Rallye Boursier, top départ!

L'an dernier, c'est l’étudiant Jordy Gladines qui a remporté le premier prix dans les trois classements. ©Dieter Telemans

Nos quatre participants vedettes se sont préparés au lancement du Rallye Boursier. Ces investisseurs, au profil débutant ou aguerri, dévoilent leur stratégie, leur mode de gestion du portefeuille et leurs actions chouchous.

Investisseurs, tenez-vous prêts. C’est ce lundi que le concours boursier édition 2019-2020 organisé par L’Echo et De Tijd débute. Durant 10 semaines, du 18 novembre au 24 janvier, les participants auront à leur disposition un portefeuille fictif de 52.000 euros, qu’ils pourront investir dans 340 actions cotées à New York, Paris, Amsterdam, Bruxelles, etc. et 61 fonds. L’idée: familiariser les participants, qu’ils soient débutants ou non, avec les marchés financiers, à travers des placements en ligne. Tout ça sans prendre le moindre risque. Avec un prix – réel – à la clé: le gagnant du concours remportera la somme de 10.000 euros.

Mais pour gagner, les participants devront rester attentifs à l’actualité économique et politique, sachant oh combien Donald Trump et ses tweets font bouger les marchés ces derniers mois. "Pensez à consulter de temps en temps le calendrier sur www.lecho.be/agenda. Des résultats (trimestriels) et d’importants chiffres macroéconomiques peuvent avoir un impact positif ou négatif sur certaines de vos valeurs", conseille notre coach Youry Huygen.

Fanny Jandrain ©Dieter Telemans

Nouveauté cette année, les investisseurs peuvent créer des équipes dans le jeu afin de comparer leurs performances dans un classement. L’Echo a d’ailleurs déjà érigé la sienne. Durant toute la compétition, L’Echo suivra quatre participants vedettes, aux profils d’investisseur variés: Mikael Petitjean, professeur de finance à l’UCLouvain et l’Ieseg en France; Marc Collet, journaliste spécialisé en marchés financiers à L’Echo; Nathanaël Dumortier (nom d’emprunt), fondateur du site spécialisé en marchés transactionbourse.com; et Fanny Jandrain, journaliste à la RTBF ("On n’est pas des pigeons"), qui sera notre investisseur débutant. Ils seront tous coachés et la performance de leur portefeuille virtuel sera analysée chaque semaine durant le concours.

Nos quatre investisseurs se sont préparés pour l’occasion. À chacun sa stratégie. Nathanaël Dumortier, qui est un passionné des marchés et investit en bourse depuis 2006, va se "tourner essentiellement vers des actions défensives et de l’or. Mais je prendrai sans doute aussi quelques actions de croissance et des biotechs, si je veux de meilleurs résultats". Vu la durée du concours, qui s’apparente plutôt à un sprint, "je prendrai uniquement des actions et pas des fonds, car les actions offrent beaucoup plus de rendement". Une stratégie que partage également Marc Collet: "Les fonds, sur du court terme, ce ne sera pas très performant." Le journaliste investit en bourse depuis plus de 40 ans et évite en temps normal "les excès. Je joue la prudence". "Pour moi, investir en bourse c’est investir pour du long terme". Mais sur deux mois de concours, il n’appliquera pas la même stratégie. "Je me dis que dans ce Rallye Boursier, il y a plus de chance que de connaissance qui joue." Marc Collet va donc privilégier les secteurs qui bougent le plus, "à savoir une fois ce sont les valeurs cycliques, une fois ce sont les valeurs défensives. Tout dépend des tweets de Trump. Quand il en balance un qui fait peur aux marchés, les cycliques chutent. Ce sera peut-être l’occasion de s’y placer".

"Il faut avoir un minimum de connaissances théoriques pour que la pratique de l’investissement soit sensée."
Mikaël Petitjean
Professeur de finance à l’UCLOuvain

Mikael Petitjean, au contraire, va adopter une stratégie tout à fait différente. "Etant donné l’horizon d’investissement très court, ce ‘rallye’ est fondamentalement un jeu. Or, la bourse n’est pas un jeu", rappelle le professeur de finance, qui estime que théorie et pratique sont complémentaires: "Je pense qu’il faut avoir un minimum de connaissances théoriques pour que la pratique de l’investissement soit sensée." Il va suivre la même stratégie qu’il adopte dans la vie réelle. "Je vais m’éloigner le plus possible du risque spécifique et composer un portefeuille le plus diversifié possible avec une stratégie de cœur satellite: avoir le cœur du portefeuille qui est investi dans des produits diversifiés comme des fonds en actions et avoir 20% de l’entièreté du portefeuille qui est investi dans des actions spécifiques", détaille-t-il.

