Saker Nusseibeh (Federated Hermes): "En vendant des actions pétrolières, je n'empêche pas la mer de monter"

Pour Saker Nusseibeh, la situation environnementale "est plus grave que ce que la plupart pensent". ©Marcus Rose/Panos Pictures

"La responsabilité des maisons de fonds ne se limite pas à faire fructifier l’épargne-pension des citoyens. Elles doivent aussi veiller à ce que le système soit encore viable dans 50 ans et à ce que les seniors puissent jouir de la même qualité de vie qu’aujourd’hui", explique Saker Nusseibeh, le patron européen de Federated Hermes, pionnier de l’investissement durable.

La société britannique Hermes a vu le jour en 1985 en tant que gestionnaire du fonds de pension de British Telecom. Elle a conservé son ADN d’investisseur à long terme, y compris après avoir été rachetée en 2018 par la firme américaine Federated. Au moment de la reprise, Federated a qualifié Hermes de "leader mondial des investissements durables" et misait particulièrement sur cette expertise. Aujourd’hui, la maison gère des dizaines de fonds, dont une vingtaine sont enregistrés en Belgique.

Saker Nusseibeh, qui dirige les activités internationales du groupe fusionné, est la personnification de cette vision à long terme. En 2011, après la crise financière, il a créé le 300 Club, un groupe de dirigeants de l’industrie des fonds qui jettent un regard critique sur le secteur et qui, selon leurs propres dires, osent poser les questions qui dérangent sur son fonctionnement. "J’étais mécontent que nous, maisons de fonds, ne soyons pas intervenues à la veille de la crise financière et que nous n’ayons pas tiré la sonnette d’alarme au moment où c’était encore possible. Le 300 Club a été mis sur pied pour éviter la répétition d’une telle crise et pour apporter de la durabilité au sein du secteur", poursuit Nusseibeh.

«La vie consiste à servir les autres. Nous ne sommes pas là pour prendre, mais pour donner.».
Saker Nusseibeh
Federated Hermes

Ce Palestinien de 60 ans, qui a mis sur pied en 2005 les activités américaines de Fortis Investments, applique sa vision dans tous les aspects de la gestion de l’entreprise. Le système de bonus des collaborateurs ne dépend pas uniquement de leurs résultats, mais aussi de leur comportement. "Nos collaborateurs doivent prêter serment et s’engager à défendre les intérêts de toutes les parties prenantes." Pour Nusseibeh, la vie consiste à servir les autres. "C’est ainsi que les grandes réalisations de ce monde ont été accomplies. Nous ne sommes pas là pour prendre, mais pour donner. Alors, les choses viendront à vous."

La preuve en a été donnée à la fin de l’an dernier, lorsque le magazine Funds Europe a élu Nusseibeh personnalité européenne de l’année dans le secteur des fonds, grâce à sa contribution aux investissements durables. Nusseibeh dévoile parfois sa personnalité en mettant ses concurrents au pied du mur. L’an dernier, il a écrit une lettre ouverte à Larry Fink, le patron du géant des fonds BlackRock, qui avait déclaré dans son rapport annuel vouloir jouer à fond la carte de la durabilité et provoquer un changement radical dans le secteur. Nusseibeh a écrit qu’il se félicitait de l’initiative de BlackRock, ajoutant malicieusement que certaines maisons de fonds investissaient durablement depuis des dizaines d’années. "Je n’ai reçu aucune réponse à ma lettre", raconte Nusseibeh en riant.

Si vous regardez autour de vous dans le secteur des fonds, croyez-vous que tout le monde s’occupe d’investissements durables?

Saker Nusseibeh: «En fait, tout dépend de votre définition de l’investissement durable. Aujourd’hui, le secteur a compris que les critères ESG (Environnement, Société et Gouvernance, NDLR) avaient un grand potentiel commercial. Ils pensent investissement et ESG et à la façon de les combiner pour construire un bon produit.

"Toutes les maisons de fonds veulent embrasser les arbres. Nous nous en réjouissons, mais la plupart des maisons de fonds ont encore beaucoup de pain sur la planche pour être durables."

Je me réjouis que toutes les maisons de fonds aient pris le train de la durabilité, mais elles sont encore loin du compte. Car pour y arriver, elles doivent comprendre qu’il n’y a aucune différence entre investir et intégrer les critères ESG. Les investissements doivent toujours appliquer les critères ESG. Un point c’est tout."

