Coup d'arrêt dans les fonds mixtes après dix années sans faille

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Les actifs des grands fonds flexibles ont fondu de 20% sur l’année écoulée. Toutefois, les évolutions sont particulièrement contrastées entre les différents fonds.

La crise de 2008 avait brillamment démontré les avantages liés à la détention d’un fonds mixte lors des phases de correction boursière. À cette époque, les produits ayant la possibilité d’augmenter significativement leur exposition aux marchés monétaires ou aux emprunts souverains de pays jugés "sûrs" avaient permis aux épargnants de traverser la tempête en limitant les dégâts.

Durant les années qui suivirent, la politique menée par les banques centrales occidentales a compressé les rendements obligataires, ce qui a permis une envolée des valorisations boursières et une performance solide de la plupart de ces produits financiers.

Baisse généralisée

Au bout de 10 ans d’un track record sans faille, les fonds flexibles ont toutefois connu leur premier coup d’arrêt en 2018. La normalisation des politiques monétaires a entraîné des performances très légèrement négatives dans la poche obligataire si elle était investie dans la dette souveraine des pays développés. La hausse du dollar a pénalisé les marchés émergents, tandis que les craintes politiques (Italie, Brexit ou encore guerre commerciale) ont entraîné une remontée de la volatilité sur les marchés boursiers.

Dans l’ensemble, les fonds mixtes flexibles ont enregistré des sorties massives au cours du second semestre.

L’indice Bel 20 s’est replié de près de 20% sur l’ensemble de l’année 2018, tandis que l’indice Dow Jones, qui avait bien résisté jusqu’au début du mois d’octobre, est ensuite retombé sous son niveau du début 2018 durant les dernières semaines de décembre. Et le début d’année s’annonce tout aussi morose, avec un comportement qui reste particulièrement erratique à la tête des Etats-Unis et Apple qui semble être désormais officiellement entré dans une phase où la croissance va devenir plus difficile.

Sorties massives

Bref, les gestionnaires des grands fonds mixtes ont généralement trouvé peu d’endroits pour se réfugier durant l’exercice écoulé, et les 21 fonds de notre échantillon ont encaissé des reculs de 8,6% en moyenne.

Les fonds très dynamiques, à l’image de R-Valor, R-Club ou DNCA Invest Evolutif, ont encaissé les reculs les plus violents, avec des pertes supérieures à 13% sur l’exercice écoulé. À noter que Flossbach von Storch Multiple Opportunities, en dépit d’un positionnement souvent élevé sur les actions, a très bien limité la casse avec un recul de seulement 5%, ce qui justifie le fait que ce fonds ait été un des rares à enregistrer encore des flux positifs durant le second semestre.

Car dans l’ensemble, les fonds mixtes flexibles ont enregistré des sorties massives au cours du second semestre qui a, la plupart du temps, annulé les gains enregistrés durant les six premiers mois de 2018.

Dans l’ensemble, sur les 21 fonds de notre échantillon, ce sont 21,3 milliards d’encours qui se sont évaporés sur l’ensemble de 2018 (dont 16,7 milliards d’euros au second semestre), soit une baisse de 20% à 83 milliards d’euros qui s’est toutefois focalisée sur des produits tels que Carmignac Patrimoine (-7,9 milliards d’euros), Nordea 1 Stable Return (-6,1 milliards d’euros), BlackRock Global Allocation (-2,9 milliards de dollars), Invesco Pan European High Income (-1,8 milliards d’euros) ou encore Ethna-Aktiv (-1,8 milliards d’euros).

Objectif revenu

Le segment des fonds mixtes comporte également un important contingent de fonds qui ont pour objectif de distribuer un revenu régulier aux investisseurs, et qui vont donc investir majoritairement leurs encours dans des classes d’actifs distribuant un rendement attractif.

Si la performance des 10 fonds de notre échantillon est ressortie en ligne avec les fonds flexibles traditionnels, le rendement attendu (autour de 5%) a contribué à limiter les sorties de capitaux. Les encours ont diminué de 8,2% sur l’ensemble de l’année, soit moins que la valeur d’inventaire des fonds, ce qui traduit des sorties relativement neutres pour les encours sous gestion.

À noter ici aussi que les évolutions sont particulièrement marquées entre les différents fonds, avec Invesco Global Income étant le seul grand produit à afficher une progression des actifs sous gestion durant les deux semestres de l’exercice écoulé; tandis que JP Morgan Global Income affiche une progression annuelle de 500 millions d’euros en dépit des sorties encaissées durant le second semestre (1,4 milliard d’euros).

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