Les opérateurs boursiers réputés pour la régularité de leurs dividendes

©© David Zaitz

"Au sein du secteur financier, les banques ont pendant des années été reconnues pour la stabilité de leurs dividendes. Elles ont dû céder ce statut aux opérateurs boursiers", estime William Pang, analyste auprès du gestionnaire patrimonial Capital Group.

Vous estimez que les opérateurs boursiers représentent une bonne opportunité pour les investisseurs. Pourquoi?

William Pang: "Lorsqu’il s’agit de sujets financiers, la une des journaux est souvent occupée par les banques et les assurances. Mais aujourd’hui, un sous-secteur également réputé pour la régularité de ses dividendes est en train de se développer: les opérateurs boursiers. Leurs bénéfices contrastent fortement avec la baisse enregistrée par le secteur financier au sens large, où les banques traditionnelles doivent faire face à des taux très bas et au ralentissement de l’économie mondiale. Ces dernières années, de nombreux opérateurs de bourses – dont le Nasdaq, le London Stock Exchange et le groupe Hong Kong Exchanges and Clearing – ont enregistré une forte hausse de leur cours. Ce sont des sociétés solides, intéressantes tant pour les portefeuilles axés sur la croissance que pour ceux axés sur les revenus. Par ailleurs, ces entreprises bénéficient de seuils d’accès élevés et de marges confortables, sont peu gourmandes en capitaux et disposent d’abondantes liquidités."

Vous évoquez trois piliers de croissance au sein de ces sociétés boursières. Quels sont-ils?

"Primo, nous nous attendons à une hausse des activités boursières. Les marges d’exploitation du secteur s’élèvent en moyenne à 60%. Les futures sont les classes d’actifs les plus importantes et les plus intéressantes. Ces marges élevées exigent peu de capitaux et fournissent des cash-flows équilibrés. Par exemple, sur le plan des échanges, le CME Group, la maison mère du Chicago Mercantile Exchange, est connu pour le négoce de futures. Le deuxième moteur de croissance réside dans les services. Les opérateurs boursiers ne sont pas que des plateformes de négoce, mais aussi des fournisseurs d’infrastructures de marchés. En termes de revenus, le secteur MIP (Market Infrastructure Providers), qui comprend les fournisseurs de données, les dépositaires, les fournisseurs de technologie d’infrastructure et de technologie financière, est de 6 à 7 fois plus important que le négoce. Tertio, nous nous attendons à une prochaine vague de fusions dans le secteur, qui pourrait générer de la croissance."

Certains opérateurs de bourses affichent des valorisations élevées. Selon vous, méritent-ils cette prime et pourquoi?

"Cette prime est selon nous justifiée par les nombreuses transformations réussies par certains exploitants de bourses. Ils disposent ainsi d’abondantes liquidités leur permettant de réaliser des acquisitions stratégiques et sont bien positionnés pour étendre leur position dominante sur les marchés financiers à des secteurs connexes, comme les données et les progiciels. Le London Stock Exchange Group (LSEG) est un exemple d’entreprise ayant connu une forte hausse: il y a peu, l’action se négociait à environ 30 fois les bénéfices attendus, contre 10 fois en 2008. Suite à une série d’acquisitions réalisées au cours des dix dernières années, le LSEG est passé du statut de bourse d’actions régionale à celui de fournisseur mondial de données financières, avec des produits capables de rivaliser avec Bloomberg. L’analyse de données est devenue la principale source de revenus de LSEG. La part du négoce d’actions dans les revenus du LSEG est passée de 80% en 2008 à 42% aujourd’hui."

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