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Les fonds mixtes ouvrent tout grand les robinets des actions

Les fonds mixtes permettent à leur gestionnaire d’investir en actions, en obligations ou dans d’autres instruments financiers.

Les fonds qui laissent beaucoup de liberté au gestionnaire s’en tirent particulièrement bien dans l’environnement de marché actuel: le robinet des actions est grand ouvert, et le cash occupe une place de choix, en remplacement des obligations.

Les fonds mixtes – ou multiactifs – permettent à leur gestionnaire d’investir en actions, en obligations ou dans d’autres instruments financiers. Cette catégorie est de loin la plus populaire en Belgique, avec 121 milliards d’euros d’actifs sous gestion, ce qui représente près de la moitié des capitaux investis dans des fonds par nos compatriotes.

Les fonds mixtes sont généralement classés en quatre grandes catégories, en fonction de leur profil de risque. Les fonds défensifs limitent le pourcentage d’actions à 35%. Dans les fonds à profil neutre, ce pourcentage varie entre 35 et 60%, et dans les fonds mixtes dynamiques, entre 65 et 85%. Il existe une quatrième catégorie où le gestionnaire dispose d’une liberté totale, avec la possibilité d’investir de 0 à 100% en actions.

De nombreux fonds amiraux de petites maisons actives dans notre pays font partie de cette catégorie, comme les fonds BL Global Flexible de Banque de Luxembourg Investments, Flossbach von Storch Opportunities II ou R-Co Valor de Rothschild & Co. Plusieurs de ces fonds ont obtenu trois couronnes de l’Echo, ce qui représente la note maximale et indique que le fonds a non seulement affiché de bons résultats au cours des cinq dernières années, mais surtout que ces résultats étaient réguliers. Nous avons interrogé les gestionnaires à propos de la composition de leurs fonds. Nous avons retenu trois éléments frappants.

1. Actions, en avant toute!

Aujourd’hui, presque tous les gestionnaires de fonds surpondèrent les actions. Dans la plupart des fonds, elles représentent même plus de 80% du portefeuille. Chez Flossbach von Storch Multiple Opportunities II, le poids des actions est aujourd’hui de 82%, soit le plus haut pourcentage de l’histoire du fonds. «Nous pensons que les actions continueront à générer des rendements attractifs à long terme. C’est certainement le cas dans un environnement de taux bas – ce qui devrait encore être le cas pendant un certain temps – même si l’inflation a repris», explique Bert Flossbach.

Fonds

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Le supplément Fonds, ce mercredi 17/11, gratuit avec L'Echo.

Même son de cloche chez Sépiam, où l’on joue aussi à fond la carte des actions. Sépiam est un gestionnaire patrimonial français indépendant dont l’actionnariat est franco-belge. Dans notre pays, Sépiam propose un fonds flexible qui investit dans des fonds de tiers. Il compte aujourd’hui 80% d’actions. «Nous estimons que la hausse qu’ont connue les marchés d’actions depuis mars 2020 est justifiée si l’on tient compte des bénéfices des entreprises. Et le contexte reste intéressant pour les actions, car nous nous attendons à ce que la croissance se poursuive. Bien entendu, l’inflation reprend, mais elle devrait revenir à un niveau plus modeste en 2022», estime le cofondateur de Sépiam, Sébastien Lippens.

BlackRock Global Allocation – un fonds qui ne s’est fixé aucune limite, mais qui se comporte comme un fonds neutre – investit aussi davantage en actions, dont le poids représente aujourd’hui 62% du portefeuille. «Le gestionnaire est positif envers les actions, car il s’attend à ce que la croissance économique poursuivre sur sa lancée en 2022 et à ce que les taux réels restent bas, voire négatifs, malgré la crainte inflationniste. Les consommateurs sont aussi en grande forme, disposent de nombreuses liquidités et l’emploi reste à un niveau élevé», explique Stephan Desplancke.

