Sur les traces des trackers à l'alpha "moderne"

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Les clients étant de plus en plus attentifs aux coûts, le spécialiste en trackers WisdomTree profite de cette vague pour lancer des trackers d’un nouveau genre.

Aujourd’hui, on parle beaucoup moins de "smart bêta" qu’il y a quelques années. Le smart bêta est une manière de composer un indice boursier, non pas classiquement sur la base de la valeur boursière des entreprises, mais à partir d’autres facteurs comme le chiffre d’affaires ou les bénéfices.

Selon ses propres dires, la firme américaine WisdomTree lance une nouvelle génération de trackers qui s’appuie sur un alpha "moderne". La principale caractéristique de WisdomTree, c’est que le gestionnaire vise surtout des niches dans lesquelles il n’existe encore aucune solution d’investissement. Il cherche à desservir chaque créneau, même si les trackers restent de simples "factor funds".

Par exemple, l’équipe de recherche du stratège en chef Christopher Gannetti fut une des premières à créer un fonds pour la classe d’actifs relativement jeune des obligations "co-co" (contingent convertible) destinées aux banques. En d’autres termes, ces obligations servent de matelas aux banques en cas de difficultés, car elles peuvent convertir ces obligations en actions pour renforcer leur capital.

"Tant que tout se passe bien, ces obligations offrent des coupons élevés. Investir dans ces produits en tant que particulier relevait de l’exploit. C’est pourquoi nous avons lancé un tracker", explique la spécialiste en obligations Lidia Treiber.

Ceux qui cherchent surtout des obligations pour apporter de la stabilité et de la sécurité à leur portefeuille ont tendance à se tourner vers des obligations souveraines. Pour faire mieux que l’inflation, Treiber conseille aux investisseurs en euros d’accorder plus de poids aux pays du Sud. "Nous appelons cela des ‘stratégies obligataires améliorées’, ou ‘enhanced’. Vous vous exposez aux dettes souveraines, avec un petit virage vers les pays de la périphérie." WisdomTree a également créé un tracker dans cette catégorie.

Autre exemple de cette stratégie de niche: un récent tracker qui mise sur le développement de l’intelligence artificielle.

"Si vous pouvez définir les data, vous pouvez créer un tracker", explique Gannetti, qui a déménagé de Wall Street à Londres en 2017, au moment où WisdomTree a acquis les activités européennes d’ETF Securities.

Le vent en poupe

Les Belges peuvent aujourd’hui choisir parmi plus de 200 fonds "factor" de WisdomTree via les plates-formes en ligne ("execution only"). "Nous ne proposons pas de trackers de grands indices qui suivent le marché et ne coûtent que 6 points de base (0,06%), explique le CEO David Abner. Nous nous situons aux alentours de 20 à 35 points de base parce que nos trackers sont un peu plus sophistiqués, mais nous profitons du coup de pouce des régulateurs qui demandent plus de transparence dans les produits financiers. C’est précisément une des caractéristiques des trackers."

"Les trackers publient leurs positions tous les jours, alors que les fonds actifs traditionnels ne les publient que tous les trois mois, ajoute-t-il. Vous n’êtes donc jamais certain de ce qui se trouve dans ces fonds. Ils peuvent facilement adapter leur portefeuille au moment de publier leur composition."

"Les traders en obligations ne devraient plus avoir les moyens de se balader dans de grosses voitures!"
David Abner, CEO de WisdomTree

La transparence protège les investisseurs et devrait aller de soi. "Au début de l’an dernier, le tracker de Crédit Suisse a implosé. Les clients pouvaient gagner de l’argent si la volatilité des Bourses restait faible, se souvient Abner. Ce n’est pas un problème, parce que vous pouvez savoir à l’avance ce qui se passera si la volatilité augmente subitement. Avant la chute de la banque d’affaires américaine Bear Stearns, personne ne connaissait les risques. Aujourd’hui, c’est par exemple parfaitement possible avec des trackers obligataires dont les titres sous-jacents sont peu liquides."

Auparavant, celui qui voulait acheter ou vendre une obligation aussi peu liquide n’avait pas d’autre choix que d’appeler la salle des marchés de sa banque. "Grâce à l’émergence des trackers (exchange traded products ou ETP), ce marché devient de plus en plus transparent. Les transactions sont plus sûres et les ‘spreads’ (la différence entre le prix le plus bas demandé par un vendeur et le prix le plus haut proposé par l’acheteur) se réduisent. Les traders en obligations ne devraient plus avoir les moyens de se balader dans de grosses voitures!" ajoute-t-il en riant.

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