Voici pourquoi les prix pétroliers restent élevés

Exercice militaire iranien dans le détroit d'Ormuz, en février 2015. ©AFP

Le ralentissement de la croissance n'empêche pas la demande de pétrole d'augmenter. Des soucis du côté de l'offre, comme les tensions dans le golfe Persique, soutiennent également les cours du brut.

Les prix pétroliers restent soutenus, malgré le ralentissement de la croissance économique et les craintes liées à la guerre commerciale. Ce mercredi, le cours du baril de Brent  se traite à plus de 70 dollars, alors qu'il se situait à 55 dollars au début de l'année. Le prix du pétrole américain de référence, le WTI (West Texas Intermediate) , est actuellement supérieur à 60 dollars, contre environ 45 dollars début janvier.

Le taux de croissance de la demande de pétrole reste positif et sain malgré le ralentissement de la croissance économique.
Legg Mason
Gestionnaire d'actifs américain

Sur le marché pétrolier, on ne semble pas inquiet de la décélération de l'expansion économique mondiale. "La croissance plus faible de la demande devrait être de courte durée", affirme l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son rapport mensuel sur le pétrole, publié ce mercredi. "Nous pensons que le rythme va se rétablir durant le reste de l'année."

Vers un déficit de production

D'après cette agence de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), il est "hautement probable" qu'après avoir connu une offre excédentaire de pétrole au premier trimestre, le marché revienne à l'équilibre ou même accuse un déficit de production.

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Demande de pétrole record en vue
Selon l'Agence internationale de l'énergie, la demande mondiale de pétrole devrait dépasser pour la première fois 100 millions de barils par jour cette année.

"Le taux de croissance de la demande de pétrole peut être plus lent qu’au cours des années précédentes mais il reste positif et sain malgré le ralentissement observé au niveau de la croissance économique mondiale", constate le gestionnaire d'actifs américain Legg Mason, dans un note publiée ce mercredi. Selon l'AIE, la demande de brut devrait dépasser pour la première fois 100 millions de barils par jour en moyenne cette année.

Tensions dans le golfe Persique

Vue du port de Fujairah. ©AFP

La résistance des prix pétroliers s'explique aussi par des soucis du côté de l'offre. Dimanche, les Emirats arabes unis ont fait état d'"actes de sabotage" contre quatre navires qui transitaient au large du port émirati de Fujairah, dans le détroit d'Ormuz, un point de passage crucial pour les transporteurs maritimes de pétrole extrait dans les pays du golfe Persique. Mardi, l'Arabie saoudite a dénoncé des attaques de drones contre des installations pétrolières proches de Riyad.

L'Arabie saoudite et ses alliés, dont les Emirats arabes unis, soutenus par les Etats-Unis, sont à couteaux tirés avec l'Iran, récemment privé d'exportations pétrolières par Washington. Certains investisseurs redoutent un conflit armé qui pourrait affecter l'acheminement de pétrole.

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