Yves Mersch, le faucon luxembourgeois

Yves Mersch (BCE) ©EPA-EFE

Yves Mersch, directeur de la BCE, serait-il devenu un peu moins "faucon"?

Le Luxembourgeois Yves Mersch, 71 ans, quittera le directoire de la Banque centrale européenne (BCE) le 14 décembre prochain. Il y sera remplacé par le Néerlandais Frank Elderson. C’est un bail de huit ans qui s’achève pour ce maître en droit de l’Université Paris 1 Panthéon‑Sorbonne et ancien gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg.

Mersch a toujours été classé parmi les "faucons" de la BCE, ceux qui favorisent une ligne monétaire plus dure et une orthodoxie budgétaire dans le sillage de l’Allemagne. Certains ECB watchers, ces analystes qui scrutent toutes les déclarations en provenance de Francfort, se sont donc étonnés que dans de récentes déclarations, Mersch ait encouragé les gouvernements à dépenser davantage dans le cadre de la crise.

"Les mesures de crise doivent être temporaires et ciblées."
Yves Mersch
Membre du directoire de la BCE

Mais les temps ont changé depuis cette crise du Covid. Voici une dizaine de jours, la présidente de la BCE Christine Lagarde a laissé clairement entendre qu'elle se préparait à annoncer de nouvelles mesures de soutien en décembre. Mais dans le même temps, les responsables de la BCE ne cessent d'appeler les gouvernements à faire toute leur part du travail de relance en expliquant que "la politique monétaire ne peut pas tout".  C’est la position adoptée par Mersch.

Lors d’un discours tenu cette semaine, le Luxembourgeois a également insisté: les mesures de crise de la BCE doivent être "temporaires et ciblées". Elles ne sont justifiées qu’à la lumière des circonstances exceptionnelles actuelles. Pas question donc de faire n’importe quoi. Quant à une révision éventuelle de l'objectif d'inflation de la BCE, Mersch avait exprimé récemment ses doutes sur une telle mesure. Faucon un jour, faucon toujours?

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