Ogeo Fund réclame 500.000 euros à des journalistes et au Vif

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Le fonds de pension Ogeo Fund attaque deux journalistes, le Vif/L’Express et Roularta en justice. Ils réclament 500.000 euros de dommage en réparation d’articles qu’ils estiment être mal recoupés et vérifiés.

Le fonds de pension Ogeo Fund avait prévenu. Il confirme et passe à l’attaque. Dans une citation que nous avons pu consulter, il cite à comparaître devant le tribunal de première instance de Liège les journalistes David Leloup, Tom Cochez, Thierry Fiorilli, le rédacteur en chef du Vif/L’Express et le groupe Roularta (éditeur du magazine) en leur réclamant le paiement d’un dommage évalué à 500.000 euros. Dire que le fonds de pension a peu apprécié une série d’articles rédigés par les précités ne serait qu’un doux euphémisme.

Les articles en question font déjà l’objet de plaintes devant le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) où les plaintes sont toujours pendantes. Les articles visés ont été publiés entre le 29 novembre 2018 et le 8 février 2019 et portent, entre autres, sur la façon dont le fonds de pension aurait "dilapidé les millions des pensionnés liégeois".

Déontologie
Année record pour le CDJ

Le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) a reçu et traité 161 plaintes en 2018. Il a ouvert 77 dossiers d’instruction. C’est un nouveau record. Près d’une plainte sur deux a été jugée irrecevable, faute d’enjeu déontologique.

Cette croissance peut paraître inquiétante. Le CDJ y voit plutôt l’intérêt pour la qualité déontologique de l’information à l’heure où les fake news pullulent. Conséquence de cette inflation: un gros arriéré. Début 2019, 46 des 77 dossiers ouverts en 2018 étaient encore pendants. Le CDJ, qui emploie deux personnes, demande dès lors l’engagement d’un collaborateur en plus.

Dans les grandes lignes, Ogeo Fund reproche aux journalistes d’avoir publié des informations non recoupées et non vérifiées. "En agissant de la sorte, les auteurs de l’article et de la vidéo ont méconnu les règles déontologiques de la profession qui imposent le devoir d’informer dans le respect de la vérité", peut-on lire dans la citation d’Ogeo Fund défendue par Edgard Van der Straeten et Olivier Louppe.

Le fonds de pension reproche également à la rédaction du Vif/L’Express de ne pas avoir rectifié explicitement et rapidement les articles contestés. Dans sa citation, Ogeo Fund estime, entre autres, que "l’affirmation que l’argent des pensionnés liégeois a été dépensé et perdu en frais de restaurants relève exclusivement de la recherche du sensationnel pour produire une vive impression sur le public et ne découle pas d’une enquête journalistique correctement menée de sorte qu’elle constitue un manquement à la recherche et au respect de la vie privée".

"Action grotesque"

De son côté, le journaliste David Leloup, coauteur des articles publiés dans Le Vif, assure que les informations ont bel et bien été recoupées. "Nous sommes blindés, nous avons envoyé des questions précises auxquelles ils n’ont pas jugé bon de répondre, ils nous ont snobés. Je trouve cette action grotesque", nous a expliqué David Leloup qui précise avoir travaillé sur la base de documents. "Deux mois avant la publication des premiers papiers, ils m’ont montré les documents qu’ils avaient, nous avons contacté tout le monde, tous n’ont pas répondu", a pour sa part expliqué Thierry Fiorilli, le rédacteur en chef, qui évoque "une action étonnante dans le chef d’Ogeo Fund".

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