Retour en grâce pour les fonds flexibles

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Plusieurs grands fonds flexibles ont bien tiré leur épingle du jeu lors des phases de forte volatilité.

À la suite de la crise de 2008, les fonds flexibles étaient rapidement devenus les placements préférés des investisseurs belges. Les stratégies les plus défensives (comme Carmignac Patrimoine ou Ethna-Aktiv) ont profité pendant plusieurs années de la compression des rendements obligataires pour dégager des performances attractives et attirer les investisseurs. Ces derniers se sont ensuite progressivement tournés vers des stratégies plus agressives (comme R-co Valor ou Flossbach von Storch Multiple Opportunities) lorsque les produits majoritairement obligataires ont commencé à peiner.

Performance

Une partie des clients s’est également tournée vers des stratégies davantage basées sur la distribution d’un revenu régulier (comme JP Morgan Global Income). Enfin, les fonds d’épargne-pension avaient également démontré ces dernières années que l’écart de performance par rapport aux fonds flexibles était parfois très marginal.

La crise du mois de mars a toutefois remis les montres à l’heure, et démontré de manière éclatante les avantages de ces stratégies flexibles, avec une performance moyenne de -4,8% pour les produits de notre échantillon, tandis que plusieurs fonds affichaient à fin mai une performance pratiquement à l’équilibre depuis le début de l’année.

-4,8%
.
La performance moyenne des fonds diversifiés de notre échantillon depuis le début de l'année.

À l’inverse, les fonds d’épargne-pension ont encaissé un recul moyen de -9,1% (soit -9,5% pour les fonds dynamiques et -5,3% pour les fonds prudents), contre une baisse de -9,2% pour les grands fonds flexibles à rendement.

Volatilité

Pour l’essentiel, cette performance s’explique par la capacité des gestionnaires à avoir abordé prudemment l’exercice 2020, et d’avoir rapidement couvert l’exposition au risque des portefeuilles lorsque la volatilité a fortement augmenté durant le mois de mars. Chez Banque de Luxembourg Investments, Guy Wagner souligne ainsi que le niveau de liquidités était très élevé (autour de 30%) au début 2020. "Nous avons profité du mouvement de baisse pour augmenter son positionnement sur les actions, en prenant des nouvelles lignes sur des titres comme Johnson & Johnson, Straumann ou Christian Hansen." Le fonds conserve des protections avec une exposition nette sur les bourses qui tourne autour de 40% des actifs sous gestion.

"Nous avons profité du mouvement de baisse pour augmenter notre positionnement sur les actions, en prenant des nouvelles lignes sur des titres comme Johnson & Johnson, Straumann ou Christian Hansen."
Guy Wagner
Gestionnaire du fonds BL-Global Flexible

Pour sa part, Carmignac Patrimoine a retrouvé un peu de crédit, avec une performance pratiquement à l’équilibre. "Nous sommes toujours dans le même schéma depuis la mi-mars, avec des marchés boursiers qui sont relativement incertains, ce qui ne nous incite pas à modifier notre exposition, qui sont actuellement autour de la moitié de leur exposition potentielle, soit 25% pour Carmignac Patrimoine", indique Didier Saint-Georges (Carmignac).

Pour les gestionnaires des deux meilleurs fonds de 2020, les dégâts économiques de la crise actuelle ne se reflètent pas dans les valorisations. Guy Wagner souligne toutefois que "les banques centrales disposent encore de moyens quasi illimités pour supporter les marchés. Il faut se rendre compte qu’elles ne sont pas disposées à autoriser des corrections massives sur les cours des actifs financiers".

Value ou croissance

Les écarts de performance entre les différents fonds de la catégorie sont notamment dus à une approche différente sur les portefeuilles d’actions, davantage axée sur la value chez DNCA Eurose ou M&G Dynamic Allocation, tandis que BL-Global Flexible ou FvS Multiple Opportunities auront des expositions sectorielles privilégiant davantage la technologie, la consommation, les mines d’or ou la santé, des segments boursiers qui ont affiche des performances soutenues au sortir de la crise du mois de mars. Ces deux derniers produits ont d’ailleurs été les seuls à voir leurs encours progresser depuis le début de l’année.

©Mediafin

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