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Vers des résultats en trompe-l’œil pour les banques US

JPMorgan lance le début de la saison des résultats en publiant ses chiffres trimestriels ce mardi. ©REUTERS

Les revenus tirés des activités de banque d'investissement n'occulteront pas la pression sur les marges d'intérêt. Les chiffres devront être pris avec prudence.

Les résultats des banques américaines sont attendus en très forte hausse au deuxième trimestre, mais les marges d'intérêt inquiètent. Les plus grandes institutions financières des États-Unis lancent la saison des résultats à Wall Street cette semaine. JP Morgan et Goldman Sachs publieront leurs chiffres trimestriels ce mardi, suivis de Bank of America , Citigroup et Wells Fargo mercredi puis de Morgan Stanley jeudi. D'après les données compilées par l'agence Bloomberg, les bénéfices des banques reprises dans l'indice S&P 500 devraient avoir gonflé de 300% au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2020.

La croissance des crédits devrait accélérer dans les prochains mois, selon Barclays.

Cette forte progression attendue repose sur la bonne tenue estimée des revenus du trading et des activités de banque d'investissement. Même si les premiers devraient s'afficher en baisse, ils devraient rester largement au-dessus de leur niveau d'avant la crise sanitaire. Idem pour les revenus des activités d'investment banking, qui devraient profiter de la vigueur des opérations de fusions et acquisitions et des introductions en bourse.

De plus, les chiffres du deuxième trimestre seront gonflés grâce à la reprise, dans les comptes, d'importantes provisions que les banques US avaient dû réaliser pour couvrir des pertes potentielles sur crédits en raison de l'impact économique de la crise sanitaire.

"Toute petite croissance"

Mais au-delà de ces données financières qui devraient s'avérer flatteuses, les investisseurs s'intéresseront particulièrement à deux paramètres importants: l'évolution des crédits et les marges d'intérêt. En effet, les revenus évoqués ci-avant, notamment dans les activités de marchés, sont considérés comme trop peu récurrents et ne permettent pas aux acteurs des marchés d'anticiper de manière suffisamment fiable les résultats futurs. Au contraire, la croissance des prêts et le niveau de la marge d'intérêt sont des facteurs cruciaux pour les gains ultérieurs.

Concernant les crédits, la banque d'affaires britannique Barclays estime que leur croissance devrait accélérer dans les prochains mois. Aux États-Unis, les crédits à la consommation ont enregistré une hausse de 10% sur un an en mai, a annoncé la Réserve fédérale (Fed) jeudi dernier. Reste à voir si cela aura déjà un effet positif dans les chiffres trimestriels des banques américaines. Le mois dernier, Jamie Dimon, le patron de JPMorgan, avait évoqué seulement "une toute petite croissance des crédits".

Baisse des taux

Mais pour que les activités de prêt rapportent, il faut encore que le marché des taux d'intérêt soit favorable aux banques. Or, la marge d'intérêt des institutions financières, soit le gain réalisé grâce à la différence entre les taux appliqués aux prêts consentis et les taux qui rémunèrent les placements, a été sous pression au deuxième trimestre.

1,30%
Taux US à 10 ans
Le taux d'intérêt américain à dix ans est retombé sous 1,30%, contre 1,74% fin mars. La marge d'intérêt des banques US risque d'avoir souffert.

En effet, durant cette période, les taux d'intérêt ont diminué de manière sensible, les investisseurs ayant été de plus en plus convaincus par le discours des banquiers centraux au sujet du caractère transitoire de la hausse de l'inflation. À titre d'exemple, le taux des obligations gouvernementales des États-Unis arrivant à échéance dans dix ans, qui s'affichait encore à 1,74% fin mars, est tombé à moins de 1,30% la semaine dernière. Le taux américain à trente ans est quant à lui passé de 2,4% à moins de 2% dans ce laps de temps. Les banques US auront donc eu plus de mal à dégager des profits de ces activités au cours des trois derniers mois.

Dans les prochains jours, les investisseurs regarderont au-delà de la forte croissance bénéficiaire attendue.

Le résumé

  • Les grandes banques américaines JP Morgan et Goldman Sachs donnent le coup d'envoi de la saison des résultats du deuxième trimestre ce mardi.
  • Les chiffres affichés devraient être flatteurs, grâce notamment à la reprise de provisions réalisées au début de la crise sanitaire.
  • Mais les investisseurs s'intéresseront surtout à la croissance des crédits et à la marge d'intérêt.
  • Les taux ont baissé depuis la fin mars, ce qui devrait avoir pesé sur les revenus d'intérêts.

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