de la marque vantée par Lady Gaga se replier plus fortement ce jeudi à l’ouverture des marchés asiatiques.

Quoi qu’il en soit, c’est bel et bien tout le secteur du luxe qui s’est retrouvé en queue de peloton sur les marchés boursiers ce mercredi. La note de Morgan Stanley est riche en arguments défavorables à ces valeurs. Premièrement, la banque d’affaires juge que la valorisation du secteur "semble exagérée", malgré la récente baisse des cours. Ensuite, elle considère que les actions du luxe "sont sensibles à une sous-performance généralisée des valeurs de croissance face aux valeurs de rendement".

De plus, l’analyste de la banque souligne que l’élan des ventes et du bénéfice par action des entreprises d’articles haut de gamme ralentit. Faut-il y voir l’effet d’une moindre demande en Chine, premier marché de croissance du secteur grâce à la montée en puissance d’une classe moyenne plus riche? Morgan Stanley relève en tout cas que la confiance des consommateurs chinois semble à présent sur le déclin.

Fermeté chinoise

En outre, l’agence Bloomberg relève que des inquiétudes montent au sujet de la capacité des Chinois à importer des biens de luxe étrangers. L’agence d’informations financières cite les propos du directeur financier de LVMH, Jean-Jacques Guiony: "Les autorités chinoises ont certaines lois qui sont appliquées avec un peu plus de fermeté actuellement", a-t-il reconnu lors d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers. Un marché chinois plus fermé n’augurerait rien de bon pour les groupes de luxe occidentaux.

Enfin, il ne faut pas négliger l’impact qu’a eu l’émission Cash Investigation diffusée sur France 2 mardi soir. Elle souligne la face sombre du monde du chic (recours à une main-d’œuvre exploitée, évitement des impôts, maltraitance d’animaux, etc.). Le cocktail (luxueux) parfait pour faire fuir les investisseurs.

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