Fanny Jandrain, qui n’a, elle, jamais investi en bourse, voit le Rallye Boursier comme un challenge. Elle a donc décidé de se renseigner et de prendre des conseils adéquats pour tenter de relever le défi. "En me renseignant auprès de personnes averties, je me suis rendu compte que j’étais intéressée par les actions liées au monde médical: les sociétés pharmaceutiques, les biotechs…"

Difficile de se fixer un objectif toutefois. "Il est très complexe, pour ne pas dire impossible, de prévoir un rendement sur un horizon aussi court. Surtout si Donald Trump continue de tweeter", estime le fondateur de transactionbourse.com, qui espère faire mieux que lors des précédentes éditions du Rallye Boursier. "J’ai fini dans les 40 premiers l’année dernière, je vais tenter de faire mieux, mais il m’est impossible de donner un objectif chiffré." "Si je peux faire du 5%de rendement, du 10%ou du 20%, pourquoi pas, mais difficile à dire combien je ferai. Tout dépendra du marché, de Trump, de ses tweets, de la guerre commerciale. J’espère juste battre le meilleur (rires)", explique Marc Collet. Notre professeur de finance à l’UCLouvain espère ne pas être en dessous de 0%, car dans un portefeuille aussi diversifié que celui qu’il entend établir, "il faut laisser le temps. Sur un horizon de 10 ans, le rendement serait de 6%". Or le jeu ne dure pas 10 ans mais 10 semaines. "Sur ce laps de temps c’est surtout un ticket de Lotto qu’il faut acheter, soit une seule action très volatile dans un secteur à la mode, ce que je ne ferai pas. Je ne veux pas promouvoir ce genre de stratégie, c’est à l’encontre de ce que je défends comme politique d’investissement et de ce que j’enseigne aux étudiants", justifie-t-il.

Marc Collet ©Dieter Telemans

Fanny Jandrain veut de son côté faire le maximum pour surtout "ne pas tout perdre".

Pour améliorer son rendement, notre coach rappelle de "ne pas oublier de répondre aux questions quotidiennes. Elles vous permettront d’améliorer votre rendement final." Il sera en effet possible de répondre à des questions tous les jours sur la plateforme; en cas de bonne réponse, c’est 100 euros qui seront ajoutés à votre portefeuille. Si vous répondez correctement à toutes les questions durant tout le concours, ce sont 4.700 euros supplémentaires qui viendront grossir votre cagnotte… ce qui peut faire la différence.

Construire son portefeuille

Pour certains, la construction de leur portefeuille dépendra de l’état des marchés le jour J. "Si les marchés sont en très mauvais état, j’investirai une grosse partie dans l’or au début, soit environ 20.000 euros. Si le marché est en forme, je prendrai beaucoup moins d’or et plutôt des actions de croissance. Je garderai entre 10% et 20% de liquidités, pour me tenir prêt à acheter une action intéressante qui a fortement chuté", détaille Nathanaël Dumortier. "Ensuite, j’achèterai petit à petit les actions défensives ou de croissance, selon les nouvelles financières."

Mikael Petitjean ©Dieter Telemans

Marc Collet envisage d’investir dans quelques valeurs défensives pour leur dividende. "Certaines sociétés détacheront une bonne partie de leur dividende au cours du mois de décembre. Dans bien des cas, ces valeurs sont recherchées les semaines précédant ce détachement", explique Youry Huygen. Mais le journaliste de L’Echo prendra aussi le pouls des marchés avant d’élaborer son portefeuille. "Par exemple, si le Dow Jones, qui varie entre 25.000 et 27.000 points, est plus près des 27.000, peut-être que j’attendrai qu’il baisse. S’il est à 25.000, je me lancerai dans des achats. Je commencerai par conserver 50% de mon portefeuille en cash. Je prendrai des décisions au jour le jour, selon la santé des marchés. Si je sens que ça va mal tourner, je garderai plus de cash."

