Investir dans les grands crus grâce aux fonds

Photo Reuters ©REUTERS

Vu le caractère relativement étroit du segment des groupes viticoles cotés, il n’existe pas à proprement parler de fonds investissant sur le secteur des producteurs de vins. Par contre, il existe une multitude de fonds qui permettent de s’exposer sur les plus grands crus mondiaux. La plupart sont situés en Europe, les autres aux Etats-Unis ou en Asie. Les plus anciens de ces fonds ont à peine 10 ans d’existence.

C’est de ce groupe de véhicules financiers que fait partie le Luxembourgeois Nobles Crus, le fonds d’Elite Advisers.

Ce type de fonds a connu un succès certain ces dernières années auprès d’une clientèle relativement fortunée, le ticket d’entrée pour pouvoir investir dans ce type de produit étant souvent de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Outre le côté fascinant d’investir de l’argent destiné à acheter des crus tels que la Romanée Conti ou Lafite-Rothschild, l’investissement physique dans le vin était vu par beaucoup comme une source de diversification attractive par rapport aux autres grandes classes d’actifs telles que les actions ou les obligations.

Le problème de l’ensemble de ces fonds est la valorisation des actifs sous gestion. Les prix sont déterminés sur base des enchères réalisées partout dans le monde, avec parfois des différences de prix importantes entre deux lots identiques. Si les prix disponibles sur le Liv-ex (l’indice de référence pour la plupart des gestionnaires) sont un indicateur, ils sont loin de rassembler toutes les transactions.

Spéculation

Si une action ou une obligation peuvent rapporter un dividende ou un intérêt, le vin ne doit sa plus-value qu’à la hausse des cours, et les frais ne sont en outre pas négligeables, les bouteilles devant être entreposées dans un endroit sécurisé et apte à la conservation des précieux flacons. Supporté par la spéculation chinoise, le cours des grands flacons a plutôt eu tendance à grimper de manière constante entre 2008 et 2011 (voir graphique). Le mouvement a été accentué par le fait qu’il n’existe qu’un nombre fini de bouteilles d’un domaine sur un millésime. Dès lors, au fil des années, il y a de moins en moins de bouteilles en circulation.

Sur papier, il s’agit donc d’une méthode efficace pour battre les marchés boursiers, tant que les prix grimpent, et que le gestionnaire peut investir dans des actifs peu liquides avec l’argent qui rentre. Mais lorsque la performance n’est plus là et que les investisseurs cherchent à sortir massivement, le portefeuille s’avère souvent très peu liquide. Il faut en effet du temps pour mettre sur pied une enchère et sortir d’une grosse position peut prendre plusieurs mois si le gérant ne veut pas subir de forte décote.

Frais

Les mauvaises nouvelles se sont donc succédé ces derniers trimestres. La spéculation chinoise sur les grands crus français s’est fortement calmée, ce qui a eu pour conséquence de stopper net la hausse des cours. Depuis les sommets atteints par l’indice Liv-ex 50 à la mi-2011, l’indice des 50 châteaux les plus négociés au monde a abandonné 30 %.

Outre les déboires de Nobles Crus, le Vintage Wine Fund est un autre de ces fonds sur les vins qui a été forcé de baisser le rideau. Vintage Wine Fund était un fonds ouvert dont les actifs avaient atteint jusqu’à 110 millions d’euros en 2008, et qui a également subi de plein fouet les retraits d’investisseurs échaudés par la faible performance.

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