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Quels sont les fonds gagnants du premier semestre?

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Retour en force des fonds d’actions américaines et technologiques dans le classement des fonds les plus performants au premier semestre.

Alors que les fonds obligataires avaient dominé le classement des meilleures performances à la fin de l’année dernière, le premier semestre a vu le retour en force des fonds investis en actions. Ils trustent la quasi-totalité des 100 premières places du classement, avec une performance moyenne qui a dépassé 25%. Dans le domaine des fonds mixtes, l’épargne-pension a enregistré un redressement net de ses encours, et a déjà effacé les pertes encaissées au deuxième semestre 2018. À l’inverse, les fonds flexibles ont continué de subir une décollecte sensible, les investisseurs poursuivant leurs arbitrages en sortant de produits moins performants, notamment vers les fonds mixtes qui proposent le versement régulier d’un rendement attractif.

Pour réaliser ce classement, nous avons repris les performances (arrêtées au 26 juin sur base des chiffres publiés par Morningstar) pour des fonds de capitalisation commercialisés auprès du grand public, libellés en euro ou en dollar, et dont les actifs sous gestion dépassent 10 millions d’euros. Nous n’avons retenu que le meilleur fonds de chaque gestionnaire sur une classe d’actifs. Voici les principaux enseignements à tirer de ce bilan semestriel.

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1) Les grands pays gagnants

Les fonds des grands blocs économiques sont revenus en force en tête du classement, avec notamment un cinquième du contingent en provenance du marché américain et neuf fonds de Chine (dont sept sur les A-shares cotées sur le marché domestique). La guerre commerciale entre les deux pays ne semble donc pas avoir trop refroidi les investisseurs durant le premier semestre. L’Europe place également une quinzaine de produits dans le classement, tandis que la Russie (7) et les fonds en actions internationales (12) sont également bien représentés.

à l’inverse, les fonds flexibles ont continué de subir une décollecte sensible.

2) Les émergents et l’obligataire perdants

À l’inverse, les fonds globaux ou régionaux émergents sont quasi-totalement absents du classement, à part quatre fonds exposés à l’Europe émergente, dont les performances sont traditionnellement fortement liées avec celle du marché russe. Parmi les autres absents, nous pouvons également noter les fonds obligataires (qui représentaient plus de 50% du top 100 en 2018) ainsi que le secteur de la santé, pourtant habitué à figurer parmi les meilleures positions ces dernières années.

3) Techno is back

Fortement malmenés à la fin de 2018, les fonds technologiques ont fait leur grand retour vers les sommets du classement. Le secteur reste un des rares qui dispose encore d’importantes réserves de croissance pour les prochaines années. Dans un contexte de taux bas, les investisseurs ont clairement fait le pari qu’un effondrement des valorisations n’est pas encore à l’ordre du jour.

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4) Distinction des fonds thématiques

La grande nouveauté de ce classement est l’apparition de très nombreux fonds thématiques parmi les meilleures performances du premier semestre, notamment pour des stratégies qui n’affichent encore que quelques trimestres d’existence. Outre trois fonds spécialisés en infrastructure et en écologie, nous avons également vu des bonnes performances trimestrielles pour trois fonds Fintech, deux fonds Impact, deux fonds Intelligence artificielle, plus encore quelques produits spécialisés sur l’économie digitale, les tendances disruptives ou la robotique.

5) Performances des mines d’or

Les incertitudes politiques ont provoqué un mouvement haussier du cours de l’or, qui a généré une performance remarquable pour les fonds investis dans les mines d’or. Ce segment est toutefois relativement coutumier de bonnes performances (par exemple au premier semestre 2016) pour s’écrouler par la suite tout aussi rapidement. La performance annualisée des 6 fonds repris dans notre échantillon (1,6%) rappelle que les mines d’or sont rarement un secteur à détenir pour le long terme.

Les fonds mixtes trèsflexibles performent mieux

La performance de notre échantillon de grands fonds flexibles a également été soutenue, avec une progression moyenne de 8,3% durant les six premiers mois de 2019. Sans surprise, ce sont les produits qui peuvent s’exposer lourdement aux marchés boursiers (comme R-co Valor, Flossbach von Storch Multiple Opportunities ou NN Patrimonial Agressive) qui ont engrangé les plus belles performances, tandis que les fonds plus défensifs sont restés à la traîne. Malgré les bonnes performances, les actifs sous gestion de notre échantillon ont encore reflué de plus de 4,5 milliards d’euros depuis le début 2019. Ceci porte à plus de 21 milliards d’euros les sorties enregistrées durant les 12 derniers mois.

Les investisseurs font aujourd’hui plus d’arbitrage entre les différents fonds flexibles. Alors que les fonds de Flossbach von Storch, JPMorgan AM, Rothschild AM ou NN IP ont enregistré une progression de leurs actifs sous gestion durant les 12 derniers mois, l’hémorragie a continué de toucher les produits de Carmignac, BlackRock, Ethenea, Nordea, Invesco, DNCA ou M & G.

Les arbitrages se font également de plus en plus vers les fonds mixtes de type income. L’objectif de ces produits étant de protéger le capital tout en dégageant un rendement attrayant (autour de 4,5%), les écarts de performance entre les différents produits sont beaucoup plus faibles (car investis sur des actifs à rendement), avec moins de risque de parier sur le mauvais cheval. Comme pour les produits d’épargne-pension, les encours des 10 produits de notre échantillon sont remontés à leur niveau atteint à la fin du premier semestre 2018.

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Rebond de l’épargne-pension

Les 16 fonds d’épargne-pension ont gagné 9,2% en moyenne depuis le début de l’année, avec une progression supérieure à 10,6% pour les produits les plus dynamiques. Ce bon début d’année a permis de redresser sensiblement la barre après une fin d’exercice 2018 qui avait vu l’ensemble des fonds terminer sur une performance très négative. Mieux encore, les encours ont nettement rebondi pour se rapprocher à nouveau des 20 milliards d’euros.

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