Toute autre stratégie pour Mikael Petitjean. "Par défaut, je vais m’orienter vers des fonds qui se rapprochent le plus des trackers, car ce sont des produits diversifiés. Des fonds qui sont gérés le plus passivement possible, le moins dynamiquement possible. Je vais viser un rapport rendement/risque attractif." Le professeur de finance va aussi privilégier les fonds qui ont une bonne performance en matière environnementale, sociale et de gouvernance, trois facteurs qui, pour lui, sont essentiels à la performance financière d’une société. Il compte bien investir 100% de son portefeuille dès le début: "Et en fonction de ce que j’épargne, je ferai gonfler mon portefeuille, j’ajouterai de l’argent dans des lignes qui existent déjà. Je n’aurai pas un portefeuille avec 10.000 lignes, il contiendra 10 lignes, pas plus." Il prévient: "Je ne le gérerai pas au quotidien. Je ne vais pas chaque semaine faire des transactions et je n’en ferai peut-être pas du tout, au risque de décevoir certains. Du moment où vous identifiez des fonds que vous jugez pertinents, ce n’est pas en l’espace de cinq semaines que vous allez changer d’avis, et si vous changez d’avis, c’est que vous avez mal fait votre travail."

Cap sur les biotechs

Les secteurs privilégiés varient d’un participant à l’autre. "Les biotechs sont un secteur que j’évite dans la vie de tous les jours, mais je pourrais en placer dans le concours, car justement ces valeurs sont très volatiles, et donc ce serait un coup de chance: je réussis ou pas. Je prendrai Galapagos et argenx, car ce sont les deux plus courues. Elles sont dans le Bel 20, intéressent les investisseurs internationaux et sont donc censées bouger beaucoup plus que les autres", explique Marc Collet, qui vise d’abord les valeurs cycliques: "Je vois Aperam, ArcelorMittal, les automobiles…"

Nathanaël Dumortier achètera essentiellement, selon le prix du métal jaune au début du concours, des valeurs aurifères et des actions défensives comme Unilever, Total, Jensen Group, Enbridge, etc. "Elles sont très stables, ce qui est bien si les nouvelles sont mauvaises." Le fondateur de transactionbourse.com prendra aussi quelques actions de croissance en portefeuille comme Alibaba, Tencent ou JD.com, "surtout si elles ont baissé à cause de la guerre commerciale". "Les années précédentes, on a constaté que les biotechs, grâce à leur potentiel de hausse important, sont primordiales pour gagner le concours. Il faudra voir si cela se vérifie encore cette année. Mais je me tournerai sans doute vers MDxHealth et Biocartis, en fonction de leurs résultats trimestriels." Nathanaël Dumortier a aussi dans son viseur certaines actions très spéculatives comme les "cannabis". "Selon la disponibilité, j’achèterai sans doute des actions comme Aphria et Charlotte’s Web Holding. C’est un secteur qui a été fortement matraqué en 2019, il a perdu énormément, mais malgré tout un potentiel existe et il peut repartir à la hausse. Aphria par exemple a pris 25% en octobre sur une séance."

"Ma formule: acheter quand les bourses baissent, vendre quand les bourses montent."
marc Collet
Journaliste à L’echo

Prudence toutefois, avise notre coach: "Évitez de trop diversifier votre portefeuille. Car même si un petit poste devait doubler en valeur au sein de votre portefeuille, cela n’aurait que très peu d’incidence sur votre rendement."

Fanny Jandrain veut justement jouer la prudence et ne pas investir tout son portefeuille directement. Pas question non plus de cibler une société ou l’autre en particulier; pour cela il faudrait pouvoir mieux connaître les marchés, estime notre participante vedette, qui se rendra environ deux fois par semaine sur la plateforme pour contrôler son portefeuille.

Quid en cas de catastrophe sur les marchés?

