DNCA offre des habits neufs à ses fonds durables

Léa Dunand-Chatellet ©Willem Ravoet

La société française de gestion de fonds DNCA a recruté une spécialiste expérimentée pour donner un nouveau souffle à sa gamme de fonds durables.

Avec 23 milliards d’euros d’actifs sous gestion, DNCA Investments fait partie des gestionnaires de fonds français de taille moyenne. L’entreprise parisienne propose à ses clients – dont près de deux tiers sont des particuliers et un tiers des investisseurs institutionnels – 31 fonds très variés et principalement investis en Europe. La gamme comprend des fonds d’actions, des fonds d’obligations et des fonds mixtes. Par ailleurs, l’entreprise propose quatre fonds "absolute performance", qui combinent des stratégies long, short et hegding. Les fonds ISR (Investissements Socialement Responsables) ou durables forment une catégorie distincte.

En mai 2018, Léa Dunand-Chatellet a rejoint DNCA. Cette dame énergique a accumulé 15 années d’expérience en investissements ISR, à la fois en tant que professeur, gestionnaire de fonds et auteur de l’ouvrage de référence "ISR et Finance Responsable". Sa mission? Élaborer un modèle maison pour les investissements durables et créer une gamme de fonds ISR distincte. Le modèle a été baptisé ABA, pour "Above and Beyond Analysis". DNCA a opté pour la création d’une catégorie de fonds durables distincte, au lieu d’appliquer une approche durable à l’ensemble de ses fonds. La maison justifie son choix d’une part, parce que tous les investisseurs ne l’exigent pas et que ce serait difficilement tenable et d’autre part, parce que certains investisseurs – surtout les particuliers – demandent explicitement des fonds durables.

"Actuellement, nous proposons six produits ISR, dont quatre fonds existants et deux nouveaux, qui comptabilisent ensemble 500 millions d’euros d’actifs sous gestion", explique Léa Dunand-Chatellet en marge de la réunion annuelle de DNCA à Paris. Les fonds durables peuvent être identifiés grâce au mot ‘Beyond’, qui fait désormais partie de leur dénomination. Trois fonds existants – Global Leaders, European Leaders et Infrastructure & Transition – ont été modifiés. "Ils appliquaient une approche durable, mais ne disposaient pas des connaissances nécessaires en matière de processus d’investissement. Nous avons structuré ce processus."

Un des nouveaux fonds, Semperosa, se décrit lui-même comme un fonds à impact axé sur la zone euro. En d’autres termes, un fonds d’entreprises européennes ayant un impact positif et mesurable sur les plans environnemental, social et sociétal. "Nous nous sommes fixé comme objectif que le fonds affiche en moyenne de meilleurs résultats que l’Eurostoxx NR (dividendes réinvestis)", explique la spécialiste.

"Les investisseurs particuliers ne comprennent pas que des entreprises comme Shell et Total puissent se retrouver dans le portefeuille d’un fonds durable."
Léa Dunand-Chatellet
Gestionnaire de fonds chez DNCA

Une des motivations à l’origine de la création de Semperosa, c’est que les particuliers ne comprennent pas que des entreprises comme Shell et Total – même si elles font des efforts pour réduire leur empreinte écologique, par exemple en misant sur les énergies vertes – puissent se retrouver dans le portefeuille d’un fonds durable, explique Léa Dunand-Chatellet. L’univers "lisible" – c’est-à-dire les entreprises dont les activités durables peuvent être mesurées – est par ailleurs assez limité: d’après la spécialiste en ISR, seules 150 entreprises répondent à cette définition.

L’autre nouveau fonds est Alterosa, un fonds mixte qui peut investir jusqu’à 50% en actions et se présente comme l’homologue ISR d’Eurose, le fonds le plus populaire de DNCA. "Nous voulions éviter d’en faire une version diluée d’Eurose. Alterosa est un fonds 100% ISR, qui suit des lignes de force très différentes et dont aucune action n’est susceptible de ‘choquer’ les investisseurs. Alterosa doit donc devenir notre navire amiral en investissements durables", explique Léa Dunand-Chatellet.

Le fonds obligataire durable European Bond Opportunities – un produit davantage patrimonial qui investit dans des obligations d’entreprises – peut être considéré comme un outsider. Ce fonds accorde la préférence aux émetteurs qui s’attaquent aux défis auxquels notre monde est confronté. "Notre objectif avec ce fonds est de permettre aux particuliers d’accéder à des investissements durables dans le segment obligataire et d’élargir ainsi leur choix", conclut Léa Dunand-Chatellet.

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