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Remue-ménage historique pour l'arrivée de Tesla sur le S&P 500

©AFP

Tesla intégrera lundi prochain l'indice S&P 500 de la Bourse de New York. C'est la plus grosse opération du genre de l'histoire. Mais que trouve-t-on sous le capot de l'action Tesla?

Pour beaucoup de suiveurs des marchés américains, l'intégration de Tesla et de ses 600 milliards de dollars de capitalisation boursière dans le S&P 500 n'est rien d'autre que l’événement de l'année. Jamais l'indice aux 500 valeurs n'avait accueilli une société avec un tel poids.

600
MILLIARDS DE DOLLARS
La capitalisation boursière de Tesla tourne actuellement autour des 600 milliards de dollars. Elle était de 75 milliards début janvier.

Tesla va prendre la place d'Apartment Investment & Management sur le S&P, un groupe avec une capitalisation boursière 100 fois moindre que le producteur de la Model S. Le rééquilibrage de l'indice va faire chauffer les serveurs de la Bourse de New York, notamment parce que de nombreux fonds indiciels devront réajuster la mire pour  représenter correctement la composition de l'indice.

On estime actuellement qu'il y a 5.000 milliards de dollars explicitement indexés sur le S&P 500. Tesla se positionnera directement comme la huitième plus grosse valeur de l'indice avec un poids d'environ 1,35%. Cela implique que les fonds indiciels devront acheter environ 67 milliards de dollars de titres Tesla et vendre une quantité similaire des autres composants au prorata. Un remue-ménage historique est ainsi attendu entre la clôture de ce vendredi et l'ouverture des marchés le lundi.

Sous le capot de l'action Tesla

L'arrivée de Tesla dans l'indice élargi ponctue une année folle pour le constructeur auto qui a vu son titre grimper de plus de 600%. Et, à en croire les objectifs de cours fixés par trois analystes influents, ce n'est pas fini.

"Avec une action comme Tesla, il faut dissocier trois choses: ce qui certain, à savoir les voitures que Tesla met sur le marché, ce qui est probable, comme le rôle que l'entreprise entend jouer dans la production de batteries électriques, et ce qui est moins probable, les véhicules autonomes."
Siddy Jobe
Portfolio Manager - Econopolis

Le plus positif, Mark Delanay (Goldman Sachs) mise sur un cours à 12 mois de 780 dollars, soit une prime d'environ 25% par rapport au cours actuel. À l'inverse, le suiveur de l'action pour JP Morgan, Ryan Brinkman, place son objectif de cours bien plus bas, à 90 dollars. En moyenne, les analystes ont un objectif de cours d’environ 375 dollars.

"Avec une action comme Tesla, il faut dissocier trois choses: ce qui certain, à savoir les voitures que Tesla met sur le marché, ce qui est probable, comme le rôle que l'entreprise entend jouer dans la production de batteries électriques, et ce qui est moins probable, les véhicules autonomes", note Siddy Jobe, le gérant du fonds d’actions Econopolis Exponential Technologies, "selon le scénario que vous prenez en compte, la valeur que vous accordez à l'action varie".

L'ogre Tesla

Les analystes d'ING Belgique jugent l'évolution du cours de Tesla "assez effrayante". "La hausse d'environ 50% qu'on a eu depuis l'annonce de l'intégration il y a un mois et demi s'assimile beaucoup plus à de la spéculation qu'à un changement opérationnel des anticipations des bénéfices de la société."

Tesla se traite à 160 fois les bénéfices attendus pour l'année à venir. Pour ses concurrents du secteur auto comme BMW, Daimler ou Volkswagen, on est à moins de 10 fois les bénéfices attendus en 2021, un déséquilibre qui inquiète les analystes d'ING "si on garde en tête que Tesla n'est qu'un constructeur automobile".

Avec les voitures électriques, Tesla détient déjà une part de marché très importante. Mais on parle ici d'une production de 400.000 véhicules sur les 75 millions que le secteur auto tout entier devrait vendre en 2020. Elon Musk ne cache pas son ambition de passer le cap des 20 millions de véhicules vendus dans dix ans. Pour y arriver, une usine Tesla devrait pratiquement sortir de terre chaque année. Un fameux défi.

©Mediafin

Tesla fait des émules

Nio, le constructeur chinois de voitures électriques, est parvenu à faire mieux que Tesla en bourse. L'ADR de Nio coté à New York a grossi d'un peu plus de 1.100% depuis le début de l'année. Une ascension qui en fait le deuxième constructeur de véhicules électriques au monde après Tesla et qui prouve que le marché joue pleinement la carte des voitures vertes.

Tesla a toutefois pris beaucoup d'avance sur son concurrent chinois. Nio n'a pas encore vendu 100.000 voitures depuis sa création en 2014 alors que Tesla, bénéficiaire depuis cinq trimestres, parvient à mettre aisément autant de véhicules sur les routes tous les trois mois. Pour les ténors du marché de la voiture "classique", il est question de ventes trimestrielles dépassant les 2,5 millions de véhicules.

Même si Tesla a fait une entrée fracassante sur le marché chinois, le constructeur Nio semble mieux positionné sur son marché domestique que l'ogre américain.

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