Investir dans la formation et l'enseignement!

©Steven Meert

Un des domaines d’investissement intéressants pour les prochaines années, c’est l’éducation. "L’enseignement et la formation deviennent de plus en plus importants."

Miser sur l’éducation aura un impact sur l’économie. C’est ce que prédit Rudy Vermeersch, responsable des solutions de gestion de portefeuille chez SocGen Private Banking. La branche belge de la grande banque française, établie à Gand, a sorti récemment ses perspectives économiques pour 2018 et y a mis quelques accents intéressants. L’un d’eux est que l’éducation, c’est-à-dire l’enseignement et la formation au sens large, peut être un champ d’action particulièrement intéressant dans une perspective d’investissement.

L’importance d’une bonne formation bien adaptée ressort directement du marché du travail. Bien que le chômage ait baissé dans notre pays ces dernières années, il reste malgré tout élevé en comparaison avec les Pays-Bas et l’Allemagne. Parallèlement, nombre d’emplois ne trouvent pas preneur parce que les demandeurs d’emploi n’ont pas le bon profil. "Il y a un décalage sur le plan des connaissances", résume Rudy Vermeersch.

Une bonne formation ou une formation complémentaire peut probablement remédier en partie à ce problème. C’est aussi un moyen de gommer les inégalités sociales et de maintenir les aînés au travail de façon positive. Au niveau mondial également, l’éducation est un thème important. C’est d’ailleurs un des objectifs majeurs des Nations Unies en matière de développement durable pour 2030. Les spécialistes de SocGen parlent "de l’arme la plus puissante".

Investir dans l’éducation est aussi utile d’un point de vue économique. L’Unesco a chiffré il y a quelques années que chaque dollar investi dans l’enseignement et les compétences de jeunes dans les pays en voie de développement produisait 10 à 15 dollars de croissance économique.

6%
La croissance moyenne annuelle des investissements dans l’enseignement et la formation de 2015 à 2020.

Les investissements dans l’enseignement et la formation devraient croître en moyenne de 6% par an de 2015 à 2020. C’est donc clairement un secteur de croissance à long terme, où les investisseurs peuvent aussi tirer leur épingle du jeu. Et cela, de très nombreuses façons, selon Rudy Vermeersch. "Songez à la technologie et aux logiciels éducatifs, mais aussi aux fabricants de tablettes, aux entreprises qui proposent des formations professionnelles, aux bâtiments pour des écoles ou des centres de formation, au logement pour les étudiants ou à la restauration…"

À court terme, SocGen Private Banking entrevoit aussi un autre thème à potentiel: les investissements en capital. Après quatre années sombres, les entreprises se sont remises à investir solidement depuis la mi-2016. Cette tendance s’observe dans toutes les régions et devrait s’intensifier encore dans les six mois à venir, surtout dans la zone euro et au Japon. Les investissements vont soutenir à leur tour la production industrielle et, plus généralement, la croissance économique. L’innovation est d’ailleurs une motivation supplémentaire pour investir. Notamment parce que d’anciens appareils doivent être remplacés par de nouvelles technologies. "Ces investissements boosteront l’économie. Les entreprises qui investissent se préparent elles-mêmes à croître et peuvent dès lors faire l’objet d’investissements", explique Rudy Vermeersch, sans citer d’entreprises ou de secteurs concrets.

Reparti pour un tour

SocGen Private Banking estime que 2018 sera une année relativement bonne pour les investisseurs, même si on n’atteindra pas le niveau de 2017. Cela ressort d’ailleurs du titre de la présentation: "Another Lap".

"Nous bénéficions d’une croissance forte, d’une inflation faible et d’une politique souple des banques centrales, mais on ressent des signes de fatigue", selon Rudy Vermeersch. La croissance de l’économie mondiale restera robuste dans les trimestres à venir et les volumes commerciaux évolueront positivement.

L’économie américaine devrait à nouveau croître de l’ordre de 2,5% et, grâce à la confiance élevée des consommateurs et des entrepreneurs et à la création d’emplois stable, la zone euro peut s’attendre à une bonne année. Le Japon semble retrouver des couleurs après de nombreuses années de faiblesse et dans les pays émergents, la confiance est de retour, selon SocGen.

Les banques centrales marcheront très prudemment dans la direction d’une normalisation de la politique monétaire, avec la Réserve fédérale en leadership. Comme prévu, les taux d’intérêt aux États-Unis ont à nouveau été relevés à la mi-décembre. C’est la troisième hausse de 2017 et pour 2018, la Fed envisage d’en faire autant. Dans la zone euro et au Japon, la politique reste pour l’instant très souple, même si la BCE diminuera ses achats d’obligations à 30 milliards d’euros en 2018.

ILS et convertibles

Sur cette toile de fond, SocGen se montre prudente envers les obligations. Pour trouver un peu de valeur, la banque se tourne entre autres vers le papier d’État portugais, brésilien et indonésien.

Deux niches présentent également un certain intérêt. Tout d’abord, les ILS (insurance-linked securities), soit des titres liés à des assurances. Les ILS ne cessent de gagner en popularité, ce qui est tout bénéfice pour leur liquidité. Le risque est certes plus élevé que pour d’autres types d’obligations, mais il peut être réduit par une diversification.

Une seconde niche qui marche, selon Jan Deprez, responsable de la gestion des fonds chez SocGen PB, ce sont les obligations convertibles. "Elles offrent le meilleur de deux mondes: davantage d’exposition aux actions dans des marchés haussiers et davantage d’exposition aux obligations dans des marchés baissiers. De plus, les obligations convertibles ont un potentiel de hausse sans limite, avec une protection à la baisse."

"En valorisation relative, Tokyo est toujours bon marché."
RUDY VERMEERSCH
SoCgEN PRIVATE BANKING

Dans son portefeuille clients, SocGen est surpondérée en actions. "Les actions constituent en général 55% des portefeuilles mixtes, pour environ 30% d’obligations", précise-t-on. En ce qui concerne les actions, SocGen mise surtout sur la zone euro et le Japon. "La Bourse japonaise a connu un très beau rallye et marquera probablement une pause, mais nous nous attendons à ce que le pays continuera à bien se porter à l’avenir. En valorisation relative, Tokyo est toujours bon marché", affirme Rudy Vermeersch.

Dans la zone euro, la croissance reste bonne et les marges des entreprises se redressent. "Il y a cependant un bémol: nous voyons l’euro se renforcer et nous nous attendons dès lors à des révisions à la baisse dans les prévisions de bénéfice." Pour New York et Londres, les spécialistes de SocGen sont plus prudents à cause respectivement des valorisations devenues élevées et de l’incertitude du résultat des négociations autour du Brexit.

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