Ras-le-bol de "Zoomer"

©Celine Gaille

Ces derniers mois, le télétravail s’est généralisé pour les gestionnaires de fonds. Mais dans un métier "people", les nombreuses réunions en ligne peuvent rapidement conduire à un ras-le-bol.

Dans le secteur des fonds, les rencontres en face à face sont importantes. Mais avec la pandémie de coronavirus, les déjeuners et voyages d’affaires ont été remplacés par des réunions à distance. "Avant, les vidéoconférences n’étaient utilisées que s’il n’y avait pas d’autre possibilité. Aujourd’hui, on les utilise même pour ce qui se faisait autrefois par e-mail", explique GianpieroPetriglieri, professeur à l’InseadBusiness School. 

Résultat: nombre de sociétés de gestion de fonds se plaignent d’une certaine fatigue chez leurs gestionnaires, explique Ignites Europe, le site européen du groupe de médias Financial Times. Selon une enquête menée auprès de 214 professionnels des fonds, 44% des personnes interrogées estiment que les réunions par vidéo sont plus fatigantes que les rencontres en face à face.

Nous conseillons à nos collaborateurs de se déconnecter régulièrement et leur offrons la possibilité de travailler en horaire flexible.
Naim Abou-Jaoude
CEO de Candriam

"Les réunions via Zoom sont plus fatigantes parce que nous avons l’impression d’être toujours ‘on’ ", explique Adrian Whelan, du gestionnaire de fonds Brown BrothersHarriman. Gianpiero Petriglieri conseille aux participants de ne pas se regarder lorsqu’ils parlent et donc de couper leur propre caméra. "Beaucoup d’énergie est consacrée à vérifier sa propre apparence à l’écran", explique-t-il.

Plusieurs sociétés de gestion de fonds disent avoir pris des mesures pour y remédier. "Nous entretenons des contacts suivis avec nos managers et collaborateurs. Nous leur conseillons de se déconnecter régulièrement et nous leur offrons la possibilité de travailler en horaire flexible", souligne Naim Abou-Jaoude, directeur général de Candriam.

Club d’œnologie virtuel

Chez Franklin Templeton et AXA Investment Managers également, la flexibilité est devenue le mot d’ordre. Franklin Templeton diffuse par exemple des vidéos informant les collaborateurs sur la manière de rendre leur poste de travail agréable et efficace.

Alliance Bernstein permet à ses collaborateurs de déconnecter leur caméra et de placer des fonds d’écran virtuels pour apporter une touche d’humour. La société de gestion de fonds américaine organise également des séances de méditation et a créé un club d’œnologie virtuel après le travail. "Le bien-être de nos collaborateurs est essentiel", explique-t-elle.

Adrian Whelan reconnaît cependant que les vidéoconférences offrent aussi de nombreux avantages. "Elles améliorent la discipline de réunion, car les participants sont moins souvent en retard. Je constate aussi davantage de respect pour ceux qui prennent la parole. Il y a moins d’interruptions et de bavardages", conclut-il.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés