Le plus gros fonds souverain au monde se désinvestit des compagnies pétrolières

©REUTERS

C'est un grand coup en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Et une claque aux énergies fossiles polluantes. Le fonds souverain norvégien se désengage des compagnies pétrolières.

L'objectif est de réduire la vulnérabilité de notre richesse commune face à un recul permanent du prix du pétrole.
Siv Jensen
ministre norvégienne des Finances

Le plus gros fonds souverain au monde, celui de la Norvège, lui-même alimenté par des pétrodollars, va se désengager des compagnies pétrolières afin de réduire l'exposition du pays scandinave à l'or noir, a annoncé le gouvernement norvégien.

La Norvège est le plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest. Pétrole et gaz naturel représentent près de la moitié des exportations et 20% des revenus de l'Etat.

Cette décision était à l'examen. Déjà en 2017, la banque centrale norvégienne, qui gère le fonds, avait prôné une sortie des valeurs pétrolières afin de réduire l'exposition de l'Etat norvégien à ce secteur.

Pourquoi? La motivation de base n'est pas vraiment verte... "Cette recommandation s'appuie exclusivement sur des arguments financiers", avait souligné le vice-gouverneur, Egil Matsen avant la décision finale. Elle "ne reflète aucunement une vue quelconque sur l'évolution du prix du pétrole, sur la rentabilité future du secteur pétro-gazier ou sur son caractère durable."

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Le belge Sipef, qui a réalisé en 2018 95% de son bénéfice brut dans l'huile de palme, fait partie des récents désinvestissements du fonds souverain norvégien. Les détails ici

Si cette décision est donc dictée par des considérations financières et non environnementales, le désengagement d'un investisseur qui pèse plus de 1.000 milliards de dollars sera assurément néanmoins perçu comme un grand coup porté aux énergies fossiles polluantes.

  • Fin 2018, le fonds possédait pour environ 37 milliards de dollars d'actions dans le secteur, avec des participations de poids dans Shell , BP , Total et ExxonMobil notamment.

La proposition du gouvernement norvégien porte sur 7,5 milliards de ces actifs. Elle  porte sur les seules "compagnies d'exploration et production", c'est-à-dire l'amont du secteur pétrolier contrairement à l'aval (distribution, raffinage,...). Elle devrait, sauf coup de théâtre, être adoptée par le Parlement, et fait suite à une recommandation en ce sens de la Banque de Norvège. Vu les sommes en jeu, le désengagement prendra des années. 

  • Pour rappel, le fonds s'est déjà retiré du secteur du charbon pour des raisons environnementales mais aussi financières. 

©AFP

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