interview

Flavia Cheong: "On ne peut pas obtenir une image exhaustive d'une entreprise en se contentant de lire des rapports."

©RV-DOC

Flavia Cheong est responsable des actions asiatiques chez Aberdeen Standard Investments. Expliquer pourquoi un investissement ne répond pas aux attentes est un exercice extrêmement difficile à ses yeux.

Quelle est la principale leçon que vous ayez apprise en tant que gestionnaire de fonds?

Qu’il vaut mieux éviter les hypothèses. On ne peut pas obtenir une image exhaustive d’une entreprise en se contentant de lire des rapports. Il faut discuter avec le management et développer nos propres analyses. Nous avons aussi appris à ne pas nous laisser emporter par l’enthousiasme des dirigeants, surtout s’il ne coïncide pas avec nos analyses financières. Nous devons comprendre l’environnement dans lequel les entreprises évoluent.

Comment vivez-vous avec l’idée de gérer l’argent des autres?

Cette responsabilité peut être très lourde. Mon mari épargne pour sa pension et les commentaires qu’il fait sur le rendement de son argent me font parfois de la peine. Expliquer pourquoi un investissement ne répond pas aux attentes est une des choses les plus difficiles. Mais cela ne m’empêche pas de dormir.

Flavia Cheong
  • Âge: 51 ans
  • Gestionnaire de Aberdeen Global Asia Pacific Equity Fund depuis: 1998
  • Taille du fonds: 3,2 milliards de dollars

Quel a été votre meilleur investissement?

Le plus satisfaisant pour notre équipe, c’est d’investir dans des entreprises conservatrices, celles qui ne deviendront sans doute pas les chouchous des marchés, mais dont le rendement est à la hauteur. Je peux citer l’exemple d’une banque singapourienne. Lorsque de nombreuses banques occidentales ont quitté l’Asie pour préserver leurs capitaux, elle a poursuivi le développement de son réseau régional et s’est séparée de certaines activités périphériques. Cette attitude conservatrice a porté ses fruits.

Qui est votre gestionnaire de fonds préféré?

J’admire Hugh Young, parce qu’il a cru en l’Asie lorsqu’il a lancé nos activités. Son engagement a permis le développement de notre business. Lorsque j’ai commencé ici, nous étions douze pour gérer un portefeuille de près de 2 milliards de dollars. Aujourd’hui, nous avons sept succursales en Asie et nous gérons plus de 30 milliards de dollars d’actifs asiatiques.

Souhaitez-vous battre le marché ou afficher un rendement positif?

Nous visons toujours un rendement positif. Nous ne dépendons pas d’un benchmark, mais le marché nous donne un aperçu des risques auxquels nous sommes potentiellement exposés. 

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