Une troisième vague de Covid-19 pèse sur les marchés

Les nouvelles restrictions en Europe ont pesé sur les marchés. ©AFP

La hausse des taux obligataires et les craintes autour de la pandémie de Covid-19 ont pesé sur les marchés d'actions cette semaine.

Les marchés d'actions ont connu des secousses cette semaine, marquée par des réunions de politique monétaire de plusieurs banques centrales. L'annonce de nouvelles mesures de confinement face à la hausse des contaminations de Covid-19 en Europe et les retards de vaccination ont aussi pesé sur les indices d'actions du Vieux continent. Cela n'a pas empêché le Stoxx 600 de signer une nouvelle progression hebdomadaire de 0,17%, sa troisième d'affilée. "Les indices européens comprennent moins de valeurs technologiques et plus de titres bancaires. Des grandes compagnies globales sont cotées en Europe et disposent d'une exposition importante à l'économie mondiale et pas seulement européenne", explique Frank Vranken, responsable de la stratégie d'investissement chez Puilaetco.

Les indices américains, et surtout le Nasdaq ont connu une plus grande volatilité alors que les rendements obligataires du pays se sont à nouveau envolés." Depuis février, le taux américain à dix ans prend en moyenne 30 points de base par mois. On était à 1,08% le 1er février", souligne Frank Vranken. Le taux américain a touché 1,74% cette semaine, son niveau de janvier 2020. La Réserve fédérale américaine (Fed) qui tenait mercredi sa conférence suite à sa réunion de politique monétaire, n'a pas tenté de calmer le jeu sur le marché obligataire. Son président, Jerome Powell, a jugé que la politique monétaire de l'institution reste "appropriée" au regard des conditions financières.

"Les émissions nettes d'obligations du Trésor devraient atteindre 2.800 milliards de dollars cette année, contre 1.700 milliards de dollars en 2020. La Fed avait acheté le gros du stock l'année dernière. Est-ce qu'elle pourrait racheter le reste?"
Frank Vranken
Responsable de la stratégie d'investissement chez Puilaetco

Frank Vranken estime que la correction actuelle sur les obligations (-7% depuis janvier pour les obligations américaines à 10 ans) s'explique par un calendrier d'émissions importantes cette année. "Les émissions nettes d'obligations du Trésor devraient atteindre 2.800 milliards de dollars cette année, contre 1.700 milliards de dollars en 2020. La Fed avait acheté le gros du stock l'année dernière. Est-ce qu'elle pourrait racheter le reste?" s'interroge-t-il. En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans est remonté jusqu'à -0,266% cette semaine et le taux belge à dix ans est, lui, resté en positif, autour de 0,007%.

Un secteur automobile rutilant

Sur les marchés d'actions européens, le secteur automobile a signé la plus forte progression de la semaine avec un bond de 5,55%, grâce à Volkswagen (+17,65%) et Porsche (+12,66%). Volkswagen a publié ses résultats bien accueillis sur les marchés mardi, un jour après avoir lancé la course pour rattraper le pionnier américain de la voiture électrique Tesla, en affirmant vouloir vendre en 2021 un million de voitures électrifiées et compter dominer ce marché "au plus tard" en 2025.

"Les inquiétudes croissent rapidement à propos d'une troisième vague en Europe au milieu d'une pause dans les vaccinations et de la propagation rapide de la mutation B117 originaire du Royaume-Uni."
Les analystes de JPMorgan

En revanche, le secteur de l'énergie a signé la pire performance de la semaine (-4,56%), pénalisé par le recul des cours du pétrole. Les craintes combinées autour de la demande et des niveaux de stocks d'or noir ont sanctionné brutalement l'optimisme qui prévalait sur le marché depuis le début de l'année. Le baril de Brent a lâché 7,11% d'un vendredi à l'autre à 64,30 dollars. Les prix pétroliers ont dû subir une série de mauvaises nouvelles: stocks américains de brut à leur plus haut depuis début décembre, à 500,8 millions de barils; perspectives moroses de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui estime que la demande mondiale de pétrole devrait mettre deux ans à retrouver ses niveaux d'avant-crise; et surtout coup d'arrêt pour le vaccin AstraZeneca en Europe après le signalement d'effets secondaires possibles. "Les inquiétudes croissent rapidement à propos d'une troisième vague de Covid-19 en Europe au milieu d'une pause dans les vaccinations et de la propagation rapide de la mutation B117 originaire du Royaume-Uni", a déclaré JP Morgan. Cependant, la banque voit toujours le Brent dépasser en moyenne 70 dollars le baril au quatrième trimestre.

Le recul des cours des métaux a aussi pesé sur les valeurs minières cette semaine (-3,14%). Les prix des métaux ont aussi reculé en raison des craintes d'une troisième vague de Covid-19.

Les prix de l'or ont par contre légèrement progressé d'un vendredi à l'autre. L'once d'or a pris 0,78% à 1.740,60 dollars. "Une correction du rendement du Trésor américain à 10 ans, et en fait de l'indice du dollar américain, offre un petit coup de pouce aux prix de l'or, mais nous sommes déjà revenus autour du niveau de 1.745 dollars et l'or a trouvé une certaine résistance" a noté Ross Norman, un analyste indépendant. "Il ne semble pas que l'or ait beaucoup d'élan derrière lui ou suffisamment pour le faire passer au-delà de ce niveau", a-t-il toutefois ajouté.

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