interview

"Investir à contre-courant peut générer les meilleurs retours sur investissement sur le long terme."

©RV-DOC

Claire Shaw gère depuis trois ans le fonds OYSTER European Mid & Small Cap du gestionnaire de patrimoine luxembourgeois Syz Asset Management.

Quelle est la principale leçon que vous ayez apprise en tant que gestionnaire de fonds?

Elle est très simple, mais essentielle: n’investissez pas dans des entreprises que vous ne comprenez pas! Si un modèle d’entreprise, un produit, un bilan ou autre est trop compliqué à comprendre et à analyser, je préfère le mettre de côté. C’est certainement pour cela que je n’ai jamais possédé de banque: je trouve qu’il est difficile de se sentir à l’aise avec les éléments qui figurent sur le bilan. J’ai aussi des difficultés avec les entreprises technologiques, car je trouve qu’il est compliqué de prévoir avec certitude la longévité et la solidité de leur avantage concurrentiel.

Comment vivez-vous avec l’idée que vous gérez l’argent des autres?

Avant tout, c’est pour moi un privilège que les clients ont confiance en notre philosophie et notre stratégie. C’est toujours compliqué lorsqu’on investit à contre-courant. C’est donc une forme de fierté que les gens ont confiance en nos capacités.

Claire Shaw

  • Âge: 33 ans
  • Gestionnaire d’OYSTER European Mid & Small Cap depuis: 01.10.2014
  • Investit-elle à titre personnel dans son fonds? Oui
  • Taille du fonds: 115 millions d’euros depuis fin novembre 2017

Quel a été votre meilleur investissement?

Burford Capital, que j’ai d’ailleurs toujours en portefeuille.Le titre a grimpé de plus de 500% depuis que nous avons investi. Coté à Londres, Burford est un acteur mondial dans les services professionnels et financiers. Son attrait réside dans sa position de leader sur le vaste marché, sous-exploité, des contentieux.

Quelle a été votre plus grosse erreur en tant qu’investisseur?

Elle concerne des actions dont le cadre d’investissement a changé brusquement. Le plus souvent, il s’agit d’une nouvelle réglementation qui risque d’entraver la rentabilité d’une entreprise. Ces événements sont difficiles à prévoir et nous passons donc beaucoup de temps à observer l’évolution de la réglementation et ses risques potentiels.

Qui est votre gestionnaire de fonds préféré?

J’admire énormément la philosophie et le style de Sir John Templeton. Des citations telles que "si vous voulez avoir une performance supérieure à celle de la masse, vous devez faire quelque chose de différent de la masse" résument parfaitement ma façon de gérer un portefeuille: selon moi, le fait d’aller à contre-courant génère les meilleurs retours sur investissement sur le long terme.

Quelles sont vos principales sources d’information?

Nous utilisons généralement des réseaux d’experts. Par exemple, s’il s’agit d’une société de soins de santé, nous nous adressons à des chirurgiens, médecins ou infirmiers qui utilisent des produits ou médicaments spécifiques. Pour une société industrielle, nous essayons de communiquer avec les clients, afin de comprendre s’il y a un risque de voir arriver un concurrent chinois sur le marché avec un produit similaire moins cher. Nous tentons ensuite de corroborer ces propos avec les dires du management.

Votre objectif est-il de battre le marché ou d’obtenir un rendement positif?

Mon objectif est bien sûr de générer des rendements positifs pour les clients.Au cours des 3 dernières années, le portefeuille a affiché un rendement de 45%, dépassant l’indice de référence de 7%. Mais pour moi, il est plus important d’essayer de générer de l’alpha de manière contrôlée au niveau des risques.

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