interview

"Cela fait longtemps que nous n'avons pas connu un si bel horizon d'investissement."

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Les femmes qui occupent une position-clé dans le monde financier ne sont pas légion. Rencontre avec Pascale Auclair, qui dirige la division Asset Management chez La Française.

Cette année, les gestionnaires de fonds ont fort misé sur les actions. Est-ce aussi votre vision pour 2018?

Les investisseurs devront en effet prendre des risques s’ils veulent obtenir un minimum de rendement. Car nous resterons encore un certain temps dans un contexte de taux zéro. Notre préférence va dès lors à des actions européennes. Notamment parce que le cycle économique n’est pas encore aussi avancé en Europe qu’aux États-Unis. On assiste en outre à une croissance synchronisée dans tous les pays européens, tirée par l’Allemagne et l’Espagne. On est loin de la situation d’il y a quelques années, lorsqu’il y avait une grande différence entre le nord et le sud. L’Europe est aussi mieux positionnée avec l’euro qui s’est un peu stabilisé depuis l’été dernier. La diversification, nous allons la chercher au Japon. Non pas que nous soyons tellement positifs à propos du pays, mais bien en raison de la dynamique bénéficiaire des entreprises nipponnes. Il y a aussi des pays de croissance dans notre radar, notamment la Chine, qui se profile clairement comme le futur leader de la technologie et de l’énergie. Par contre, nous laissons plutôt de côté le marché américain, parce que trop mature et assez cher.

Vous voyez les Bourses gagner en moyenne 7% l’an prochain. D’où vous vient cet optimisme?

Cela fait longtemps que nous n’avons pas connu un si bel horizon d’investissement. Non seulement les indicateurs économiques surprennent positivement, mais nous voyons aussi une croissance synchronisée de l’économie au niveau mondial: en Europe, au Japon, aux États-Unis – qui ont quand même connu une belle année – et dans les pays émergents. Et si nous regardons ce qui soutient cette croissance économique, c’est plutôt rassurant. Les années précédentes, l’économie n’a tourné que sur un seul moteur: la consommation des ménages. Cette année, nous avons vu que l’industrie progresse aussi, et donc le commerce international. Prudemment, mais le mouvement de reprise est évident. Les investissements des entreprises progressent eux aussi, alors qu’ils étaient plutôt à la traîne. C’est quand même une combinaison assez rare. De plus, l’inflation reste toujours basse, sans qu’on soit pour autant en zone de déflation. Cela ne donne pas seulement du pouvoir d’achat aux entreprises, mais permet aussi aux banques centrales de garder le pied sur le frein. Certes, la Fed a commencé à relever ses taux, mais par petits paliers. En Europe, on n’attend pas de hausse des taux d’intérêt avant fin 2019.

Quels risques voyez-vous pour les marchés financiers de 2018?

Dans ce contexte économique, les attentes restent très élevées. Si elles ne sont pas rencontrées, il y aura des corrections. Mais je verrais cela plutôt comme des pauses. Le plus grand risque se situe du côté des taux d’intérêt. Pour le moment, les marchés sont convaincus que la Fed augmentera ses taux trois fois l’an prochain. Mais quid si ce n’était pas le cas?

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