C’est parti pour le Rallye Boursier

L'année passée, le Belgo-Néerlandais Kees Swaans était arrivé en tête des 20.000 participants du Rallye Boursier. ©Wouter Van Vooren

Nos quatre candidats vedettes se sont préparés pour le concours qui démarre ce lundi et durera jusqu’au 22 janvier. Ils ont fait le point sur leurs perspectives pour les marchés, leur stratégie, les secteurs, et leurs actions chouchous.

Ce lundi démarrera la nouvelle édition du Rallye Boursier 2020-2021, organisé par l’Echo et le Tijd. Entre le 16 novembre et le 22 janvier, les particuliers inscrits à ce concours auront la tâche d’investir un capital fictif de 52.000 euros parmi un univers de 341 actions cotées sur les marchés de Bruxelles, Paris, Amsterdam et les bourses américaines NYSE et Nasdaq, ainsi que 64 fonds.

Après dix semaines, le gagnant du concours se verra attribuer la récompense de 10.000 euros, à travers un compte d’investisseur ouvert chez MeDirect. Un prix étudiant est aussi prévu (2.500 euros), ainsi qu'un prix spécial MeDirect (5.000 euros).

Un contexte particulier

"La fin de l’année se marque régulièrement par un rallye sur les marchés d’actions. Cela fait plusieurs années que les bourses grimpent durant cette période."
Kevin Jacobs
Coach de l'édition 2020-2021 du Rallye Boursier

Cette année, le concours boursier arrive dans un contexte particulier. "La fin de l’année se marque régulièrement par un rallye sur les marchés d’actions. Cela fait plusieurs années que les bourses grimpent durant cette période", indique Kevin Jacobs, coach de l’édition 2020-2021 du Rallye Boursier. "Plusieurs catalyseurs peuvent aussi porter la hausse des marchés d’actions, comme un vaccin contre le Covid-19 et la situation politique aux États-Unis", ajoute-t-il.

Mais il reconnaît aussi que "plein de volatilité peut naître dû à une déception sur le vaccin ou des problèmes politiques aux États-Unis et en Europe, avec les négociations sur le Brexit. L’incertitude autour du Covid-19 peut peser sur les bourses si les pays ne sortent pas de leur période de confinement". Toutefois, globalement, le coach estime que les dix semaines de concours s’accompagneront "d’une période positive sur les bourses".

"À court terme, je vise les actions qui ont beaucoup chuté suite à l’annonce du vaccin."
Florian Christiaens
Président du Solvay Finance Club

Durant la période de la compétition, L’Echo suivra le parcours de quatre candidats vedettes au profil très varié: Florian Christiaens, président du Solvay Finance Club, Xavier Damman, entrepreneur et co-fondateur du projet Open Collective, Fabrizio Colucci, infographiste à l’Echo, et Florence Blaimont, CEO du réseau d’entrepreneuses Wowo Community. Nous analyserons leur portefeuille chaque semaine, et le coach Kevin Jacobs donnera son avis sur la performance de chacun.

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Une forte volatilité attendue

Florian  Christiaens s’attend à une forte volatilité sur les marchés d’actions durant le concours. "Je trouve qu’il y a des opportunités à long terme sur les marchés et à court terme, mais plus à moyen terme", souligne-t-il. "Même si on a trouvé un vaccin contre le Covid-19, la montée en flèche des actions récemment ne va pas tenir. Les investisseurs ne se rendent pas compte que tout le monde ne va pas être vacciné et que tout va repartir comme avant la période de la pandémie. Tout dépendra des dates de livraison du vaccin. Alors les marchés d’actions vont se montrer volatils", prédit-il.

"L’économie va ralentir, sous l’effet de nombreuses faillites. Les sociétés vont moins investir, mais elles vont toutefois investir davantage dans le digital."
Xavier Damman
Entrepreneur

Xavier Damman se dit, lui, pessimiste. "L’économie va subir un coup dur avec les périodes successives de confinement. Même si on trouve un vaccin contre le Covid-19, il faudra assumer une demande pour 350 millions d’Américains et 450 millions d’Européens, autrement dit durant ces trois prochains mois, il va y avoir quelques challenges", indique-t-il. " L’économie va ralentir, sous l’effet de nombreuses faillites. Les sociétés vont moins investir, mais elles vont toutefois investir davantage dans le digital."

Xavier Damman: "Il faut investir dans le futur"

Cap sur la technologie et les soins de santé

Face à la volatilité sur les marchés, Florian Christiaens indique vouloir placer la moitié de son capital fictif dans des fonds/ETF "continus et stables". "L’autre moitié du portefeuille sera investie dans des actions américaines, car je trouve le marché américain beaucoup plus stimulant que les marchés européens. À long terme, j’ai un espoir sur Amazon et Apple car le vaccin contre le Covid-19 ne va pas arriver avant un an pour que tout le monde soit vacciné. À court terme, je vise les actions qui ont beaucoup chuté suite à l’annonce du vaccin. Car elles ont trop chuté mais les investisseurs doivent se rendre compte que ces titres ont encore de l’avenir car les habitudes des gens ont changé", ajoute-t-il.

Florian Christiaens: "Gagner en expérience pour mieux gérer mon portefeuille"

Xavier Damman souligne qu’il investit "dans le digital car fondamentalement, la crise n’a fait qu’accélérer les tendances, avec un monde d’avant déjà hyperconnecté." Il misera notamment sur Adyen.  Il compte investir dans dix sociétés différentes "au maximum".

