Vers le grand retour des taux négatifs

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Depuis plus de deux ans, on pensait en être à peu près débarrassé mais les rendements inférieurs à 0% sont sur le point de réapparaître chez les obligations de référence de la zone euro.

Depuis octobre, les taux d’intérêt sont orientés à la baisse, une tendance qui risque de ramener certains rendements emblématiques en territoire négatif, ce qui n’était plus arrivé depuis plus de deux ans.

Ce mercredi, le taux d’intérêt des obligations allemandes à dix ans, principale référence du marché obligataire de la zone euro, évolue autour de 0,09%, alors qu’il avait atteint 0,77% il y a un an. Il est tombé à 0,078% le 8 février dernier, ce qui constitue son plus bas niveau depuis octobre 2016. Ce mois-là, le Bund à dix ans était enfin sorti de la zone des taux d’intérêt négatifs où il s’était enfoncé pendant cinq mois.

Du côté des obligations gouvernementales belges, la tendance est également à la remontée des taux d’intérêt en ce début d’année. Le taux de l’Olo (obligation linéaire) à dix ans  fluctue actuellement à proximité de 0,65%, contre plus de 1% en février 2018. Le taux belge à cinq ans est quant à lui à 0% et devrait, selon toute vraisemblance, basculer en territoire négatif, alors qu’il avait grimpé à plus de 0,30% il y a un an.

Pourquoi cette baisse des taux?

"Je pensais que la fin des achats d’actifs aurait eu un effet plus important sur les taux."
John Taylor
Gestionnaire d’actifs

Les raisons de cette glissade des rendements des obligations de qualité de la zone euro sont évidentes. La croissance économique a ralenti nettement. Les incertitudes liées au commerce international, au Brexit ou encore à la politique budgétaire de l’Italie incitent les investisseurs à revenir vers les valeurs les plus sûres. De surcroît, depuis la fin janvier, la Banque centrale européenne reconnaît des pressions à la baisse sur la croissance économique, ce qui pourrait l’inciter à se montrer plus prudente dans la normalisation future de sa politique monétaire.

"Je pensais que la fin des achats d’actifs aurait eu un effet plus important, mais il apparaît que les données économiques décevantes ont continué à faire pression sur le taux", commente John Taylor, un gestionnaire d’actifs d’AllianceBernstein, cité par Bloomberg.

 

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