Que voulez-vous dire exactement?

"Aujourd’hui, tout le monde veut embrasser les arbres, y compris les maisons de fonds. Nous nous en réjouissons, mais la plupart d’entre elles ont encore beaucoup de pain sur la planche si elles veulent être durables. L’investissement durable se limite encore trop souvent à des labels, à des critères que l’on coche sur une liste. En tant que gestionnaire de fonds, je peux par exemple expliquer que j’ai réduit mon empreinte carbone en vendant des actions de grandes sociétés pétrolières. Mon score ESG s’en trouve indubitablement amélioré. Mais quelque chose a-t-il changé? Est-ce que le niveau de la mer cessera pour autant de monter? Et aurai-je sauvé les Pays-Bas? Non, car ces sociétés pétrolières continuent à extraire du pétrole.

"Si j’investis dans l’entreprise, si je discute avec le management et si je le convaincs de changer les choses, alors je contribue à rendre le monde plus durable."

Mais si j’investis dans l’entreprise, si je discute avec le management et si je le convaincs de changer les choses, alors je contribue à rendre le monde plus durable. J’ai cité l’exemple du pétrole, mais cela vaut pour tous les secteurs. Les fabricants de vêtements émettent aussi beaucoup de CO2. Nous essayons de les convaincre de l’importance du recyclage des vêtements et nous les encourageons à utiliser moins de plastique."

De plus en plus de maisons de fonds semblent pratiquer cet actionnariat actif…

"Chez Hermes, cela fait 15 ans que nous pratiquons l’engagement et le stewardship. Le premier CEO de Hermes était Ralf Quartano. Il est arrivé à la tête de l’entreprise à une époque où personne ne se rendait aux assemblées générales des actionnaires. Lorsque c’était le cas et que quelqu’un posait une question, il s’agissait toujours du dividende. Ralf Quartano a commencé à se rendre aux assemblées générales et à poser des questions sur le comportement de l’entreprise. C’était inhabituel. Il estimait que si vous déteniez des actions, vous étiez responsable du comportement de l’entreprise. Que si une entreprise distribuait en secret des bonus à la direction, vous étiez coresponsable de corruption, car vous n’aviez pas soulevé le problème.

"L’engagement ne se limite pas à compter le nombre de fois où les gestionnaires de fonds votent contre une proposition aux assemblées, mais dépend de la fréquence à laquelle ils réussissent à changer les choses."

Aujourd’hui, nous pratiquons l’engagement à notre manière. Souvent en toute discrétion, sans que personne ne le sache. Pour citer un exemple: nous sommes actionnaires d’un producteur chinois de composants pour smartphones. Nous avons appris que l’entreprise ne traitait pas bien son personnel, ce qui a même entraîné des suicides. Nous avons discuté pendant des années avec cette société et nous lui avons demandé d’améliorer les conditions de travail de son personnel. En coulisses. Au final, les choses ont évolué et l’entreprise a enregistré une hausse de la productivité.

En changeant les choses dans le bon sens, vous obtenez de meilleurs résultats à long terme, et cela profite à l’ensemble de la communauté. L’engagement ne se limite pas à compter le nombre de fois où les gestionnaires de fonds votent contre une proposition aux assemblées, mais dépend de la fréquence à laquelle ils réussissent à changer les choses."

Avez-vous assez de pouvoir pour pousser les entreprises à changer?

"Personne n’a les pleins pouvoirs, et nous pas davantage. La plupart du temps, nous détenons moins de 1% du capital des entreprises. Mais nous représentons tout de même 1.500 milliards de dollars en tant que conseillers de clients institutionnels. Et nous nous sommes forgé une certaine réputation. Les entreprises savent que nous ne changerons pas de cap. Il est très rare qu’elles refusent de collaborer.

Pour citer un exemple: en 2010, le golfe du Mexique a connu une catastrophe pétrolière. À ce moment-là, nous avons discuté avec British Petroleum et nous trouvions que le nettoyage était la priorité numéro un. Cinq ans plus tard, l’entreprise avait tout nettoyé. Cette année-là, le comité de rémunérations s’est réuni pour discuter des émoluments du CEO. Ils ont proposé de diminuer son salaire parce que l’action avait reculé à cause de la baisse du cours du pétrole. Eh bien, nous avons voté contre cette proposition à l’assemblée générale parce que nous estimions que l’entreprise avait tenu ses promesses.