Guy Wagner de BL Global Flexible voit d’autres facteurs positifs pour les bourses. «Les entreprises rachètent de plus en plus leurs propres actions ou augmentent leur dividende», explique-t-il. «En outre, nous pouvons nous attendre à une vague de fusions et d’acquisitions, ce qui est également positif pour les marchés boursiers.»

«Le rachat d’actions propres ou l’augmentation du dividende soutient le cours boursier.»
Guy Wagner
BL Global Flexible

R-Co Valor de Rothschild & Co investit aujourd’hui 86% en actions. «Ce pourcentage élevé d’actions n’est pas nouveau. Aujourd’hui, il n’y a pas d’autre alternative. En plus de la bonne santé de l’économie et des bons résultats des entreprises, la politique des banques centrales et les plans de relance restent favorables», peut-on entendre. Même si Rothschild met en garde: «Après la reprise rapide, nous restons vigilants, car le cycle économique pourrait se retourner. La normalisation de la politique monétaire des banques centrales, la crise sanitaire qui reste préoccupante et la hausse des prix des matières premières peuvent peser sur la croissance économique mondiale et sur l’optimisme des investisseurs», ajoute Quentin Piloy.

Aujourd’hui, Capfi Delen Asset Management surpondère aussi les actions dans son Flexible Dynamic Fonds, mais se montre néanmoins plus prudent. «Notre prudence s’explique par l’inflation, les tensions géopolitiques et le variant delta du coronavirus. Nous restons cependant légèrement surpondérés en actions vu que ces dernières sont la seule classe d’actif à l’abri de l’inflation», estime-t-on chez Capfi Delen.

2. Les obligations sont souvent aux abonnés absents

À cause des taux particulièrement bas, de nombreuses maisons de fonds boudent les obligations. «Elles ne sont plus intéressantes. Ces dernières années, les taux d’intérêt sont tombés à zéro et les obligations ont suivi. Ceux qui cherchent un bon rapport qualité/prix ne le trouveront pas dans les obligations», explique Bert Flossbach.

De même, R-Co Valor ne détient plus d’obligations. «En réalité, c’est le cas depuis dix ans», explique Quentin Piloy. «Nous estimons que la prime de risque des actions est plus intéressante que celle des obligations.» Même son de cloche chez Sépiam Global Flexible. «À l’heure actuelle, nous ne possédons aucune obligation souveraine ou obligation d’entreprise solvable, car elles ne sont pas intéressantes. Mais nous n’excluons pas de miser stratégiquement sur ce secteur, par exemple sur l’Italie, après les récentes hausses de taux.»

Aujourd’hui, le volet obligataire du fonds BL Global Flexible ne dépasse pas 6%. «Nous utilisons des obligations souveraines à très longue échéance pour réduire la volatilité de nos participations en actions. Les faibles rendements obligataires ne permettent plus au papier de qualité de jouer son rôle d’amortisseur dans les portefeuilles diversifiés», explique Guy Wagner. «Les seules exceptions sont les bons du Trésor américain à longue échéance qui disposent d’un potentiel de hausse en cas de ralentissement de l’économie américaine.»

«Parmi les obligations souveraines, nous avons surtout augmenté le poids des obligations liées à l’inflation.»
Günter van Rossem
Orcadia Asset management

Certains gestionnaires de fonds jouent cependant encore la carte des obligations. Capital Group réussit à obtenir de bons résultats avec son Global Allocation Fund. Le fonds, qui comptabilise 1,7 milliard de dollars d’actifs, est géré sur la base d’une approche multi-manager, ce qui signifie que six gestionnaires différents s’occupent chacun d’une partie du fonds. Quatre gestionnaires peuvent investir aussi bien en actions qu’en obligations, tandis que les deux autres ne peuvent investir qu’en obligations. Chacun d’entre eux investit de manière totalement autonome, selon ses convictions. Grâce à cette approche, le fonds vise trois objectifs: croissance à long terme, préservation du capital et revenu stable. Les obligations peuvent aider à atteindre ces objectifs et représentent aujourd’hui 31% du portefeuille.

