Van de Velde inquiète après la faiblesse des perspectives 2017

©BELGA

Le fabricant de lingerie a prévenu d’une année 2017 délicate pour ses bénéfices, à la surprise des analystes. Le titre a été lourdement sanctionné à la Bourse de Bruxelles.

L’action Van de Velde s’est retrouvée en délicatesse ce jeudi au lendemain de la publication après Bourse d’un trading update prévenant d’une baisse de son bénéfice avant taxes, intérêts et amortissements pour cette année. Le titre a reculé à l’ouverture des marchés européens jusqu’à 9,29%. À la clôture de la Bourse de Bruxelles, il a récupéré une partie de sa perte, mais termine sur une chute de 6,61% à 52 euros.

La publication de son trading update s’est avérée une mauvaise surprise pour les analystes. Chez Degroof Petercam, l’analyste Nathalie Debruyne indique dans une note avoir été surprise par cette alerte de la société. "Lors de la publication des résultats pour l’année fiscale 2016, Van de Velde avait déjà prévenu d’un environnement difficile pour le marché du retail et anticipé que les problèmes rencontrés en 2016 perdureraient en 2017", rappelle l’analyste. Celle-ci a revu à la baisse son objectif de cours à 56 euros d’ici douze mois contre 60 euros précédemment, en maintenant sa recommandation à "conserver". L’analyste Guy Sips de KBC Securities reste par contre calme. Il a confirmé avant l’ouverture des marchés sa recommandation à "conserver" la valeur et maintenu son objectif de cours à 60 euros. "Notre modèle de calcul intègre un chiffre d’affaires stable et une génération de trésorerie plus faible en raison de la hausse des investissements", a-t-il expliqué.

Difficile environnement

En février dernier, Van de Velde avait fait état de la première baisse de ses ventes en 19 ans. Mercredi soir, le fabricant de lingerie féminine s’est fait plus précis car il prévoit une diminution de l’ebitda due à une combinaison d’un chiffre d’affaires stable et une accélération des investissements pour soutenir la future croissance. L’absence de croissance des ventes est imputée à un climat difficile pour le retail et à un effet négatif de la livre sterling. Face à cette situation, Van de Velde a décidé d’accélérer des investissements "qui capteront le potentiel de croissance international de l’entreprise" comme le positionnement des marques et du marketing, le développement de l’e-commerce et de la digitalisation et une chaîne d’approvisionnement avec une plus grande flexibilité et fiabilité de livraisons.

Nathalie Debruyne explique qu’en février, elle avait dû revoir à la baisse les anticipations de bénéfices pour la société. Elle avait alors abaissé sa recommandation à "conserver". "Suite à ce profit warning, nous avons revu à la baisse nos estimations pour le bénéfice avant taxes, intérêts et amortissements en 2017 et 2018 de 5 à 7%. Nos nouvelles estimations situent l’action à un cours/bénéfices de 21,3 fois pour 2017", indique-t-elle.

Double chute

Le 20 février, après la publication de ses résultats pour l’année fiscale 2016, le titre avait déjà plongé de plus de 19% en l’espace de trois jours. L’action s’était ensuite stabilisée jusqu’à ce jeudi. Le titre Van de Velde perd près de 22% depuis le début de l’année, alors qu’en 2016, il avait pris 5,43% et en 2015, 61,15%. Malgré sa chute spectaculaire depuis le mois de janvier, l’action affiche toujours un ratio cours/bénéfices de 20,59 fois pour cette année. Elle n’est donc pas bon marché.

En outre, le 20 février, Van de Velde avait publié un bénéfice par action à 2,52 euros contre 3,07 euros. Les analystes attendent pour cette année un bénéfice par action de 2,68 euros. En 2016, la société avait distribué un dividende pour un montant total de 3,50 euros par action, supérieur au bénéfice par action dégagé. Depuis plusieurs années, le groupe se retrouve dans cette situation où elle distribue plus de dividendes qu’elle ne dégage de bénéfices. Vu ses perspectives plus pessimistes pour cette année, la société pourrait être tentée de revoir son dividende à la baisse. Pour les actionnaires, ce ne serait pas une bonne nouvelle, après la mauvaise surprise des perspectives de bénéfices.

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