"Aux Etats-Unis, certains secteurs sont devenus très populaires auprès des investisseurs, ce qui a fait grimper les valorisations."

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Evan Bauman, gestionnaire du fonds Legg Mason ClearBridge US Aggressive, est spécialisé dans les actions de croissance américaines.

Vous dites que vous vous attendez à une hausse des fusions et acquisitions (M & A) aux Etats-Unis. Sur quels indicateurs vous basez-vous?

Nous pensons que les réformes fiscales et le rapatriement des bénéfices réalisés à l’étranger peuvent constituer une opportunité intéressante pour les activités M & A. Nous croyons que c’est un moyen de valoriser les actifs sous-évalués dans les secteurs de l’énergie, des médias ou de la santé. Actuellement, dans le secteur énergétique, les sociétés intégrées font remonter beaucoup de cash vers les actionnaires, via les dividendes. Cet argent pourrait aussi être utilisé pour financer des fusions et acquisitions. Afin d’acquérir des actifs plus petits dans un premier temps; ensuite, pour envisager peut-être de plus gros dossiers de rachat, éventuellement de groupes entiers. Dans le secteur des médias, les entreprises privilégient les rachats de sociétés "à contenu", plutôt que de produire elles-mêmes des programmes, ce qui coûte plus cher. Les discussions entre Disney et Twenty-First Century Fox confortent cette tendance.

Ces deux dernières années, Wall Street a connu un beau rallye. La Bourse américaine n’est-elle pas en train de devenir trop chère?

Certains secteurs sont en effet devenus très populaires auprès des investisseurs. Résultat: les valorisations ont fortement augmenté, en particulier pour les grandes sociétés Internet et les valeurs technologiques. Pour vous donner une idée: le ratio PEG, qui mesure combien un investisseur est prêt à payer pour la croissance du bénéfice, de l’indice Russell 3000 Growth se situe à son plus haut niveau en dix ans. À l’inverse, les bénéfices des entreprises continuent de croître, mais pas aussi vite que le prix des actions. Les progrès des valeurs FAANG (Facebook, Apple, Amazon, Netflix et Google) sont davantage le résultat des flux d’argent continuellement investis dans des fonds passifs que d’une amélioration des fondamentaux. Le marché sur lequel ces entreprises évoluent reste très concurrentiel. Si la popularité et les valorisations de ces actions augmentent, il en va de même pour le risque d’échec.

Dans quels secteurs voyez-vous encore du potentiel de croissance aux Etats-Unis?

Nous sommes des gestionnaires "contrarian": les actions que nous détenons en portefeuille sont faiblement corrélées avec le benchmark et la Bourse en général. Nous sommes positifs envers le secteur de la santé, qui représente notre principale exposition, et le secteur énergétique. Par exemple, nous trouvons les entreprises biopharmaceutiques plutôt sous-évaluées, compte tenu de leur croissance et du potentiel de leurs pipelines. Quant aux entreprises pétrolières, elles ont assaini leur bilan, pour que leur croissance soit moins dépendante du cours du pétrole.

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