Vers une BCE encore plus accommodante?

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) ©REUTERS

La Banque centrale européenne (BCE) envisagerait une refonte de sa politique monétaire en donnant plus de flexibilité à son objectif d'inflation. Une rumeur relayée par Bloomberg qui n'est pas nouvelle mais qui montre la volonté de la BCE de sortir du cadre.

Vers l’infini et au-delà. Selon les informations de l’agence Bloomberg, la Banque centrale européenne (BCE) réfléchit de manière informelle à la question de savoir si son objectif actuel d’inflation (inférieur à, mais proche de 2%) est toujours approprié dans un environnement post-crise financière de 2008. Son président Mario Draghi serait favorable à une approche "symétrique", offrant plus de flexibilité. Cela permettrait à la BCE de tolérer une inflation élevée après une période de faiblesse afin d’assurer la croissance des prix.

Rappelons que l'inflation en zone euro est restée majoritairement sous la barre de 2% durant la présidence de Mario Draghi, dont le mandat de huit ans se termine en octobre prochain.

"Une demi-mesure"

Pour Bernard Keppenne, chef économiste chez CBC Banque, c’est une réflexion "intéressante", qui "ouvre la voie à des taux encore plus faibles". Cela rendrait la BCE encore plus accommodante qu’elle ne l’est déjà. Mais selon lui, si la banque centrale se limite à ce changement, ce ne serait pas suffisant. "Ce serait une demi-mesure. Il faudrait qu'elle définisse d'autres objectifs, comme le fait par exemple la Réserve fédérale américaine". Et de citer la croissance économique ou le marché de l'emploi.

L'économiste estime que cela aurait permis à la BCE de relever légèrement ses taux pour se donner la marge de manoeuvre qui lui manque aujourd'hui. "Mais pour cela, il faudrait alors changer les traités européens qui définissent la mission de la BCE", précise-t-il. "Peut-être que cela sera possible avec l'arrivée de Christine Lagarde", ancienne directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) et fraîchement désignée pour devenir la nouvelle présidente de la banque centrale européenne.

Le marché obligataire a en tout cas bien réagi aux rumeurs, en particulier les obligations des pays dits périphériques comme l’Italie ou la Grèce. 

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