"Nous misons sur l’intérêt croissant du Japon pour la numérisation"

Akira Horiguchi, directeur du fonds d’investissement Capital Group Japan Equity Fund. ©rv

Trois questions à Akira Horiguchi, directeur du fonds d’investissement Capital Group Japan Equity Fund.

En septembre, Yoshihidi Suga a succédé au Premier ministre japonais Shinzo Abe. «Avec le nouveau Premier ministre, des opportunités d’investissement se font jour», déclare Akira Horiguchi, directeur du fonds d’investissement Capital Group Japan Equity Fund.

1. Pourquoi estimez-vous les actions japonaises attrayantes?

Akira Horiguchi: «Avant tout à cause de la stabilité politique du pays. Même si le Premier ministre a changé, sa politique s’inscrira en grande partie dans la continuité de celle de son prédécesseur. Yoshihidi Suga a été chef de cabinet et porte-parole du gouvernement sous le Premier ministre Abe pendant de nombreuses années. Une deuxième raison est la régularité relative des dividendes des entreprises japonaises. Au Japon, les dividendes ont une dimension différente par rapport au reste du monde. Même les banques sont encouragées par le gouvernement à continuer de verser des dividendes, voire à les augmenter. Un troisième facteur est l’investissement étranger. Les attentes des investisseurs étrangers à l’égard des actions japonaises étaient plutôt limitées ces dernières années. Elles le sont toujours, mais n’oubliez pas que pendant les deux premières années du mandat d’Abe, les investissements étrangers ont connu un boom parce qu’il avait suscité de nombreuses attentes. Nous observons une évolution comparable des attentes avec Suga.»

2. Suga a-t-il d’autres priorités sur lesquelles les investisseurs peuvent miser?

Horiguchi: «Suga s’intéresse à la numérisation. Ce segment avait déjà un poids important dans notre portefeuille, mais nous l’avons encore augmenté après sa nomination. Avant l’éclatement de la pandémie, le Japon était sous-investi dans la numérisation et à la traîne par rapport au reste du monde, tant au niveau des services publics que des entreprises. Le grand public s’en est rendu compte lors de la crise du Covid-19. Le télétravail n’a augmenté que de 20%. C’est nettement moins qu’au Royaume-Uni ou aux États-Unis, par exemple. Un autre problème, c’est que les systèmes informatiques japonais sont trop complexes et à forte intensité de main-d’œuvre. Ils manquent de standardisation. La Bourse de Tokyo a récemment connu un incident embarrassant où le trading a dû être interrompu pendant une journée entière à cause d’un dysfonctionnement technique. Suga a fait de la numérisation une priorité, et ce changement de cap offre de nombreuses possibilités

3. La pandémie a-t-elle modifié votre vision des marchés?

Horiguchi: «Je vois cinq grands axes. Primo, la crise a révélé des différences majeures entre les pays et les entreprises en termes de compétitivité. La solidité et la capacité d’adaptation d’une entreprise sont devenues cruciales. Secundo, la pandémie a montré que certaines entreprises avaient plus de valeur qu’on ne le pensait avant la crise. Celles de secteurs tels que les soins de santé, l’hygiène, la technologie, la logistique, l’éducation et l’alimentation ont vu leur valeur de marché augmenter considérablement. Tertio, nous constatons que le Japon prévoit d’importants investissements dans la technologie, qui se traduiront par des changements dans les processus commerciaux, les habitudes de consommation et les loisirs. Nous avons une forte exposition dans ces secteurs. Par ailleurs, les ménages japonais sont connus pour leur taux d’épargne élevé. Le Covid-19 devrait encore renforcer cette habitude, en particulier à cause du vieillissement. Enfin, l’attention portée à l’environnement et à la société ne fera que croître.»

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