analyse

Ces fonds à la diversification maximale

"Ceux qui investissent dans des obligations ‘catastrophes’ risquent de perdre une partie de leur investissement en cas de désastre", explique Christian Howells d’Aberdeen. ©Charles Sturge

Les fonds "multi-assets" investissent dans toutes les classes d’actifs. Ils ne se limitent donc pas aux actions et aux obligations.

Les ventes d’actifs sont sur toutes les lèvres. Après huit années de hausse ininterrompue du cours des actions, celles-ci commencent à devenir chères. Et les obligations classiques ne rapportent quasiment plus rien. Comment dès lors obtenir encore un peu de rendement?

Certains gestionnaires commencent à chercher "l’alfa". En d’autres termes, ils cherchent à tirer un rendement supplémentaire du marché, par exemple en mettant en concurrence les acteurs d’un même secteur (stratégie long-short), en utilisant l’effet de levier (leverage) ou des produits dérivés. Un des principaux problèmes de ces stratégies est le "pitch" aux investisseurs. Il est quasiment impossible d’expliquer ces concepts de manière simple. Quels que soient vos efforts, ils paraîtront toujours complexes et dangereux. Une autre possibilité, c’est le timing: essayer d’acheter quand les cours sont bas et de revendre quand ils sont au plus haut. Mais tout le monde sait à quel point c’est difficile, même pour les investisseurs les plus chevronnés.

aberdeen global-multi asset income fund:
  • Selon ses propres dires, le fonds investit dans 12 classes d’actifs.
  • Il ambitionne de préserver le capital réel par période de 5 ans.
  • Il vise le paiement d’un coupon annuel de 4,5% brut.
  • Le coupon est payé tous les mois.
  • Le fonds est entre autres disponible chez Binck Bank.

Les fonds "multi-assets" (multi-actifs) ont opté pour une troisième voie: la diversification maximale. Le fonds Aberdeen Global Multi Asset Income investit par exemple dans l’immobilier, les infrastructures, les obligations de marchés émergents, voire dans le leasing d’avions. Aberdeen investit dans ces classes d’actifs particulières via des fonds spéciaux cotés en Bourse (fonds fermés), ce qui permet d’entrer et de sortir rapidement d’une classe d’actifs dont les sous-jacents sont particulièrement peu liquides.

Par exemple, à la Bourse de Londres, il est possible d’acheter le fonds Catco Reinsurance. On le retrouve dans le fonds d’Aberdeen dans la catégorie des obligations liées aux assurances. Catco Reinsurance investit dans des obligations "catastrophes" et s’est retrouvé au tapis après le passage des ouragans Irma et Harvey aux Etats-Unis. "Ce n’est pas très grave. Si vous investissez dans une obligation ‘catastrophe’, vous savez que cela peut arriver. Mais ces obligations sont une manière de vous diversifier. Elles ne dépendent ni de l’évolution des Bourses, ni des taux d’intérêts. Et ces dernières années, nous avons perçu un coupon à deux chiffres", explique Christian Howells d’Aberdeen, que nous avons récemment rencontré à Bruxelles. Evidemment, ceux qui investissent dans des obligations ‘catastrophes’ risquent de perdre une partie de leur investissement en cas de désastre.

"Les obligations ‘catastrophes’ offrent une belle diversification car elles ne dépendent que du temps."
Christian Howells
Aberdeen

Toujours à la Bourse de Londres, on trouve The Renewables Infrastructure Group, en abrégé TRIG. TRIG exploite des parcs éoliens et tire des revenus de contrats à long terme avec des gestionnaires de réseau. "Ici, vous dépendez de deux éléments: le climat et les prix de l’électricité. Une fois de plus, ce produit n’est pas lié aux Bourses ou aux taux d’intérêts. C’est donc une belle diversification", poursuit Christian Howells. Le fonds d’Aberdeen investit 13,4% de ses actifs dans les infrastructures.

Une partie importante du fonds est donc gérée par des tiers, via des fonds cotés en Bourse. Lorsque c’est possible, Aberdeen Global Multi Asset Income investit directement, ce qui permet de limiter les frais de gestion.

Licence spéciale

Le fonds investit par exemple directement dans des obligations de l’Etat indien. "La roupie indienne est la monnaie la plus stable des marchés émergents", explique Christian Howells. L’avantage de ces investissements, c’est que les gestionnaires ont une longueur d’avance: "Pour le marché indien, il est nécessaire de disposer d’une licence, ce qui est notre cas", poursuit Christian Howells. Les obligations souveraines indiennes offrent actuellement un taux à 10 ans de 7%. "L’Inde se porte bien, grâce à des réformes structurelles et à l’amélioration de la crédibilité de sa banque centrale."

©Mediafin

Dans le segment multi-assets, Aberdeen Asset Management espère offrir à ses clients un rendement annuel de 4,5% brut, sans érosion du capital. En effet, Aberdeen Global Multi Asset Income Fund souhaite préserver le capital – ajusté pour tenir compte de l’inflation – pendant chaque période de 5 ans. C’est son ambition, mais en aucun cas une garantie.

Depuis sa création en juin 2015, le fonds paie tous les mois un dividende moyen de 0,38% brut (soit 4,5% par an). Christian Howells: "Au début, nous ajustions le dividende à la hausse ou à la baisse en fonction du marché. Mais les investisseurs nous ont fait comprendre qu’ils préféraient un rendement fixe. C’est pourquoi le dividende n’a pas changé depuis septembre 2016. Un matelas de cash nous permet de payer le même dividende chaque année", explique Christian Howells.

Malgré une extrême diversification dans toutes sortes de classes d’actifs, les investisseurs ne sont pas protégés contre un krach boursier. Entre le 31 juillet et le 25 août 2015, lorsque les actions mondiales ont reculé de 10% en moyenne, le fonds a chuté de 7,7%. La majeure partie du portefeuille a perdu de sa valeur, à l’exception des obligations souveraines et du cash. Cette correction boursière a cependant été de courte durée. Reste à voir si le fonds réussira à atteindre ses objectifs sur un marché baissier à long terme.

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