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Sandra Cowl (Carmignac): "La Fast Fashion est le deuxième plus gros pollueur au monde"

Le groupe Inditex est de loin le meilleur de la classe au niveau des conditions de travail et du respect des droits humains, estime Sandra Crowl (Carmignac). ©Bloomberg

"La Fast Fashion est le contraire de la durabilité: elle utilise énormément de terres agricoles et d’eau et produit des tonnes de déchets et d’émissions dangereuses", explique Sandra Cowl, gestionnaire de fonds chez Carmignac.

1. Pourquoi accordez-vous autant d’importance au secteur de la mode?

"Les entreprises qui sont coresponsables du problème font aussi partie de la solution."
Sandra Cowl
Gestionnaire de fonds chez Carmignac

Sandra Crowl: «Ce secteur est le deuxième plus gros pollueur d’eau au monde et émet beaucoup de CO2. Autre caractéristique: l’énorme quantité de déchets produits par l’industrie. Chaque année, plus de 500 milliards de dollars sont perdus parce que la moitié de la production est jetée après un an et qu’il n’existe que peu ou pas de possibilités de recyclage. Seul 1 % de toutes les matières utilisées est aujourd’hui recyclé dans d’autres vêtements. Et le secteur ne se contente pas de polluer, il affiche de piètres scores sur le plan social, avec de très mauvaises conditions de travail dans les ateliers et d’énormes problèmes de santé et de sécurité. Nous investissons sur le long terme et nous souhaitons aborder les problèmes sociaux et environnementaux en dialoguant directement avec le management. Les entreprises qui sont coresponsables du problème font aussi partie de la solution.»

2. Selon vous, qu’est-ce qui doit changer dans le secteur?

Fonds

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Le supplément Fonds, ce mercredi 20/10, gratuit avec L'Echo.

Crowl: «Plusieurs grandes marques devront investir massivement. Zara, H&M, Adidas et ASOS ont déjà pris des mesures positives, mais les consommateurs ne traduisent pas encore leurs convictions dans leur comportement d’achat. Cependant, les choses commencent à évoluer. Suite à la pandémie de Covid-19, la tendance vers plus de durabilité s’est renforcée. La majorité des consommateurs des marchés développés considèrent qu’il est important de limiter les conséquences du changement climatique et de vivre de manière plus durable. Les consommateurs et les investisseurs considèrent que les marques sont également responsables de l’amélioration des normes. Je peux citer comme exemple le scandale lié à Boohoo. Ce groupe de confection britannique s’est retrouvé dans le collimateur après des révélations faisant état d’esclavagisme moderne dans ses ateliers de Leicester. L’entreprise payait son personnel jusqu’à 54% en dessous du salaire minimum britannique. L’action a été fortement pénalisée en bourse.»

3. Vous considérez Inditex comme un des meilleurs élèves de la classe. Pouvez-vous expliquer pourquoi?

Crowl: «Inditex fait appel à un écosystème de fournisseurs locaux qui se développent de façon organique au même rythme que le groupe, au lieu d’utiliser un réseau complexe d’intermédiaires et de fournisseurs situés de l’autre côté de la planète. Par ailleurs, le groupe est de loin le meilleur de la classe au niveau des conditions de travail et du respect des droits humains. Cela se voit aussi à la façon dont il a traité son personnel pendant la pandémie.

Inditex offre aussi à ses employés un système de bonus lié aux résultats de l’entreprise. Je pense néanmoins que le groupe peut encore progresser, par exemple en étant plus transparent sur la durabilité et les matières recyclées qu’il utilise dans son processus de production.»

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