Rothschild & Co AM lance un fonds mixte défensif

©Ã‚© Royalty-Free/Corbis

A la fin de l’an dernier, le gestionnaire de patrimoine Rothschild & Co AM a lancé une variante défensive – R-Co Valor Balanced – de son fonds flexible amiral. Depuis son lancement, le nouveau fonds comptabilise déjà 72 millions d’actifs sous gestion.

Le 8 avril 2019, R-Co Valor soufflera ses 25 bougies. Ce fonds flexible, qui peut investir entre 0 et 100% en actions, affiche un rendement moyen de 11% par an depuis sa création. Les gestionnaires prennent des positions marquées, comme en témoigne le nombre relativement réduit de positions: de 25 à 45. Le rendement élevé est lui aussi représentatif du niveau d’investissement en actions. L’an dernier par exemple, l’exposition aux actions a fluctué entre 73 et 92%. Le fonds, qui gère aujourd’hui plus de 2 milliards d’euros, a perdu plus de 13% en 2018.

Les obligations nous sont apparues comme le meilleur choix pour le compartiment défensif.
Quentin Piloy
Responsable du Benelux chez Rothschild & Co AM

Pour proposer une variante plus défensive à ses clients, Rothschild & Co AM a créé en octobre 2018 le fonds R-Co Valor Balanced. Dans ce fonds, la part des actions peut fluctuer entre 0 et 50% et celle des obligations entre 45 et 100%. Le choix d’investir dans des obligations a été bien réfléchi. "Nous aurions pu opter pour une stratégie 'long-short', mais dans ce cas, nous nous serions exposés à un double risque. Car nous pouvons avoir de la malchance dans des positions 'long' (avec lesquelles on parie sur une hausse), tandis que les positions 'short' (avec lesquelles on mise sur une baisse) augmentent. Dans ce cas, nous perdrions sur les deux tableaux. Le cash n’était pas non plus une option, car il ne rapporte rien. Les obligations nous sont apparues comme le meilleur choix pour le compartiment défensif", explique Quentin Piloy, responsable du Benelux chez Rothschild & Co AM.

"Rendement possible de 2 à 3%"

Selon le gestionnaire, les obligations conservent tout leur intérêt en tant qu’outil de diversification. "Il y a des exceptions, mais en règle générale, on peut dire que lors des périodes de correction boursière, les marchés obligataires évoluent en sens contraire. En 2001 et 2008, lorsque les Bourses se sont effondrées, le rendement des portefeuilles obligataires se situait respectivement à 7,2 et 5,6%", explique Emmanuel Petit, co-gestionnaire du fonds.

Emmanuel Petit, gestionnaire de fonds chez Rothschild & Co AM. ©Bruno Cohen

Le gestionnaire ne s’inquiète pas trop du faible rendement des obligations. "Je pense qu’il doit être possible d’obtenir un rendement de 2 à 3% sur les marchés actuels. Nous choisissons des obligations dont l’émetteur est solvable et qui sont uniquement libellées en euros. Les rendements des obligations sont déjà très faibles, alors nous évitons autant que possible d’exposer cette partie du portefeuille au risque de change", ajoute-t-il.

Les rendements des obligations sont déjà très faibles, alors nous évitons autant que possible d’exposer cette partie du portefeuille au risque de change.
Emmanuel Petit
Co-gestionnaire du fonds R-Co Valor Balanced

Le gestionnaire craint-il une forte correction en cas d’augmentation des taux? "Nous ne sommes pas très sensibles à une remontée des taux. La sensibilité de notre portefeuille est de 2,5 ans, soit la moitié de celle de l’indice de référence. De plus, nous sommes également armés contre un nouvel accroissement du différentiel de taux. L’an dernier, le différentiel de taux entre les obligations à haut rendement et les obligations souveraines a augmenté de plus de 200 points de base, et celui entre les obligations solvables et les souveraines de 80 points de base. Aujourd’hui, nous avons calculé de combien le différentiel de taux devait augmenter pour faire passer notre portefeuille obligataire dans le rouge. Pour que nous perdions de l’argent avec nos obligations solvables, il faudrait que le différentiel de taux augmente de 40 points de base, ce qui nous semble hautement improbable", explique Petit.

Positif envers les matières premières

Le retour de l’inflation annonce une reprise des matières premières. Les gestionnaires actifs recommencent à se positionner dans cette classe d’actifs.
Yoann Ignatiew
Co-gestionnaire du fonds R-Co Valor Balanced

Dans la partie actions du portefeuille, la préférence va au secteur technologique, suivi par le secteur financier. "La technologie est le seul secteur qui dispose de plus cash que de dettes au bilan. On peut dire que les ratios cours/bénéfices sont élevés, mais vous devez regarder les ratios PEG ou Price/Earnings to Growth, c’est-à-dire le ratio cours/bénéfice, mais qui tient compte des perspectives de croissance. Pour Facebook, le ratio cours/bénéfices est de 22. Pour le moment, je trouve que c’est bon marché", ajoute Yoann Ignatiew, co-gestionnaire du fonds.

Yoann Ignatiew, gestionnaire chez Rothschild & Co AM. ©Bruno Cohen

"Dans le secteur financier, l’amélioration des résultats opérationnels s’est traduite par un rendement record sur fonds propres. De plus, le secteur financier est un secteur que beaucoup d’investisseurs évitent malgré son énorme désendettement. En 2007, le ratio d’endettement net par rapport aux flux de trésorerie était encore de 8. Aujourd’hui, il est de 1. Aucun autre secteur ne l’a autant réduit", précise Ignatiew.

Le gestionnaire se montre également très positif envers les matières premières. "Le sentiment négatif à propos de la Chine explique les résultats décevants du secteur en 2018. Mais le retour de l’inflation annonce une reprise des matières premières. Les gestionnaires actifs recommencent à se positionner dans cette classe d’actifs", conclut-il.

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