interview

Peter De Coensel: "Il y a autant d'opportunités aujourd'hui qu'il y a 20 ans."

©RV DOC

Peter De Coensel est responsable des fonds obligataires chez Degroof Petercam Asset Management, lesquels représentent 8,6 milliards d'euros d'actifs sous gestion. Lui-même gère le fonds DPAM L Bonds Universalis Unconstrained (450 millions d'euros).

N’est-il pas frustrant pour vous de trouver si peu d’obligations offrant un coupon "correct"?

La frustration est mauvaise conseillère dans un processus d’investissement équilibré. Nous analysons et nous évaluons les obligations dans toutes les régions, tous les secteurs et pour tous les niveaux de risque, de AAA à B. Objectivement parlant, il y a aujourd’hui autant d’opportunités qu’il y a 20 ans, même si les attentes en termes de rendement sont plus modestes.

Peter De Coensel
  • Âge: 50 ans
  • Investit-il dans son fonds à titre personnel? Oui
  • Son conseil: "Ne tenez pas compte des gros titres de journaux tels que ‘TINA: There’s no alternative’."

Ne craignez-vous pas l’impact d’une hausse des taux sur les cours des obligations?

Un jour, Niels Bohr a déclaré: "Prediction is very difficult, especially about the future".En réalisant nos propres analyses, nous pouvons sélectionner activement des obligations pour obtenir un portefeuille diversifié. Nous protégeons et développons les capitaux en toutes circonstances. Nous sommes prêts pour une éventuelle hausse des taux et ne craignons pas le recul, d’ailleurs souvent temporaire, des cours. Dans le domaine obligataire, la règle qui s’applique est "buying on dips".

Quelle est la principale leçon que vous ayez apprise en tant que gestionnaire de fonds?

Mettez de côté vos émotions et investissez dans des marchés et des obligations liquides, que vous contrôlez bien. Suivez les transactions d’autres gestionnaires (fonds de pension, fonds spéculatifs, assureurs, etc.) pour investir et désinvestir dans certains marchés. Faites en sorte que votre portefeuille soit robuste, afin de pouvoir faire face à des vents contraires.

Quel a été votre meilleur investissement?

Je peux vous citer deux exemples. Primo, l’obligation convertible de l’entreprise de logiciels britannique Autonomy, reprise par HP en 2011. Secundo, la décision prise en septembre 2013 d’augmenter nettement la durabilité et la sensibilité aux taux du fonds Universalis, ce qui a permis d’engranger un résultat de +15% en 2014.

Quelle a été la pire erreur de votre carrière?

Une approche trop prudente lorsque j’étais responsable d’un hedge fund entre 1996 et 1999. 

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