"Les technos ont sauvé le bilan de mon portefeuille"

Marc Collet, participant vedette du Rallye Boursier. ©Dieter Telemans

À une semaine de la fin du Rallye Boursier, Marc Collet fait le bilan sur la performance de son portefeuille, qui a gagné un peu moins de 8% depuis le début du concours. Selon lui, c'est "satisfaisant, mais pas suffisant."

Le participant vedette Marc Collet, qui avait misé essentiellement sur les valeurs technologiques, cycliques et quelques biotechs, revient sur les choix qu’il a opérés durant le concours boursier: "Au total, j’ai fait une vingtaine de transactions sur les neuf dernières semaines", chiffre le journaliste spécialisé en marchés financiers. Et si certaines de ses stratégies se sont avérées payantes, d’autres ont plutôt plombé la performance de son portefeuille. C’est le cas de ses opérations sur bpost et Renault . 

J’avais décidé de sélectionner des valeurs technologiques et cela m’a heureusement porté chance.
Marc Collet
participant vedette du Rallye Boursier

"Bpost est ma plus grosse perte (-12%). J’ai pourtant bénéficié des dividendes fin décembre, mais j’ai ensuite manqué de réactivité. J’espérais secrètement que cette valeur remonte un peu, ce qui n’a pas été le cas. Il est parfois plus difficile de vendre que d’acheter des actions", regrette l’investisseur.

Et ce n’est pas Renault qui lui aura permis de compenser ses pertes: "Renault n’a fait que marche arrière. Mais une nouvelle se fait attendre chez le constructeur automobile français, celle de la nomination d’un nouveau patron. Si elle intervient avant la fin du concours, cela risque de donner un coup de boost à l’action", espère-t-il.

Les techs à la rescousse

Nos quatres participants vedettes cette année. De gauche à droite: Fanny Jandrain, Marc Collet, Mikael Petitjean et Nathanaël Dumortier. ©Dieter Telemans

"J’avais décidé de sélectionner des valeurs technologiques et cela m’a heureusement porté chance. Je dois l’essentiel de mes gains à ce secteur dans mon portefeuille. À Nvidia , que j’ai déjà vendu depuis lors avec un beau profit, à Microsoft , que j’ai encore, et, dans une moindre mesure, à Amazon ", détaille Marc Collet, qui estime que "les technos ont sauvé le bilan" de son portefeuille. 

L’investisseur s’apprête toutefois à vendre Microsoft. Il estime, en effet, qu’on devrait s’attendre à des prises de bénéfices sur les marchés boursiers dans les prochaines semaines. "Si je prends le cas de Wall Street, les valeurs du S&P 500 s’échangent en moyenne à 21 fois les bénéfices, ce qui est énorme. Vu ce ratio, on ne peut pas s’attendre à une hausse des marchés comme on en a connu l’an passé."

Le journaliste avait également misé sur certaines biotechs, comme Galapagos  dont les actions ont contribué favorablement à la performance de son portefeuille. "Après les avoir vendues, je me suis tourné vers UCB , pour réduire le risque biotech, ce qui m’a porté chance. J’ai aussi acheté Celyad la semaine dernière, mais je l’ai revendue le lendemain avec pertes. C’est une vente de panique, ce qui n’était pas une bonne idée puisque l’action a remonté depuis lors", regrette Marc Collet.

Échec des valeurs cycliques

 

Il constate aussi l’échec des valeurs cycliques qu'il a eu, de son propre aveu, "le malheur de conserver" au sein de son portefeuille, dont Renault, BNP Paribas et Aperam . "Le marché est très peu cyclique ces derniers jours, les investisseurs s’intéressent très peu à ces valeurs, ce qui pèse sur la performance de mon portefeuille. Il me reste quelques jours pour espérer un regain d’intérêt pour les cycliques."

J’ai trop peu investi.
Marc Collet

Il s’est pourtant positionné sur Solvay ce mercredi, la valeur ayant baissé. "J’ai voulu refaire le coup du dividende, comme pour bpost. Mal m’en a pris, puisque j’ai les dividendes, mais ils ne parviennent pas à compenser la baisse du cours de l’action", explique l’investisseur.

Surfer sur la tendance haussière

S’il est satisfait de sa performance actuelle, tournant autour de 8%, il estime qu’elle "n’est pas suffisante". "Je constate avoir été fortement rétrogradé dans le classement général. J’ai trop peu investi", regrette notre participant vedette. 

Il n’a pas dit son dernier mot pour autant. "Pour ces derniers jours, je vais profiter de la tendance haussière de certaines actions depuis le début 2020, comme quelques valeurs technologiques dont Atos ."

L’avis du coach - Youry Huygen (L’Investisseur)

Contrairement à notre novice Fanny Jandrain, je n’ai pas à convaincre mon "collègue-vedette" Marc Collet de l’intérêt qu’il faut porter aux actions dans la gestion d’un patrimoine. Malgré les beaux gains enregistrés en 2019, il s’agit encore toujours d’une classe d’actifs qui peut faire la différence en cette période de taux faibles. Le phénomène "TINA" (There Is No Alternative aux actions) est encore bien d’actualité.

Au niveau des marchés américains, il est certes vrai que nous avons profité, depuis le début de ce concours en novembre, du rallye de la Saint-Nicolas, du rallye de Noël… mais également du rallye de janvier.

À Wall Street, les principaux indices (S&P 500, Dow Jones, Nasdaq) auront grimpé quasi en ligne droite depuis le 18 novembre. Le fait qu’Alphabet, la maison mère de Google, ait également franchi la barre symbolique des 1.000 milliards de dollars il y a quelques jours (pour rejoindre les autres mastodontes Microsoft et Apple), est de nature à attirer de nouveaux capitaux vers les marchés américains.

En Europe, l’évolution aura été un rien plus erratique, mais au final, nous avons également eu droit à des indices européens orientés à la hausse. Contrairement au concours précédent, où décembre 2018 s’était avéré particulièrement difficile, il fallait cette année être pleinement investi dès le départ du concours, certes en évitant les déceptions.

Bpost pourrait vraisemblablement reprendre le chemin de la hausse, mais, pour cela, il faudra attendre que le nouveau patron du groupe postal dévoile sa stratégie, ce qui sera un peu tard pour ce concours. Quant à la saga autour de Carlos Ghosn, et les rumeurs d’il y a quelques jours concernant la possible fin de l’alliance entre Renault et Nissan, cela n’était bien entendu pas de nature à tirer le cours de la marque au losange vers le haut. Il est encore temps de couper ses pertes.

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