Wall Street signe le plus long rallye de son histoire

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Depuis mars 2009, l’indice S&P500 n’a cessé de progresser. Il a pris 349% depuis cette date et signe son plus long rallye de toute son histoire. L’année prochaine s’annonce plus délicate

La progression des marchés d’actions depuis mars 2009, en particulier des actions américaines, est la plus longue de toute l’histoire. Bank of America/Merrill Lynch a a calculé que l’indice des valeurs américaines S&P500 a progressé durant 128 mois consécutifs depuis cette date, portant à 349% sa hausse. Toutefois, durant l’histoire de l’indice, la période entre 1990 et 2000, caractérisée par la bulle internet, a enregistré une augmentation de 417%. "L’actuelle période de rallye des marchés est la deuxième plus importante de l’histoire", indique Frank Vranken, responsable de la stratégie d’investissement chez Puilaetco Dewaay.

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Un rallye sous perfusion des banques centrales

Le rallye des marchés d’actions américains et européens depuis mars 2009 s’est déroulé durant une période d’intervention sans précédent des banques centrales occidentales après la crise financière. Celles-ci ont déployé des mesures comme des baisses de taux d’intérêt à un niveau proche de zéro et de rachats d’actifs sur les marchés, qui ont soutenu les indices boursiers en Europe et aux Etats-Unis. Toutefois, la Réserve Fédérale américaine a mis un terme à cette politique monétaire ultra-accommodante dès la fin de 2013 en réduisant progressivement son programme de rachats d’actifs et en relevant ses taux d’intérêt à partir de 2016 jusqu’à cette année, où elle a commencé à les diminuer à nouveau. En Europe, la banque centrale européenne a déclenché son programme de rachat d’actifs en 2015 et pratique des taux de dépôt négatifs et des taux d’intérêt à zéro depuis juin 2014.

Les actions offrent toujours un rendement sain pour les investisseurs.
Peter Oppenheimer
Responsable de la stratégie chez Goldman Sachs

Une année très positive

D’ici la fin de l’année, les analystes estiment que les marchés d’actions vont continuer à progresser. "Les gains des marchés d’actions d’ici la fin de l’année pourraient être soutenus par des bonnes nouvelles sur le commerce international et si les attentes de bénéfices des entreprises suggèrent une croissance modeste" indique Andrew Milligan, responsable de la stratégie d’investissement chez Aberdeen Standard Investments. "Après un mois de septembre difficile, les investisseurs songent à un rallye de fin d’année" souligne Frank Vranken. "Beaucoup de cash n’a pas encore été investi et si le marché est haussier, les investisseurs vont se dire qu’ils ne peuvent pas se permettre de rester en cash", ajoute-t-il.

Chez Goldman Sachs, Peter Oppenheimer, responsable de la stratégie en actions, souligne que "les actions offrent toujours un rendement sain pour les investisseurs". "Même avec une faible croissance des bénéfices, le secteur des entreprises dispose d’une trésorerie importante et le rendement de dividende ( et les rachats d’actions ) devrait encore permettre un rendement positif relatif" estime-t-il dans une note.

Les marchés d’actions, en particulier aux Etats-Unis, ont rebondi de plus de 20% depuis le début de l’année, ce qui inquiète certains investisseurs. "Le marché est devenu plus cher. De plus, les anticipations de croissance de bénéfices sont revues à la baisse aux Etats-Unis et sur les autres continents. La croissance des bénéfices aura du mal à s’élever à 10%. On ne va donc pas répéter les 20 % de performance observée depuis le début de l’année" indique Frank Vranken.

2020 plus chahuté

L’année prochaine s’annonce plus chahutée sur les marchés. "L’année est marquée par les élections présidentielles américaines. Les années d’élections sont souvent accompagnées de plus de volatilité sur les marchés" relève Frank Vranken. Mais l’évolution des marchés d’actions ne va pas pour autant pencher en négatif. "Le rallye des marchés se terminera quand l’économie mondiale entrera en récession" souligne Andrew Milligan.

Après un mois de septembre difficile, les investisseurs songent à un rallye de fin d’année.
Frank Vranken
Responsable de la stratégie d'investissement chez Puilaetco Dewaay

Or, ce risque ne semble pas poindre à l’horizon. "Une récession est loin d’être claire. Le Japon et l’Europe sont plus proches d’un risque de récession avec un taux de croissance proche de zéro contre 1,9% pour les Etats-Unis. La croissance économique américaine dépend du consommateur, mais avec un taux de chômage bas, celui-ci est en très bonne forme. De plus, Donald Trump peut abaisser les taxes et lancer des projets d’infrastructure s’il obtient le support de la Chambre des Représentants, majoritairement démocrates" constate Frank Vranken.

"Certains signes annoncent un ralentissement imminent de la croissance, mais l’économie ne va pas pour autant entrer en récession. Les banques centrales des grandes économies y contribuent en maintenant des taux d’intérêt très bas" nuance Martin Arnold, économiste chez Schroders. "Mais les investisseurs peuvent s’interroger sur la sensibilité de leurs placements boursiers au cycle économique"ajoute-t-il. En conséquence, l’année prochaine s’annonce plus compliquée pour les investisseurs.

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