"Je compte me connecter plus tôt car j’ai constaté que ceux qui investissent avant l’ouverture des bourses arrivent à dégager une belle plus-value."
Fabrizio Colucci
Infographiste à L'Echo

"Il est d’une évidence absolue qu’il ne faut pas investir dans les énergies fossiles ni le pétrole. On sait que cela n’a pas de sens. Des sociétés comme Beyond Meat surfent sur la vague de la consommation moindre de viande. Et comme plus de gens vont vouloir travailler au moins un jour à domicile après les périodes de confinement, les outils de travail à distance offrent plus de futur que l’immobilier de bureau", ajoute-t-il.

Florence Blaimont misera, elle, sur les biotechs et les valeurs pharmaceutiques, dont Pfizer. "Je miserai aussi sur le digital, puisque tout le monde est confiné", ajoute-t-elle.

Florence Blaimont "Je voudrais qu'il y ait plus de femmes qui participent"

Fabrizio Colucci souligne qu’il va probablement investir dans des sociétés de grande distribution comme Ahold Delhaize. "Les sociétés de grande distribution vont y gagner tant que le vaccin ne va pas être distribué à tout le monde. Les gens doivent continuer à s’alimenter", estime-t-il.

"Je vais aussi miser sur des valeurs biotechnologiques et puis des valeurs comme Amazon car le concours commence quand le Black Friday est survenu, et généralement, le titre a alors tendance à monter de 10% jusqu’au mois de janvier. Avec le confinement, c’est une valeur à détenir. Je suis confiant qu’elle va reprendre de la valeur", ajoute-t-il.

Fabrizio Colucci: "Je vais être un investisseur plus actif"

"Il faut mener une gestion très active, car la période d’investissement est très courte."
Kevin Jacobs
Coach de l'édition 2020-2021 du Rallye Boursier

Il compte s’appuyer sur son expérience des précédentes éditions du Rallye Boursier. "Mon but, c’est de faire mieux que ma performance lors du Rallye Boursier 2019. Et je compte me connecter plus tôt car j’ai constaté que ceux qui investissent avant l’ouverture des Bourses arrivent à dégager une belle plus-value", affirme-t-il.

Une gestion active

Le coach du concours, Kevin Jacobs, souligne que sur les dix semaines que durera la compétition, " il faut chercher les actions pour lesquelles des nouvelles sont attendues, comme les résultats trimestriels, mais aussi les titres qui ont fortement chuté et n’ont pas bénéficié du rebond des derniers jours, et choisir des actions plutôt que des fonds."

"Il faut mener une gestion très active, car la période d’investissement est très courte. Il est difficile de faire du Buy and Hold si on veut dégager une bonne performance de son portefeuille. Il faut oser prendre du risque. Ce n’est pas la même chose que si le concours durait dix ans", ajoute-t-il.

"Un jour je peux m’abstenir de faire une transaction, un jour je peux en passer cinq ou six, si je vois qu’une action de société a fort baissé."
Fabrizio Colucci
Infographiste à l'Echo

Florian Christiaens admet qu’une partie de son portefeuille fictif sera "dédiée au trading à très court terme".  "Le trading à très court terme, c’est ce qui va donner du piment au portefeuille", s'enthousiaste-t-il.

"Cela dépendra de ma sensation. Un jour je peux m’abstenir de faire une transaction, un jour je peux en passer cinq ou six, si je vois qu’une action de société a fort baissé. C’est très risqué, mais comme le concours se déroule sur du court terme, il faut prendre du risque", indique, pour sa part, Fabrizio Colucci.

"L’année passée j’avais misé sur les biotechs, et dès que j’avais dégagé une plus-value de 10 à 15%, je vendais mes titres. Et je pouvais revenir dessus si le titre avait trop corrigé", ajoute-t-il. Il précise qu’il compte placer 80% de son portefeuille en actions américaines et européennes, et les 20% en fonds.

Se fier à ce que l'on connaît

Xavier Damman ne compte pas toucher à son portefeuille durant les dix semaines de concours. "En tant qu’entrepreneur, je ne peux pas changer mon portefeuille régulièrement. Ce n’est pas très durable", indique-t-il. "Mon domaine, c’est le digital, je vais rester là-dedans. Je vois que les sociétés pharmaceutiques ont bien réagi après l’annonce de Pfizer. Mais je ne veux pas avoir ce sentiment de passer à côté de quelque chose. Il est dangereux de s’aventurer dans un domaine que l’on ne connaît pas", ajoute-t-il.

"Il faut toujours acheter ce qu’on connaît."
Florence Blaimont
CEO du réseau d'entrepreneuses WoWo Community

"Dans la Silicon Valley, les partners n’investissent pas dans plus de cinq sociétés, c’est une limite, sinon on suit le group thinking et on court au désastre." Il regrette d’ailleurs que le règlement du concours ne lui permette pas de miser ses 52.000 euros sur une seule valeur. "Parce que je considère qu’un portefeuille global doit comporter une partie en bourse, une partie dans une société, une partie dans des cryptomonnaies. Moins en bourse, et plus dans le local", indique-t-il.

Florence Blaimont reconnaît, elle aussi, "qu’il faut toujours acheter ce qu’on connaît". "Je me renseigne, je lis l’actualité", ajoute-t-elle. "Ma stratégie d’investissement s’étale à long terme mais comme c’est un concours, je vais faire beaucoup de transactions, même si le trading, ce n’est pas ma force."

Elle admet qu’elle va se faire entourer de deux personnes qui "vont jouer de leur côté". "Je trouve que les femmes ne demandent pas assez d’aide. Moi, je demande", affirme-t-elle. "Je ne suis pas une experte en bourse. Mon rôle est d’apprendre pour le fun, et j’espère surtout qu’il y aura plus de femmes qui vont tenter le concours", ajoute-t-elle.

Rappelons aussi que les participants du concours disposent de la possibilité d’augmenter leur rendement de maximum 4.800 euros s’ils répondent correctement aux 48 questions posées durant les dix prochaines semaines.

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