"Si les entreprises constatent que les gestionnaires de fonds ne s’arrêtent pas aux résultats trimestriels, mais visent le long terme, elles accepteront de collaborer."

Si les entreprises constatent que les gestionnaires de fonds ne s’arrêtent pas aux résultats trimestriels, mais visent le long terme, elles accepteront de collaborer. Cela nous donne un certain pouvoir. Attention, ce type d’engagement demande beaucoup de temps, coûte cher et n’apporte pas systématiquement un meilleur rendement financier à court terme, mais nous le faisons parce que nous estimons que c’est la seule bonne façon de procéder.»

Que pensez-vous du "green washing"?

"Les pionniers de l’ESG ne le voient pas d’un très bon œil, car il nuit à l’intégrité des critères ESG. Ce n’est pas mon cas. Je trouve positif que tout le monde ait compris que quelque chose devait se passer. Il est bénéfique que cette problématique se retrouve tout en haut des agendas. On trouve bien entendu aujourd’hui des maisons de fonds qui prétendent être meilleures que ce qu’elles sont réellement, mais un moment donné, elles feront ce qu’il faut."

Est-ce aussi pour cela que vous avez envoyé une lettre ouverte à Larry Fink?

"Je sais que les intentions de Larry Fink sont bonnes. Mais déclarer que l’on veut faire ce qu’il faut n’est pas la même chose que passer à l’acte. S’ils veulent réellement faire ce qu’ils disent, ils doivent davantage nous ressembler. Et ils en ont le pouvoir. M. Fink est une personne très importante. Il parle avec les présidents. Nous sommes petits, je ne parle même pas avec mon bourgmestre!"

L’an dernier, vous avez participé avec Greta Thunberg à une manifestation organisée à Londres en faveur de l’environnement. La crise du covid semble avoir relégué la problématique de l’environnement au second plan. Qu’en pensez-vous?

"Le covid nous a appris une leçon importante. Vous avez beau avoir la plus grande économie du monde, comme les États-Unis – ou la plus longue histoire culturelle comme l’Europe – personne n’est capable de faire face à une catastrophe naturelle comme la crise du Covid-19. Ce type de catastrophe doit nous faire réfléchir davantage à long terme. Les gens l’ont bien compris. Et cette prise de conscience est une bonne chose. Mes enfants sont âgés de plus ou moins 25 ans. Dans 50 ans, ils auront donc plus de 70 ans. Si nous ne faisons rien, la qualité de leur vie sera très mauvaise. Si les gens comprennent que c’est un problème, ils changeront de comportement. Je roule en voiture électrique.

"Que vous croyiez ou non aux enjeux environnementaux, le schéma de consommation évoluera."

À Londres dans dix ans, il ne sera plus possible d’acheter une voiture avec moteur à combustion. Mercedes et BMW ne vendront plus que des voitures électriques. Donc que vous croyiez ou non aux enjeux environnementaux, le schéma de consommation évoluera."

Selon certains prophètes de malheur, nous avons réagi trop tard...

"Écoutez, je peux trouver de nombreux arguments pour justifier d’être pessimiste. Je pense aussi que la situation est plus grave que ce que la plupart pensent. La température est en bonne voie pour augmenter de 3,5°C si nous ne faisons rien. Si le niveau de l’eau monte en Mer Méditerranée, des zones importantes de l’Afrique du Nord seront menacées. La région du delta du Nil en Égypte sera recouverte d’eau de mer. Cette région est la plus importante pour les Égyptiens. Ils connaîtront le même problème en Afrique Centrale. Les grands mouvements migratoires que nous avons déjà vus en Europe ont été en partie provoqués par les problèmes liés à l’eau en Afrique. Je pense que ces mouvements s’amplifieront dans les années à venir. Si nous ne faisons rien, nous connaîtrons d’importants mouvements de population.

Mais bon, je suis optimiste de nature. Et donc je crois que nous pourrons éviter la catastrophe si nous changeons les choses sans attendre. Je constate que les entreprises prennent la situation au sérieux. Et la technologie peut nous aider. Lorsque je discute avec le CEO de DSM, je constate qu’il parle de façon très passionnée de la problématique. Il s’agit de l’avenir de ses enfants et petits-enfants."

