Les actions indiennes tiennent le coup

Chaque jour, plus de 4.000 personnes meurent du coronavirus en Inde. Leur crémation a souvent lieu en plein air. ©AFP

En dépit de l’accélération de la pandémie en Inde, le marché indien continue d’afficher des performances positives en raison des fondamentaux solides sur le long terme.

L’Inde est au centre de l’actualité épidémiologique depuis plusieurs semaines. "La forte hausse des contaminations de ces dernières semaines signifie que les investisseurs ne vont pas pouvoir encore longtemps ignorer la pandémie", souligne Piya Sachdeva (économiste sur l’Inde chez Schroders), et de nouvelles mesures de confinement nous pousseront à réduire nettement nos attentes pour l’ensemble de l’année".

Les fonds exposés sur ce marché affichent encore des performances positives depuis le début 2021, soit 5,1% pour les fonds de notre échantillon. Dans notre tableau, nous avons repris les meilleurs fonds en actions indiennes à un horizon de cinq ans, en privilégiant les parts de capitalisation pour particuliers et les produits dont la taille dépasse les 100 millions de dollars.

Return annuel moyen de 9% sur 5 ans

Ces produits ont affiché un return annuel moyen proche de 9% ces cinq dernières années. Ils se caractérisent par leur concentration (entre 30 et 55 valeurs), avec un poids très élevé des grandes capitalisations (plus de 70% des actifs sous gestion) et une diversification orientée vers les valeurs financières et technologiques. Typiquement, les 10 premières positions du portefeuille vont représenter entre 40 et 55% des actifs sous gestion du fonds, avec une présence répétée de certains grands groupes parmi les principales positions du fonds (HDFC Bank, Infosys ou Tata Consultancy).

La hausse depuis le début 2021 a été principalement causée par un mouvement de reprise sur les noms cycliques.

La hausse depuis le début 2021 a été principalement causée par un mouvement de reprise sur les noms cycliques, tandis que les valeurs de haute qualité ont plutôt eu tendance à rester en retrait.

En tête des performances sur 5 ans, un produit du gestionnaire indien UTI Mutual Fund. Ayay Tyagi (gestionnaire du fonds UTI India Dynamic Equity) a une approche davantage basée sur les petites et moyennes capitalisations (40% des actifs sous gestion). "Nous privilégions une exposition sur des valeurs de haute qualité, qui ont la possibilité de continuer à afficher une croissance stable et prévisible de leur activité dans toutes les conditions économiques", avec une préférence pour le secteur financier et la santé. "L’Inde affiche un retard important dans les dépenses de médicaments, et la croissance dans ce segment devrait être extrêmement rapide dans le futur".

Secteurs

Jinesh Gopani, (gestionnaire du fonds Schroders ISF Indian Opportunities) apprécie également le secteur financier. "Nous sommes conscients du risque à court terme (hausse des créances douteuses), mais les institutions financières dans lesquelles nous investissons ont des ratios financiers sains et suivent des procédures strictes de contrôle des risques".

Amit Goel (gestionnaire du fonds Fidelity Funds – India Focus Fund) souligne que l’absence de confinement au niveau national devrait permettre de limiter l’impact économique de cette nouvelle vague. "La bonne nouvelle est que le système financier est en meilleure santé par rapport à l’année dernière".

Prashant Kothari (gestionnaire du fonds Pictet – Indian Equities) indique également que l’amélioration de la situation sanitaire aux États-Unis devrait être favorable pour les perspectives des groupes technologiques indiens. Il s’attend à un scénario relativement similaire à celui de la première vague, avec de grandes entreprises aux bilans sains qui devraient mieux s’en sortir. "Et c’est justement dans ce type de sociétés que nous investissons".

Correction

Les gestionnaires estiment que, comme lors de la première vague de 2020, les valeurs de qualité devraient à nouveau mieux performer que les sociétés cycliques fortement axées sur l’économie domestique.

Le marché boursier indien reste toutefois un marché domestique, les entreprises cotées réalisant 75% de leur chiffre d’affaires en Inde. Et la valorisation reste relativement élevée en raison des perspectives de croissance solide de l’économie indienne sur le long terme.

"La principale cause d’inquiétude pour les actions indiennes serait toutefois une augmentation rapide des cours des matières premières."
Ayay Tyagi
Uti Mutual Fund

Pour Ayay Tyagi (UTI Mutual Fund), la principale cause d’inquiétude pour les actions indiennes serait toutefois un renchérissement rapide des matières premières, car le pays est un grand importateur de ressources naturelles. "Ceci provoquerait une hausse rapide de l’inflation et des taux d’intérêt, et serait néfaste pour les cours boursiers". Il souligne aussi que la deuxième vague va surtout impacter les entreprises endettées actives sur des zones du marché soumises à une forte concurrence.

Les gestionnaires estiment aussi qu’il faut rester à l’affut d’une correction du marché indien. "Les investisseurs doivent utiliser les baisses des cours pour participer agressivement aux perspectives de croissance à long terme du marché indien", souligne Jinesh Gopani (Schroders).

"Nous restons positionnés sur les perspectives à moyen et long terme de l’économie, car nous restons convaincus par les fondamentaux du marché, notamment la forte croissance démographique, l’urbanisation rapide et la hausse de la main-d’œuvre qualifiée", souligne Amit Goel (Fidelity). "Nous chercherons à profiter des phases de correction pour entrer à bon prix sur des sociétés de qualité".

Fonds

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