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Une BCE entre deux chaises face à une inflation galopante

Christine Lagarde a répété à plusieurs reprises que cette accélération de l'inflation "devrait être essentiellement temporaire". La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) devrait encore le faire la semaine prochaine. ©REUTERS

D'un côté, les pressions inflationnistes augmentent en zone euro. Mais de l'autre, la BCE ne devrait pas modifier sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion.

On vous avait prévenu... L’accélération de la hausse des prix prédite par de nombreux économistes se confirme et dépasse même leurs attentes. Selon une première estimation de l’office statistique de l’Union européenne, Eurostat, l’inflation en zone euro a atteint 3% en août. Autrement dit, les prix des biens et services couramment achetés par les ménages ont augmenté en moyenne de 3% entre août 2020 et août 2021. C’est du jamais vu depuis novembre 2011.

"Oui, les pressions sur les prix augmentent, mais le mouvement spectaculaire d'août surestime les évolutions sous-jacentes de l'inflation."
Bert Colijn
Senior economist chez ING

La faute revient principalement aux prix de l’énergie (pétrole et gaz) qui ont bondi de 15,4% sur un an. Suivent – très loin derrière – les biens industriels hors énergie (+2,7%), l’alimentation, alcool & tabac (+2%) et les services (1,1%). L’inflation sous-jacente, c’est-à-dire hors énergie et alimentation, s’élève "seulement" à 1,6%. Contre 0,9% en juillet.

"Oui, les pressions sur les prix augmentent, mais le mouvement spectaculaire d'août surestime les évolutions sous-jacentes de l'inflation", nuance Bert Colijn, senior economist chez ING. Selon lui, le changement de la période des soldes l'an dernier et l'augmentation de la TVA en Allemagne expliquent en grande partie cette accélération.

Tapering à l'européenne?

Pas de quoi faire changer la Banque centrale européenne (BCE) de fusil d'épaule. Sa présidente Christine Lagarde avait martelé lors de sa conférence de presse du 22 juillet dernier que cette accélération de l'inflation "devrait être essentiellement temporaire", prédisant un ralentissement début 2022.

3,5%
L'inflation pourrait ainsi atteindre 3,5% en zone euro d'ici fin 2021. Avant de retomber à environ 1,6% l'année suivante.

À croire certains observateurs, la hausse des prix pourrait ainsi atteindre 3,5% d'ici fin 2021. Avant de retomber à environ 1,6% l'année suivante. Un scénario visiblement partagé par les investisseurs: sur le marché obligataire, les tensions observées sur les taux durant la première partie de l'année se sont calmées. Le Bund allemand à 10 ans évolue actuellement à -0,385% et l'OLO belge à -0,054%.

Plusieurs voix discordantes se font pourtant entendre au sein de l'institution monétaire. Le gouverneur de la banque centrale autrichienne, Robert Holzmann, a appelé ses collègues à voter en faveur d'une réduction des achats d'obligations dès le trimestre prochain. "Nous sommes maintenant dans une situation où nous pouvons réfléchir à la façon de réduire les programmes spéciaux pandémiques", a-t-il déclaré lors d'un entretien avec l'agence Bloomberg ce mardi. "Si suffisamment de personnes partagent mon opinion, nous conseillerons certainement au directoire [de la BCE] de ralentir les achats au quatrième trimestre et plus encore au premier [trimestre 2022]."

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