Les fonds de mines d'or ne sont pas un refuge en temps de crise

Malgré la réputation du métal jaune en tant que valeur refuge, investir dans les fonds de mines d’or reste très risqué.

Depuis le début de l’année, le prix de l’or a connu d’importantes fluctuations. Le 9 mars, son cours a atteint un pic, juste sous les 1.700 dollars l’once, suivi par une forte correction et un nouveau rebond. Mais le record de 1.700 dollars n’a plus été atteint. Les mesures annoncées par la banque centrale américaine en début de semaine ont provoqué une remontée du cours, mais les fonds exposés aux producteurs de métaux précieux affichent des pertes importantes depuis le début de l’année. Le rendement moyen des 11 fonds commercialisés en Belgique est passé en deux semaines de -3% à -13%.

0,6%
Performance
La performance annualisée sur cinq ans des fonds investis en or

Les mines d’or sont moins immunisées que le prix du métal jaune lors des phases de correction dans des circonstances de marché où tous les secteurs sont vendus sans distinction. Le secteur des mines d’or est traditionnellement un investissement plus risqué que le marché dans son ensemble, avec une performance annualisée sur cinq ans qui atteint 3,5%, en dépit d’une progression moyenne de 42% engrangée en 2019. La volatilité de ce segment est une autre indication que ce segment est à réserver aux investisseurs avertis. La volatilité moyenne sur les trois dernières années est supérieure à 21%, soit un niveau deux fois plus élevé que les meilleurs des fonds investis en actions belges. 

Concernant cette classe de fonds, il faut tout d’abord signaler qu’ils sont exposés sur un nombre relativement limité de positions (en moyenne 42) avec une capitalisation boursière des différentes lignes tournant entre 4 et 5 milliards de dollars. Nous sommes donc dans des capitalisations moyennes, ce qui implique que les grands noms du secteur (NewMont, Barrick Gold ou Agnico Eagle) se retrouveront quasi systématiquement dans les 10 principales positions des portefeuilles. Enfin, les actifs sous gestion sont très largement exposés sur le marché canadien, où l'on trouve de nombreuses sociétés actives dans l’exploration minière.

Fusions

Pour s’exposer sur un éventuel rebond du secteur, il existe plusieurs produits qui présentent des caractéristiques attractives. Le premier est certainement le fonds Investec  GSF – Global Gold Fund, un produit géré par George Cheveley depuis plus de 20 ans, qui affiche la meilleure performance annualisée sur des horizons de trois et cinq ans. "Nous maintenons des modèles sur 80 producteurs d’or, que nous valorisons selon différentes méthodes, pour arriver à un portefeuille d’une trentaine de lignes. La qualité des équipes dirigeantes est à ce titre cruciale dans notre processus de sélection."

Il souligne qu’un facteur de soutien restera la tendance des grands joueurs à consolider le secteur. "Le secteur des producteurs d’or a sous-performé substantiellement le cours de l’once d’or depuis la crise financière de 2008, tandis que la baisse des capitalisations a sorti le secteur de l’attention des investisseurs généralistes. Après les fusions entre Barrick et Randgold et entre Newmont et Goldcorp, je pense que cette tendance devrait se poursuivre en 2020 et présentera des opportunités attractives pour les investisseurs actifs."

Attendre le rebond

Chez Schroders, qui occupe la deuxième place sur trois ans avec Schroders ISF – Global Gold, Michael Matthew (Product Director Commodities) souligne que la gestion du produit est naturellement active, avec toutefois la possibilité de détenir des liquidités et même de l’or physique. "Au vu de la volatilité ambiante, nous avons utilisé ces mesures de protection à court terme. À plus long terme, les politiques mises en place ces derniers jours au niveau des banques centrales vont probablement faire grimper le métal jaune vers de nouveaux records durant les prochains trimestres."

Michael Matthew  souligne également qu’il n’y a aucun problème opérationnel qui justifierait que les mines d’or soient particulièrement touchées par le mouvement baissier. La Chine devrait progressivement reprendre une activité normale, tandis que la baisse des cours pétroliers (un des principaux facteurs de coûts pour les mines) devrait soutenir les résultats. Le niveau de rentabilité des producteurs d’or reste élevé, avec des flux de trésorerie disponibles (free cash flow) extrêmement élevés. "Nous attendons une hausse des versements aux actionnaires dans le courant de l’année, avec un écart de performance avec l’or physique qui devrait se réduire lorsque l’environnement se normalisera."

Tendance positive

Amundi Funds – CPR Global Gold Mines a affiché une des meilleures performances depuis le début de l’année, tout en figurant également parmi les fonds les mieux notés sur toutes les échéances. Arnaud du Plessis (gestionnaire du fonds) souligne que le "statut d’actif risqué des mines d’or ne les a pas aidés dans la crise actuelle", avec des niveaux de valorisation qui sont aujourd’hui retombés vers des niveaux très attractifs. "À moyen terme, la tendance demeure résolument haussière sur le cours du métal jaune, et l'objectif de 1.700 dollars par once reste plus que jamais d’actualité."

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