"Je pense que je ne bougerai pas et c’est pour ça que je garderai du cash, pour acheter et profiter de cette chute. Ma formule: acheter quand les bourses baissent, vendre quand les bourses montent", détaille Marc Collet. Stratégie partagée par notre investisseur anonyme. "Je suis généralement assez stoïque quant à la chute d’un titre, surtout si c’est le fait de la conjoncture économique et pas des qualités intrinsèques de celui-ci. Généralement, si les qualités de la société ne sont pas remises en cause et qu’il n’y a pas de nouvelles catastrophique, je reprends des titres." Les deux spécialistes des marchés comptent surveiller chaque jour l’évolution de leur portefeuille, bien que Nathanaël Dumortier va éviter d’effectuer quotidiennement des opérations, mais plutôt de façon hebdomadaire, pour ne pas plomber son rendement par des frais de transaction et la taxe boursière. "J’investirai sans doute le maximum, c’est-à-dire 5.000 euros dans chaque ligne d’actions, pour ne pas perdre de rendement à cause des frais de courtage élevés. Même si c’est plus risqué. Mais si j’ai un gros bénéfice, je n’hésiterai pas à le prendre." Les frais de transaction s’élèvent en effet à 7,50 euros pour les actions, auxquels il faut encore ajouter la taxe boursière de 0,32%. Pour les fonds, pas de frais mais une taxe de 1,32%.

Nathanaël Dumortier, notre participant anonyme. ©Dieter Telemans

En cas de catastrophe, "je ne vais pas foncer tête baissée, il faut prendre du recul. Si je perds, j’ai peur de paniquer et de faire des erreurs, de prendre de mauvaises décisions. Il ne faut pas avoir envie de tout contrôler mais plutôt bien analyser", explique Fanny Jandrain. Elle ne baissera pas les bras si la situation déraille: "Je suis du genre positive, donc même en étant battue 11-0 à la 89e minute, j’irai jusqu’au bout."

L’action chouchou

Atos fait partie des actions favorites du journaliste de L’Echo, en raison de son retard, qu’elle pourrait récupérer. Il cite aussi Econocom à Bruxelles, qui a fortement chuté ces derniers mois. "Je pense que la baisse s’est arrêtée. Et quand je vois les communiqués de la société, je ne vois pas ce qui pourrait inquiéter les actionnaires." UCB est également dans son viseur. "Je soupçonne la société de bientôt procéder à une augmentation de capital suite au rachat d’une biotech, qui se fera à des cours plus élevés qu’aujourd’hui", conclut-il.

Rallye Boursier

L’Echo lance une nouvelle édition de son concours, le Rallye Boursier. Venez y participer entre le 18 novembre et le 24 janvier et tentez de remporter un des nombreux prix. Inscrivez-vous sur www.rallyeboursier.be.

Le fondateur de transactionbourse.com vise un mineur d’or à haut potentiel et bien géré, comme McEwen Mining. "Et si l’action n’est pas disponible, Sandstorm Gold ou Osisko Gold." Aussi, les actions cannabis avec un fort potentiel, "quelque chose qui peut exploser à la hausse: Aphria, Charlotte’s Web Holding".

En revanche, pas d’action chouchou pour Mikael Petitjean. "Lorsqu’on parle d’action favorite, on laisse trop souvent parler le cœur avant la raison. C’est très révélateur des biais comportementaux qui nous affectent. La bourse n’est pas une affaire de cœur", rappelle-t-il. "Avant d’acheter des actions individuelles, il faut absolument évaluer la société sur base des multiples de marché et des cash flow libres. Cela demande plusieurs jours de travail."

Fanny Jandrain veut aussi se séparer de l’émotionnel. "Je vais être perdante sinon. Je vais plutôt essayer de me mettre dans la peau d’un vrai investisseur détaché."

Et vous, êtes-vous prêts à vous mettre dans la peau d’un vrai investisseur?

+500 euros

Le Rallye s’invite  à Finance Avenue

Si vous vous rendez ce samedi 16/11 à Finance Avenue, ne manquez pas de passer par notre stand "Rallye Boursier" sur l’emplacement Mediafin. Votre passage vous permettra d’ajouter 500 euros à votre portefeuille virtuel, qui pourront peut-être faire la différence pour tenter de remporter les 10.000 euros destinés au grand gagnant du concours boursier organisé par L’Echo et De Tijd

Vous pourrez également vous inscrire sur place ou bien dès maintenant sur le site rallye.boursier.be.

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