Bart Baetens: "Un tiers de notre fonds est investi dans des obligations belges"

©Dries Luyten

Bart Baetens, Chief Investment Officer chez Quaestor, gère le fonds obligataire Conventum Income Opportunities, qui comptabilise 210 millions d’euros d’actifs sous gestion.

En 2017, votre fonds obligataire affichait un rendement de 4,4%. Comment avez-vous réussi à obtenir ce résultat dans le contexte de taux bas que nous connaissons?

À partir du second semestre 2016, nous avons commencé à acheter des obligations perpétuelles, en particulier celles émises par des banques et des assureurs. En 2017, ces obligations se sont bien comportées. Par ailleurs, certaines émissions ont été rachetées par les émetteurs avec une belle prime, tandis que le marché a réagi positivement aux résultats des élections aux Pays-Bas, en Allemagne et surtout en France. Vers la fin de l’année, nous avons considérablement réduit ces positions et pris nos bénéfices. Nous avons ensuite participé à plusieurs émissions de plus petite taille, comme l’obligation convertible de Greenyard. Près d’un tiers de notre fonds est investi en ligne directe dans des obligations belges. En tant que gestionnaire belge, nous estimons, tout comme nos clients, qu’il est important de soutenir l’économie de notre pays. À souligner également les frais de gestion réduits, soit 0,50% dans notre cas.

En 2017, certains fonds obligataires ont souffert du recul du dollar. Quelle est votre position par rapport aux devises étrangères?

Vu que nos clients investissent en euro et qu’il s’agit d’un fonds défensif, nous voyons les devises étrangères comme un complément à notre stratégie. Nos investissements en devises sont surtout des obligations en dollar et autres devises fortes comme la livre sterling, la couronne norvégienne et le franc suisse. Dans certains cas, nous prenons des positions limitées dans d’autres devises. Par exemple, en 2017, juste avant la décision de la banque centrale de laisser flotter la monnaie, nous avons acheté des couronnes tchèques. Si le rendement compense suffisamment le risque, nous pouvons envisager de prendre des positions dans des devises plus "exotiques", comme la livre turque ou le réal brésilien.

Comment pensez-vous obtenir du rendement en 2018?

Malgré notre abondante trésorerie – en prévision de la hausse des taux – le rendement résiduel du portefeuille, soit 2,67%, est suffisamment élevé pour obtenir un beau résultat en 2018, toutes choses restant égales. Cette année, la Banque Centrale Européenne devrait relâcher les gaz, ce qui pourrait provoquer un peu plus de volatilité sur les marchés et donc générer de nouvelles opportunités. Si nous faisons face à des chocs soudains en 2018, nous pensons nous couvrir avec des produits dérivés. Nous accordons cependant beaucoup plus d’importance à l’élaboration d’un portefeuille qui nous protège contre une hausse des taux. Par exemple, 54% des obligations en portefeuille viendront à échéance dans les trois ans et pas moins de 80% dans les cinq ans.

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