Une année 2019 difficile pour Carmignac

"Nos principaux fonds vont passer au développement durable dès cet été", annonce Edouard Carmignac, fondateur de la société de gestion Carmignac. ©RV DOC

La firme de gestion d’actifs française a subi des retraits de 9,9 milliards d’euros sur l’ensemble de 2019, après une année 2018 déjà difficile.

Carmignac, firme de gestion d’actifs basée en France, a de nouveau connu des retraits importants l’année passée. Didier Saint-Georges, membre du Comité d'Investissement Stratégique et Managing Director de la société, a indiqué que les actifs sous gestion étaient descendus à 35 milliards d’euros, contre 42 milliards d’euros à la fin 2018, une année qui avait déjà été difficile.

"Sur l’ensemble de l’année dernière, nous avons subi des retraits de 9,9 milliards d’euros, et au quatrième trimestre, de 1,2 milliard d’euros", précise-t-il. "Les fonds qui ont subi les principaux retraits sont Patrimoine et Sécurité, deux de nos fonds qui gèrent les plus gros actifs. Ils ont tous les deux offert une performance décevante l’année passée, alors c’est la règle du jeu", a-t-il relevé lors d’une conférence de presse à Paris ce jeudi.

Dans cet environnement de marché, je crois que nous devons être convaincus que les gestionnaires actifs vont enfin surperfomer les gestionnaires passifs.
Edouard Carmignac
Fondateur de Carmignac

En 2019, Carmignac Patrimoine, le fonds mixte (qui investit à la fois dans des actions et des obligations) a offert une performance de 10,2% et le fonds Sécurité de 3,9%. "Pourtant, le fonds a connu une année solide, battant 90% des fonds dans la même catégorie", objecte Didier Saint-Georges.

Mais le groupe a aussi connu des bonnes collectes pour ses autres fonds, en particulier Carmignac Grande Europe et les fonds spécialisés dans le crédit. Grande Europe a vu sa performance s’élever de 34,8% en 2019. "L’année passée était une année facile pour les marchés", remarque-t-il.

Réaffirmer son savoir-faire

Pour cette année, le fondateur de la firme de gestion Edouard Carmignac s’est montré confiant. "Je suis confiant dans la capacité de nos équipes", a-t-il affirmé.

"Les marchés sont désormais très chers, en particulier sur le marché obligataire, alors il sera important pour nos équipes de réaffirmer notre savoir-faire", souligne-t-il. "Dans cet environnement de marché, je crois que nous devons être convaincus que les gestionnaires actifs vont enfin surperfomer les gestionnaires passifs", ajoute-t-il.

Cap sur le développement durable

L’année passée a été marquée par une hausse des multiples du S&P 500 derrière sa performance, alors qu’en moyenne, depuis 2009, la performance de l’indice s’expliquait surtout par la croissance des bénéfices des sociétés, relève Frédéric Leroux, responsable de l’équipe cross asset.

Mais Edouard Carmignac a aussi précisé que les fonds de sa firme vont progressivement privilégier les sociétés répondant aux critères du développement durable. "Nous allons développer notre propre logiciel propriétaire" de développement durable, indique-t-il. "Nos principaux fonds vont passer au développement durable dès cet été", ajoute-t-il.

Lorsque le dollar baisse face aux autres devises, les marchés émergents se portent très bien. Cela justifierait une allocation vers ces marchés.
Frédéric Leroux
Responsable équipe Cross Asset chez Carmignac

Dollar plus faible

L’année sera encore marquée par une faible croissance économique mondiale, selon Frédéric Leroux. Elle sera aussi placée sous le signe d’un dollar plus faible. "L’affaiblissement du dollar prendra en compte la détérioration des doubles déficits des États-Unis, voulue par la politique du président américain Donald Trump", indique-t-il. "Si le dollar s’affaiblissait, les marchés émergents devraient en profiter car lorsque le dollar baisse face aux autres devises, les marchés émergents se portent très bien. Cela justifierait une allocation vers ces marchés", relève-t-il.

Chez Carmignac, l’anticipation d’un dollar plus bas a poussé les gérants à réduire leur exposition dans cette devise, pour privilégier les actifs libellés en euros.

L’année qui se déploie s’annonce donc pleine de défis pour la firme de gestion, qui estime que le risque principal des marchés sera l’élection présidentielle américaine, en novembre. "Les marchés risquent de craindre une politique anti-business, ce sera l’opportunité pour acheter plus d’actions", souligne Frédéric Leroux.

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