Un rallye sur pause pour les marchés d'actions

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Les marchés d'actions ont terminé la semaine en ordre dispersé. Les valeurs bancaires ont profité des bons résultats et de la remontée des taux longs.

Les marchés d'actions ont appuyé sur le bouton pause. Le Stoxx 600 a stagné sur une semaine. Aux États-Unis, le S&P 500 et le Nasdaq ont touché un nouveau record. Les résultats trimestriels de sociétés et les signaux rassurants envoyés par la Réserve Fédérale américaine ont soutenu une tendance hésitante. Celle-ci a prononcé les mots mercredi que les investisseurs voulaient entendre, à savoir qu'il était trop tôt pour parler d'une sortie de crise et, par conséquent, d'une inflexion de sa politique monétaire très accommodante.

Il est absolument logique que les rendements obligataires continuent d'augmenter.
Antoine Bouvet
Responsable de la stratégie sur les taux chez ING

Cependant, sur le marché obligataire, les investisseurs ont retenu une autre histoire. Le rendement du Bund allemand à dix ans et des autres obligations d'État ont progressé en prévision d'un resserrement des politiques monétaires en Europe et aux Etats-Unis. Le taux allemand à dix ans a touché jeudi son plus haut niveau depuis mars 2020, à -0,20%. Il se rapproche désormais de 0%. Les chiffres de l'inflation en Allemagne, la plus grosse économie de la zone euro, publiés ce jeudi ont contribué à cette baisse des rendements obligataires européens. Pour le deuxième mois consécutif, l'inflation allemande a excédé l'objectif de 2% de la Banque centrale européenne. "S'il peut exister des facteurs temporaires influençant l'inflation au cours des prochains mois, il ne fait aucun doute dans l'esprit de quiconque que nous sommes au début du cycle de croissance", a constaté Antoine Bouvet, responsable de la stratégie sur les taux chez ING."Il est absolument logique que les rendements obligataires continuent d'augmenter. "

Des banques en forme

Le secteur bancaire européen a profité de cette remontée des taux obligataires. Mais il a aussi été porté par de bons résultats, dont ceux de Deutsche Bank, Santander et de Lloyds. Le compartiment a pris 6,57% sur la semaine et signé la meilleure performance sectorielle du Stoxx 600.

908
millions d'euros
Deutsche Bank a dégagé un bénéfice net au premier trimestre, le meilleur depuis 2014.

Deutsche Bank a signé la plus forte progression hebdomadaire du Stoxx 600 Banks, avec un gain de plus de 18%. L'action a décollé après la publication des résultats du groupe allemand, qui a dégagé un bénéfice net de 908 millions d'euros au premier trimestre, le meilleur depuis 2014. Il a aussi relevé ses prévisions de bénéfices pour l'année. La Lloyds a vu son action prendre 7% sur la semaine après avoir indiqué un bénéfice net multiplié par près de trois au premier trimestre. Santander a bondi de plus de 12% grâce à un bénéfice net de 1,6 milliard d'euros, en hausse spectaculaire.

Un secteur automobile pénalisé

Le compartiment automobile a lui signé une des pires performances du Stoxx 600 cette semaine (-2,81%), plombé par des perspectives peu rassurantes des constructeurs américains. Ford a a prévenu que la pénurie de semi-conducteurs pourrait réduire sa production de moitié au second semestre. Tesla a aussi indiqué que cette pénurie pourrait affecter les résultats du groupe au second et troisième trimestre. La semaine prochaine, Volkswagen, Ferrari et BMW doivent donner à leur tour leurs prévisions pour l'année. La moindre déception risque d'être sanctionnée sur les marchés. La situation est très tendue", s'est alarmé Eckehart Rotter, porte-parole de la VDA, la fédération allemande de l'industrie automobile, ajoutant que les problèmes de semi-conducteurs affectaient aussi bien les constructeurs que les fournisseurs.

Des perspectives au beau fixe pour le pétrole

Les cours du pétrole ont grimpé cette semaine, portés par des signes d'une reprise de la demande dans des marchés importants, malgré la résurgence du Covid-19 dans certains pays. Le baril de Brent a pris 3,16% à 68,19 USD en variation hebdomadaire. De nombreuses analyses positives pour l'or noir ont porté les cours. Goldman Sachs a indiqué que la demande de pétrole affichera un bond record au cours des six prochains mois à mesure que les taux de vaccination s'accéléreront.

La demande de pétrole augmentera aux États-Unis à mesure que l'économie s'ouvre davantage.
Bjarne Schieldrop
Responsable de la stratégie sur les matières premières chez Seb AB

L'OPEP + a également relevé ses estimations de croissance cette année, mais l'alliance a averti qu'une aggravation de la situation virale en Inde, au Japon et au Brésil pourrait faire dérailler la reprise. "La demande de pétrole augmentera aux États-Unis à mesure que l'économie s'ouvre davantage", a déclaré Bjarne Schieldrop, responsable de la stratégie sur les matières premières chez Seb AB. "Il y aura une faiblesse en Inde. Mais c'est très visible pour l'OPEP + et ils peuvent réagir à la prochaine réunion si nécessaire" a-t-il ajouté.

Parmi les autres matières premières, le cours du cuivre a dépassé 10.000 dollars la tonne, une première depuis dix ans.

Le résumé

  • Les marchés d'actions européens ont terminé inchangés sur la semaine.
  • Les craintes d'inflation ont fait remonter les taux obligataires. Le rendement du Bund allemand à dix ans est revenu à son niveau de mars 2020.
  • Le secteur bancaire européen a signé la meilleure progression du Stoxx 600, portés par d'excellents résultats.
  • La pénurie de semi-conducteurs a pesé sur le secteur automobile.

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