Vous avez beaucoup d’expérience dans le secteur des fonds. Quelle est votre plus grande déception jusqu’à présent?

"Il m’a fallu trop de temps avant de comprendre que le marché n’était pas aussi efficient que ce que l’on prétend.

"Quelqu’un achète-t-i une voiture selon un fichier Excel? Non. Les gens ne font pas toujours des choix rationnels. Pourquoi l’économie serait-elle différente?"

J’ai été formé de façon traditionnelle et ce n’est pas une bonne chose. Tout le monde pense que l’économie peut être résumée en modèles et qu’ils sont infaillibles. Mais c’est faux. La principale raison est que les modèles supposent à tort que les gens sont rationnels. Alors que leurs principaux postes de dépense sont une maison et une voiture. Connaissez-vous quelqu’un qui achète une voiture sur la base d’un fichier Excel? Bien sûr que non. Les gens ne font pas toujours des choix rationnels. Alors pourquoi l’économie serait-elle différente?."

L’inefficience des marchés est le terreau de la gestion active. Malgré tout, nous avons vu ces dernières années que la gestion passive gagnait de plus en plus de terrain au détriment de la gestion active.

"Il y a deux raisons qui expliquent pourquoi la gestion active ne s’en sort pas très bien. Soit il s’agit de portefeuilles indiciels déguisés, soit les fonds pratiquent trop le trading. Ils achètent et vendent, mais n’investissent pas sur le long terme.

"La gestion active ne consiste pas à acheter et vendre. Ça, c’est du trading. La gestion active consiste à influencer les entreprises pour les pousser vers le sommet."

Le trading ne marche pas à long terme, sauf pour un petit groupe d’investisseurs.

Pour moi, la gestion active est différente du trading. La gestion active consiste à pousser les entreprises vers le sommet. Et donc je pense que les investissements durables jouent en faveur de la gestion active."

Vu les taux ultra bas, les fonds mixtes – qui investissent 60% en actions et 40% en obligations – ont-ils selon vous encore un avenir?

"La philosophie qui se trouve derrière un portefeuille mixte est que les actions apportent la croissance et les obligations le rendement. Le problème qui se pose aujourd’hui est en effet que les rendements ont quasiment disparu.

"À cause des injections de fonds des banques centrales, les taux et l’inflation sont restés particulièrement bas. Mais cela ne durera pas."

Sauf si nous connaissons une déflation interminable comme le Japon, je crois que les taux recommenceront à monter. Ce que nous avons connu ces dix dernières années a déformé notre vision. À cause des injections de fonds des banques centrales, les taux et l’inflation sont restés particulièrement bas. Mais cela ne durera pas. Prenez les 300 dernières années de notre histoire. Il y aura toujours de l’inflation.

Et donc je trouve que les investisseurs ont intérêt à posséder un portefeuille équilibré. En particulier si leur horizon de placement est de dix ans ou plus. Si vous me demandez si un portefeuille mixte est la meilleure option pour les trois ou quatre ans à venir, je vous dirai que je n’en sais rien. Je n’en ai aucune idée et cette question ne m’intéresse pas. Mais les gestionnaires de fonds ont toujours du mal à dire qu’ils ne savent pas."

Pensez-vous qu’il soit possible d’investir de manière durable via des fonds passifs?

"Il existe des indices durables, qui appliquent un filtre de durabilité supplémentaire aux indices existants. Vous pouvez y investir avec des ETF dits ‘factoriels’. Mais je n’y crois pas. Le passif ne fonctionne que s’il y a un engagement. Uniquement si vous discutez avec les entreprises et que vous apportez des changements. C’est pourquoi je conseillerais à tous les fournisseurs de trackers d’investir dans un département de stewardship qui pousse les entreprises à changer. Bien entendu, dans ce cas, les investissements passifs seront plus chers. Mais je pense que cela en vaut la peine."

Entre-temps, les maisons de fonds mènent un combat difficile. D’une part elles voient leurs coûts augmenter à cause de l’inflation de règlementations, et d’autre part leurs revenus sont sous pression à cause du succès des trackers bon marché. Estimez-vous qu’il est aujourd’hui difficile de gérer une maison de fonds?

