William De Vijlder (BNP Paribas): "Il faut voir quand le pic du coronavirus sera atteint"

William De Vijlder

William De Vijlder, chef économiste de BNP Paribas, estime que l'impact du Covid-19 sur la zone euro sera limité mais note une attitude très étrange des marchés boursiers occidentaux.

William De Vijlder se dit inquiet de l'évolution de l'épidémie du coronavirus. "Il faut voir quand le pic du coronavirus (Covid-19) sera atteint", indique-t-il. "On peut espérer que celui-ci ne sera pas trop lointain, à l'image de ce que l'on a connu avec le virus Sras. Mais l'impact se manifeste en Chine. La référence du Sras est un impact de 2% sur la croissance économique chinoise sur un trimestre. Ici, c'est différent. Car l'épidémie affecte un centre économique important, qui représente une nouvelle donne par rapport à 2003", ajoute-t-il.

Les banques centrales ne peuvent pas dire grand chose actuellement.
William De Vijlder
Chef économiste de BNP Paribas

En l'espace de 17 ans, la Chine a contribué de plus en plus à la croissance du PIB mondial. "Sur les dix dernières années, 25% en moyenne de la croissance économique mondiale a été tirée par la Chine", rappelle l'économiste. "Mais l'impact sera surtout significatif en Asie et en Afrique. En zone euro, l'impact sera limité" de 0,2% en base annualisée, estime-t-il. Toutefois, il indique que cet événement est malvenu, car au quatrième trimestre 2019, la croissance économique de la région ne s'est élevée que de 0,1%.

Wait and see

Dans ce contexte d'incertitude, William De Vijlder souligne que "les banques centrales ne peuvent pas dire grand-chose actuellement". "Il faut voir les données économiques en avril et en mai. Celles-ci vont chuter en février et en mars. Mais si ces données baissent encore, cela voudra dire qu'on a sous-estimé l'impact du virus. Cela guidera les banques centrales si elles ont le sentiment de vents contraires sur l'économie mondiale", relève-t-il. 

L'économiste note une attitude très étrange des marchés boursiers occidentaux. "Les bourses occidentales ont monté alors que les obligations américaines et les matières premières ont évolué de manière complètement différente", indique-t-il. "Les prix des matières premières prennent en compte un choc de demande significatif, et le marché obligataire n'est pas non plus convaincu que la situation va passer car les taux sont toujours plus bas." Il précise que "les marchés d'actions considèrent que le choc ne sera que temporaire" mais il ne se prononce pas sur un éventuel ajustement à la baisse des marchés d'actions. "Tout dépendra de la croissance économique, car nous ne sommes pas dans un environnement de contrainte monétaire", note-t-il. "Au quatrième trimestre 2018, les marchés ont été confrontés à une conjonction d'éléments comme une Fed restrictive, la guerre commerciale et l'incertitude économique. Cela a provoqué une correction."

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