8,25% de rendement à l'échéance en 2025

Sarens a été obligée d’émettre un emprunt obligataire échéant en 2022, assortie d’un coupon de 5,875%. L’entreprise possède une flotte de plus de 1.500 grues, dont un tiers n’est pas utilisé comme nantissement. "Nous suivons Sarens depuis des années et deux de nos fonds sont investis dans l’obligation", explique Thibault Chrapaty. ©Emy Elleboog

Un fonds qui rassemble des obligations à haut rendement arrivant toutes à échéance une même année? C’est la stratégie de La Française avec son fonds "Rendement Global 2025".

"Notre fonds comprend exclusivement des obligations arrivant à échéance en 2025. Vous ne trouverez rien d’autre dans notre portefeuille. Cela évite toute mauvaise surprise", lance d’emblée Thibault Chrapaty. Le jeune Français est l’un des deux gestionnaires du fonds "La Française Rendement Global 2025". En optant pour un fonds comprenant des emprunts obligataires arrivant tous à échéance en 2025, les investisseurs savent exactement à quoi s’attendre.

Le nom du fonds fait aussi référence à deux autres de ses caractéristiques: il s’agit d’un fonds qui vise clairement à obtenir du rendement et qui investit partout dans le monde. Le rendement moyen brut à l’échéance se monte à 8,25%, dont il faut déduire les frais de gestion ainsi que les frais de couverture, car le fonds se protège à 100% contre les risques de change.

8,25%
Le rendement moyen brut à l’échéance du fonds Rendement Global 2025.

High Yield

Le rendement élevé s’explique par le fait qu’il s’agit d’un produit 100% "high yield", c’est-à-dire spéculatif. Le fonds investit surtout dans des obligations d’entreprises dont 60% environ affichent un rating B. Près de 20% ont un rating BB- et un peu moins de 20% une note CCC. "La note CCC n’est pas notre catégorie préférée. Il s’agit souvent de plus petites entreprises actives dans un secteur en difficulté. Mais dans de nombreux cas, les émetteurs mériteraient un meilleur rating", explique Thibault Chrapaty.

Il cite l’exemple du spécialiste français en produits alimentaires surgelés Picard, qui affiche un rating B et qui en plus d’un "emprunt senior", a également émis une obligation subordonnée notée CCC+. "Picard est une entreprise bien gérée. Personne ne s’attend à ce qu’elle rencontre des problèmes financiers. Lorsque vous choisissez des emprunts notés CCC, il faut mieux choisir des émetteurs ayant les reins solides."

Qui est La Française?
  • Société de gestion de fonds française détenue à plus de 85% par la banque et compagnie d’assurance française Crédit Mutuel Nord Europe
  • Spécialisée en immobilier et en obligations
  • La Française propose cinq fonds en Belgique

Le portefeuille de "Rendement Global 2025" comprend également quelques obligations souveraines. Il s’agit exclusivement de papier émis par des pays émergents. Les obligations d’entreprises de ces pays entrent également en ligne de compte, mais dans ce cas, Thibault Chrapaty et son équipe préfèrent les entreprises cotées, parce qu’elles publient des résultats plus détaillés, transparents et qu’elles sont (en principe) mieux gérées.

Au total, le portefeuille compte près de 150 positions. Cela peut sembler beaucoup, mais vu le risque assez élevé, la diversification est plus que jamais un must, y compris au niveau géographique. Par ailleurs, les gestionnaires doivent analyser en détail les entreprises dont ils achètent les titres de créance.

"Nous apprécions les entreprises qui possèdent des actifs", poursuit Thibault Chrapaty. Vu qu’il s’agit souvent de sociétés en difficulté, ces actifs représentent une protection. "En cas de besoin, ils peuvent être vendus. Et si l’économie traverse une phase difficile – qui n’est pas propice à la vente – les entreprises ont plus de chance d’obtenir un emprunt bancaire en proposant ces actifs comme garantie."

La société belge Sarens

Un exemple d’entreprise répondant à cette description: la société belge Sarens, spécialisée dans des travaux de levage complexes et le transport de chargements volumineux. Sarens traverse actuellement une période financière difficile. Ces dernières années, elle a investi des dizaines de millions d’euros dans des équipements pour un projet d’extraction pétrolière au Kazakhstan. Ce projet, qui n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière, explique l’aggravation de la perte nette de l’entreprise en 2017.

Sarens a été obligée d’émettre un emprunt obligataire échéant en 2022, assortie d’un coupon de 5,875%. L’entreprise possède une flotte de plus de 1.500 grues, dont un tiers n’est pas utilisé comme nantissement. "Nous suivons Sarens depuis des années et deux de nos fonds sont investis dans l’obligation", explique Thibault Chrapaty.

Dans la catégorie "high yield", les défauts de paiement – en d’autres termes, les entreprises qui ne remboursent pas leur emprunt obligataire – représentent environ 4% des émissions. "C’est beaucoup, c’est pourquoi un fonds comme le nôtre doit être géré activement", souligne Thibault Chrapaty. À La Française, cinq personnes s’occupent à temps plein des obligations à haut rendement et quatre suivent les marchés émergents. Par ailleurs, le fonds 2025 a eu deux prédécesseurs: les fonds 2020 et 2022. L’équipe peut donc s’appuyer sur une certaine expérience.

Depuis le début du millénaire, l’univers des obligations à haut rendement s’est considérablement élargi. Le marché actuel représente plus de 2.000 milliards de dollars, contre près de 500 milliards en 2001. À l’époque, le marché était presque entièrement américain. Après la crise financière de 2008-2009, les banques ont resserré les conditions d’accès au crédit, ce qui a véritablement lancé le marché des obligations "high yield". La crise du pétrole et des matières premières de 2015-2016 a eu le même effet dans les pays émergents.

Une des caractéristiques d’un fonds "à échéance", c’est qu’il est clôturé à un moment prédéterminé. "Pour l’instant, nous gérons plus de 500 millions d’euros dans le cadre du fonds Rendement Global 2025, mais nous ne souhaitons pas l’élargir", poursuit Thibault Chrapaty. Dans la pratique, le plafond maximum se situe aux alentours de 800 millions d’euros. D’après le planning actuel, la dernière date d’entrée est fixée au 31 mars 2020.

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