"Les maisons de fonds réalisent des marges confortables, de 30 à 40%. Par comparaison: les marges sont de 20% dans le secteur des biotechnologies, de 10% dans le secteur pétrolier et de 3 à 5% dans la grande distribution. Je ne dis pas que les marges sont trop élevées, mais je pense que les maisons de fonds n’ont jamais appris à se battre comme c’est le cas dans les secteurs à faibles marges et à forte concurrence. Les supermarchés doivent se battre depuis des années contre la concurrence des prix. Car c’est ainsi que le monde des affaires fonctionne.

"Pour les maisons de fonds, c’est un peu ‘bienvenue dans le monde réel’."

Pour les maisons de fonds, c’est un peu ‘bienvenue dans le monde réel’. Auparavant, personne ne voulait parler des plates-formes opérationnelles, aujourd’hui tout le monde en parle, parce qu’on veut augmenter l’efficacité. Elles veulent acheter Aladdin – la plate-forme technologique de BlackRock – à M. Fink (il rit). Sur ce plan, Hermes a de la chance. Nous n’étions pas rentables. Nous avons dès le début dû apprendre à gérer différemment."

Vous rémunérez vos collaborateurs sur base d’un système de bonus qui tient compte de leur comportement. Pourquoi?

"Nous voulons que les bonus fonctionnent à long terme. Ils doivent être pertinents, non seulement pour les collaborateurs, mais aussi pour toutes les autres parties prenantes de l’entreprise comme les clients, les fournisseurs, les actionnaires et l’environnement. La moitié du montant des bonus est liée au travail technique, par exemple les rendements à long terme. Mais si vous ne récompensez vos employés que sur cette seule base, ils ne se comporteront pas toujours correctement. C’est pourquoi la seconde partie du bonus est basée sur le comportement. Tous nos collaborateurs ont signé un engagement qui donne les lignes directrices sur la manière dont nous traitons nos clients, dont nous nous comportons avec nos collègues et sur la place qu’occupe la durabilité dans notre entreprise. La conduite qui découle de cet engagement doit nous amener à nous comporter correctement."

Ces bons comportements génèrent-ils de meilleures performances pour les investisseurs?

"Lorsque vous discutez avec les maisons de fonds, elles parlent toujours des milliards d’euros d’actifs qu’elles gèrent. Avec 80.000 milliards de dollars, les maisons de fonds sont les plus gros gestionnaires au monde.

"La réalité, c’est que la plupart des Européens disposeront d’une pension de 15.000 à 20.000 euros par an. Ce n’est pas folichon."

La réalité, c’est que la plupart des Européens disposeront d’une pension de 15.000 à 20.000 euros par an. Ce n’est pas folichon. Les maisons de fonds jouent un rôle important pour augmenter ce montant. Mais ce qui compte encore plus, ce sont les conditions de vie après la retraite. Les seniors auront-ils assez de moyens pour payer leur eau et leurs médicaments, pour bien se nourrir et vivre en sécurité? Cette question est beaucoup plus cruciale pour les maisons de fonds que la hausse de la pension de 50 euros par an."

BIO

Saker Nusseibeh

  • Né en 1961.
  • A commencé à travailler chez Hermes Investment Managers en 2009, d’abord en tant que Head of Investment, et depuis 2011 en tant que CEO.
  • A commencé sa carrière en 1987 chez Mercury Asset Management. A ensuite travaillé dans la filiale britannique de Société Générale AM en tant que CIO of Global Equities. Entre 2005 et 2009, a occupé le poste de Head of Equities chez Fortis Investments.
  • Fondateur du 300 Club, un groupe de dirigeants d’entreprises de l’industrie des fonds souhaitant rendre le secteur plus durable.
  • A été nommé en 2020 personnalité européenne de l’année par Funds Europe. Auparavant, il a été élu CEO de l’année par plusieurs magazines (2015 et 2018).

Fonds

  • Interview avec Saker Nusseibeh (Federated Hermes): "Les maisons de fonds portent une responsabilité écrasante"
  • Copycat : 3 trackers investissant dans les marchés émergents
  • Le long chemin vers l'investissement durable

Le supplément Fonds, ce mercredi 19/5, gratuit avec L'Echo.

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