Pieter Busscher: "Umicore et Solvay sont très intéressantes, mais trop chères."

©Rainer Wolfsberger

Robeco et Allianz GI ont organisé pour la deuxième fois une conférence à Bruxelles sur le thème des investissements durables. Pieter Busscher, qui gère le fonds Smart Material de RobecoSAM, faisait partie des intervenants.

Qu’entend-on par "smart materials" ou "matériaux intelligents"?

Nous le voyons plutôt comme une manière durable d’investir dans les matières premières. En 2006, tout le monde disait que les prix des matières premières continueraient à monter, à cause des besoins croissants liés à la démographie galopante. En réalité, à long terme, si on tient compte de l’inflation, les prix des matières premières ont plutôt baissé. Et ce, pour deux raisons: premièrement, dès qu’une matière première devient trop chère, elle est remplacée par une autre. Prenons l’exemple des avions. Avant, ils étaient fabriqués en aluminium et en acier, aujourd’hui, ils sont en grande partie construits en carbone, ce qui réduit leur poids. Car le plus cher dans l’aviation, ce n’est pas tant le prix d’achat de l’appareil – surtout si on l’amortit sur toute la durée de vie de l’avion – mais le kérosène. Et plus un appareil est léger, moins il consomme. On observe cette même évolution dans le secteur de l’automobile. En 2010, les voitures étaient composées à 50% d’acier. Ce taux devrait se réduire à terme à 13%, grâce à l’utilisation d’alliages, soit de l’acier auquel on ajoute un autre matériau pour le rendre plus solide. Sans oublier les voitures électriques: elles représentent l’avenir elles aussi. Nous ne pouvons pas continuer à rouler dans des voitures polluantes si nous voulons lutter contre le réchauffement climatique.

Une deuxième raison explique la baisse des prix des matières premières: les avancées technologiques nous aident à améliorer la production. Prenons l’exemple des canettes. Il y a 20 ou 30 ans, elles étaient beaucoup plus épaisses qu’aujourd’hui. De nos jours, nous avons donc besoin de moins de matière première pour les fabriquer.

Vous avez cité les secteurs automobile et aérien. Songez-vous à d’autres domaines?

Oui, par exemple, aux substituts du papier, comme les écrans souples. Nous pensons que la consommation de papier baissera à terme. Cette évolution est déjà visible dans le secteur de l’édition. La moitié des livres vendus sur Amazon sont des e-books. Cette tendance devrait se poursuivre. Nous essayons d’avoir une vision aussi large que possible. Ceux qui souhaitent obtenir de bons résultats avec les matières premières doivent aussi investir dans les logiciels. Tous les nouveaux produits font aujourd’hui l’objet de simulations sur ordinateur, ce qui permet d’analyser leur impact.

"Notre fonds ne comprend aucune action belge pour l’instant. Umicore et Solvay sont très intéressantes, mais trop chères."

Et les entreprises de matériaux technologiques comme Solvay et Umicore?

Pour l’instant, notre fonds ne comprend aucune action belge. Umicore a déjà fait partie de notre portefeuille, mais actuellement, nous considérons que l’action est trop chère. Solvay n’a jamais fait partie du fonds, contrairement à Cytec, sa nouvelle filiale américaine. Mais là aussi: l’action nous paraît pour l’instant surévaluée.

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