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Un avertissement de poids à Sipef

©REUTERS

Le belge Sipef, qui a réalisé en 2018 95% de son bénéfice brut dans l'huile de palme, fait partie des récents désinvestissements du fonds souverain norvégien.

Depuis 2012, le fonds souverain norvégien s’est retiré du capital de 34 producteurs d’huile de palme, dont il juge la production non durable, vu les risques de déforestation qu’elle entraîne. Leurs noms n’ont pas été divulgués par Norges Bank, qui gère ce fonds, mais le belge Sipef, qui a réalisé en 2018 95% de son bénéfice brut dans l’huile de palme, fait partie des récents désinvestissements. C’est que la Norvège, même si elle est un important producteur mondial d’hydrocarbures, est très pointilleuse sur l’impact de ses investissements sur les générations futures.

"Nous avons l’impression que NBIM a tourné le dos à tous les producteurs d’huile de palme, indépendamment de leur engagement et de leur performance."
Sipef

Même si ce fonds ne détenait, aux dernières nouvelles, qu’un peu plus d’1% des actions de l’entreprise belge, le CEO de Sipef, François Van Hoydonck, s’est fendu d’une lettre ouverte à Norges Bank Investment Management (NBIM). "Nous regrettons profondément cette décision, et le manque de consultation qui l’a précédée", écrit-il. Le CEO poursuit en affirmant que l’huile de palme est nécessaire pour nourrir la population mondiale et que sa production est certifiée RSPO. "Nous avons l’impression que NBIM a tourné le dos à tous les producteurs d’huile de palme, indépendamment de leur engagement et de leur performance", ajoute-t-il. Plutôt inhabituel, pour un CEO, de s’en prendre ainsi à un actionnaire qui s’en va.

C’est qu’être exclu par le fonds souverain norvégien, cela peut coûter cher. Pas seulement à cause de sa force de frappe – près de 850 milliards d’euros – mais aussi parce que d’autres investisseurs s’alignent sur sa politique, vu les moyens qu’il déploie pour évaluer la durabilité de ses investissements.

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