"Investissez donc dans un vélo!"

Les États-Unis et la Grande-Bretagne envisagent de lancer un plan de subvention des vélos, ce qui pourrait augmenter la demande. ©BELGA

"75% des gaz à effet de serre émis par le secteur du transport le sont en milieu urbain, sur des routes qui sont en réalité mieux adaptées au vélo. L’usage du vélo pourrait donc apporter une contribution importante à la réduction des émissions de CO2", explique Tim Bachmann, gestionnaire du fonds DWS Invest ESG Climate Tech.

Selon Bachmann, de plus en plus de citadins ont troqué ces derniers mois leur voiture contre un vélo pour les courtes distances. "Les délais de livraison de plus d’un an pour les vélos sont révélateurs. C’est la même situation dans le segment des vélos cargo, qui a connu une croissance de 40% en 2020."

Le fonds Climate Tech de Bachmann comptabilise 275 millions d’euros d’actifs sous gestion, dont 4,5% sont aujourd’hui investis dans l’industrie du vélo.

«En 2015, près de 1 million d’e-bikes se sont vendus en Europe, contre 3,8 millions en 2020.»
TIM BACHMANN
GESTIONNAIRE DE FONDS CHEZ DWS

Le marché mondial des vélos traditionnels et électriques – qui pèse à présent environ 45 milliards de dollars – est comparable à celui des motocyclettes (39 milliards de dollars) et des camping-cars (50 milliards de dollars). Bachmann s’attend à ce qu’au cours des prochaines années, l’industrie du vélo soit tirée en avant par les vélos électriques. "En 2015, près de 1 million d’e-bikes se sont vendus en Europe, contre 3,8 millions en 2020. Ce chiffre devrait être multiplié par trois et atteindre près de 12 millions d’ici 2025."

Pour le gestionnaire, ce succès s’explique surtout par la plus grande autonomie des batteries, qui augmente l’enthousiasme pour les e-bikes dans toutes les couches et catégories d’âge de la population. Le tableau est inversé pour les vélos traditionnels, dont les ventes ont reculé de 20 millions en 2015 à 17 millions en 2020. Et cette tendance devrait se poursuivre, estime Bachmann.

500 €
L'Italie subsidie l'achat d'un vélo à hauteur de 500 euros.

Outre la sensibilisation aux enjeux climatiques, des raisons financières poussent les citoyens à se mettre au vélo, poursuit le gestionnaire. "Dans le cadre du Green Deal, l’Union européenne a libéré 20 milliards d’euros pour faciliter la mobilité urbaine. La majeure partie de ce budget sera consacrée à l’élargissement du réseau de pistes cyclables, mais aussi à la subsidiation de l’achat de vélos. En Italie par exemple, les citoyens reçoivent 500 euros à l’achat d’un vélo."

Places de parking

Un autre facteur expliquant ce succès est l’amélioration des infrastructures dans les villes. "Le nombre de places de parking est réduit et une partie de la voirie est consacrée aux pistes cyclables ou à des bandes de circulation partagées entre les vélos et les transports en commun."

"De nombreux fournisseurs de l’industrie du vélo jouissent d’un quasi-oligopole avec des parts de marché à l’avenant, de confortables marges, des bilans sains et un important pouvoir de fixation des prix."

Les investisseurs qui souhaitent miser sur l’industrie du vélo peuvent acheter des actions de fabricants ou de fournisseurs. "De nombreux fournisseurs de l’industrie du vélo jouissent d’un quasi-oligopole avec des parts de marché à l’avenant, de confortables marges, des bilans sains et un important pouvoir de fixation des prix. Il suffit de penser aux fournisseurs de transmissions, de freins et de batteries développées et produites exclusivement pour le secteur du vélo." Une des dix principales positions du fonds est le constructeur néerlandais de vélos Accell Group.

"Malgré les valorisations déjà élevées, le secteur reste intéressant", estime Bachmann. "Les capacités de production sont utilisées à 80 ou 90% et les délais de livraison atteignent presque un an. C’est la raison pour laquelle les fournisseurs peuvent modifier de manière rétroactive les prix des pièces commandées l’an dernier."

"La part des vélos électriques est déjà de 30% en Allemagne, et même de 50% en Belgique et aux Pays-Bas", ajoute Bachmann. La Belgique est bien entendu un plus petit marché que l’Allemagne et les Pays-Bas. "En Grande-Bretagne et aux États-Unis, les e-bikes ne représentent encore que 1 à 2%. Les deux pays envisagent de lancer un plan de subvention des vélos, ce qui pourrait augmenter la demande. Et puis, maints investisseurs n’ont pas encore jeté leur dévolu sur ce secteur, ce marché recèle donc encore un gros potentiel."

Fonds

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