«En mars 2020, elles représentaient même 38% du fonds, ce qui a joué en sa faveur au moment de l’éclatement de la crise du coronavirus. Mais depuis lors, nous avons augmenté la part des actions et nous nous retrouvons à nouveau avec une moyenne de 31% d’obligations», explique Investment Director Julie Dickson. «Nous avons cependant modifié la composition de notre portefeuille obligataire. Avec l’intention de la banque centrale américaine d’augmenter les taux à deux reprises en 2023, nous avons réduit notre sensibilité aux taux. En outre, nous avons augmenté notre exposition aux obligations souveraines chinoises. Leur faible corrélation avec les obligations souveraines de pays occidentaux et la stabilité de la devise en font un investissement intéressant», poursuit-elle.

Le fonds Protea Orcadia Global Sustainable Balanced reste lui aussi adepte des obligations, même si leur poids relatif est retombé sous le niveau habituel d’un fonds neutre au cours des cinq dernières années. «Nous avons systématiquement réduit la part des obligations d’entreprises que nous trouvons de moins en moins intéressantes. Parmi les obligations souveraines, nous avons surtout augmenté le poids des obligations liées à l’inflation, qui représentent près de 30% de notre portefeuille obligataire depuis le deuxième trimestre de cette année», explique Günter Van Rossem d’Orcadia Asset Management.

«Les liquidités servent de matelas de sécurité ou comme amortisseur.»
Stephan Desplancke
blackrock Global Allocation

3. Le cash est roi

Au lieu d’investir dans les obligations, de nombreux gestionnaires préfèrent conserver des liquidités. Le pourcentage moyen de cash dans les fonds flexibles se monte à 12,3%, ce qui est beaucoup pour un fonds mixte. «Le cash nous permet de réduire le risque du portefeuille et de réagir rapidement lorsque nous détectons des opportunités de placement sur les marchés d’actions. En 2020, ce fut très clair: notre position nette en actions était retombée à 70%, soit son plus bas niveau en dix ans. Grâce aux liquidités, nous avons pu rapidement augmenter à 90% notre exposition aux actions», confie Piloy.

À l’heure actuelle, BlackRock Global Allocation détient encore beaucoup de cash en portefeuille, c’est-à-dire pas moins de 22% du fonds. «Depuis plusieurs années, les obligations offrent de moins en moins de diversification, car leur rendement est nul ou négatif, et carrément négatif à la moindre hausse de taux. C’est ce qui explique que le gestionnaire préfère conserver des liquidités comme matelas de sécurité ou comme amortisseur», justifie Desplancke.

"La répartition traditionnelle 60/40 est morte et enterrée"

Il y a quelques années, le gestionnaire de patrimoine Comgest a lancé un fonds flexible dont l’objectif était d’offrir une alternative aux fonds mixtes classiques, qui investissent 60% en actions et 40% en obligations. «Au cours des dernières décennies, les investisseurs ont pu obtenir de beaux rendements, tant grâce aux actions qu’aux obligations "sûres". Aux taux actuels, ce n’est plus le cas des obligations et, hélas, il n’existe pas d’alternatives intéressantes. Les alternatives disponibles présentent en effet d’importants inconvénients, dont leur manque de liquidité. C’est ce qui explique que notre fonds flexible soit surpondéré en actions, dont une partie est couverte au moyen de produits dérivés, ce qui nous permet, grâce à ce rendement asymétrique, de nous rapprocher du portefeuille classique 60/40», explique Lodewijk van der Kroft de Comgest. «Notre stratégie Global Flex vise à limiter les baisses à un maximum de 15% et à conserver la volatilité en dessous de 8% par an», conclut van der Kroft.

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