Après l'examen bancaire, les critiques reprennent

©REUTERS

Lundi-test pour le secteur bancaire. Après la publication vendredi des résultats des tests de résistance, les regards se tournaient vers les marchés. Chez les analystes, la satisfaction n’est pas au rendez-vous. Mais sur les Bourses, l’accueil est plutôt positif.

Salve de réactions au lendemain de la publication des résultats des tests bancaires. Vendredi, le comité européen des régulateurs bancaires (CEBS) annonçait que sept institutions n’atteignaient pas dans des scénarios de stress un niveau de fonds propre de 6&flexSpace;%.

"Les tests représentent un pas en avant utile dans divers domaines, mais ne va pas, comme espéré, changer la mentalité. On passe ainsi à côté de l’opportunité de renforcer les banques", indique-t-on chez Morgan Stanley.

Le CEO de Oppenheimer Investments Asia parle, lui, d’un manque de rigueur. "Avec le temps, on identifiera d’autres banques avec des besoins de capitaux", affirme Steve Bernstein.

La faiblesse du taux d’échec et le bas niveau des besoins capitaux en ont surpris plus d’un. "Si le marché avait été confronté à l’échec inattendu d’au moins une banque, cela aurait donné davantage de crédibilité aux tests", dit-on chez Octopus Investments.

Particulièrement critiqué, le niveau des exigences de fonds propres: "Si nous avions placé la barre 2% plus haut, les besoins de capitaux auraient grimpé à 27 milliards d’euros, dont 40% pour l’Allemagne et l’Italie", poursuit-on chez Morgan Stanley.

Également sujet à caution: l’évaluation de l’exposition aux dettes souveraines. Et "l’oubli" de 6 banques allemandes à faire toute la transparence vendredi sur leur exposition ne fait qu’apporter de l’eau au moulin des critiques. Ces enseignes, dont Deutsche Bank et Postbank, seront priées de s’expliquer auprès de CEBS. "Les tests auraient pu être plus durs que les tests effectués par le CEBS et prendre ainsi en compte les expositions du banking book", insiste une analyste de Citigroup.

Enfin, les caisses d’épargnes espagnoles sont aussi pointées du doigt. En prenant en compte dans les calculs les aides du fonds de secours, quatre banques ont échappé au couperet.

Et maintenant?

Une fois le flot des critiques passé, l’heure sera à présent à la recapitalisation. Les sept "cancres" (un établissement allemand, un grec et cinq établissements espagnols) font ainsi face à un besoin total de 3,5 milliards d’euros.

Mais ils sont plus nombreux encore, ceux à avoir réussi l’examen de justesse. En effet, dix-sept banques affichaient un tier one compris entre 6 et 7%. La remise à flot des banques ne devrait donc pas se limiter aux sept "busées".

En Espagne, le responsable de la fédération des banques d’épargne affirme qu’elles ont le choix des armes pour lever du capital.

La Banca Civica, une des institutions recalées, a ainsi annoncé son intention de placer 450 millions d’euros en obligations convertibles, devenant ainsi la première banque d’épargne à user de la nouvelle législation ouvrant la porte au financement privé.

En Grèce, ATE (détenue à 77% par l’État) a deux mois pour présenter un plan de redressement au ministre des Finances et jusqu’à la fin décembre pour l’appliquer. Néanmoins, la presse grecque, tout en saluant la réussite de 5 des 6 banques locales testées, affirmait que des changements seraient inévitables.

Enfin, la Bafin, le régulateur allemand annonçait vendredi dans un communiqué que certes Hypo Real Estate était le seul échec du pays et que l’enseigne, déjà secourue par l’État, ne lèverait du capital supplémentaire que si les hypothèses des scénarios des tests se matérialisaient.

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