Investir en offrant un tremplin à de jeunes entrepreneurs

Un des starters ayant bénéficié de l’aide de FFG est le jeune Belgo-équatorien Miguel Escudero. Son souhait? Importer et commercialiser en Belgique du chocolat équatorien. Les fèves de cacao équatoriennes sont connues pour leur saveur et leurs arômes exceptionnels. ©© Owen Franken/CORBIS

Pour permettre à de jeunes entrepreneurs de réaliser leur rêve, Funds for Good lance un nouveau fonds flexible, qui vous propose de renoncer à une partie de votre rendement.

Funds for Good (FFG) se concentre sur des produits d’investissement ayant par ailleurs un impact social. La solution que cette entreprise privée a imaginée est aussi radicale que simple: verser la moitié de ses bénéfices (avec un minimum de 10% de ses revenus) dans son fonds "Funds for Good Philanthropy". Ce fonds, qui est hébergé par la Fondation Roi Baudouin, a pour objectif d’accorder des crédits à taux zéro à de jeunes entreprises en Belgique – et par extension, au Luxembourg et en France – n’ayant pas accès aux crédits bancaires. Il s’agit la plupart du temps de personnes en difficulté ou en marge de la société: demandeurs d’emploi, migrants, réfugiés politiques, personnes ayant du mal à joindre les deux bouts. Car lorsqu’elles vont frapper à la porte des banques, elles se voient rapidement opposer une fin de non-recevoir.

Ballon d’oxygène

Afin d’être éligible pour un "prêt sur l’honneur", le candidat doit être motivé et présenter un bon projet. Pour l’octroi des crédits, FFG collabore avec des institutions de microcrédit comme Brusoc, Adie, microStart et Credal. Un des avantages pour les starters venant frapper à la porte de FFG, c’est qu’ils ne doivent commencer à rembourser leur crédit qu’après 25 mois.

100.000
Funds for Good souhaite à terme donner un coup de pouce à 100.000 entrepreneurs débutants.

Cela leur donne davantage d’oxygène pendant la période de lancement de leur activité. L’argent qui est remboursé à FFG peut servir à accorder de nouveaux crédits à d’autres starters motivés. FFG a déjà financé plus de 100 projets en Belgique, un nombre que son fondateur et co-CEO Nicolas Crochet espère doubler cette année. "À terme, nous voulons aider 100.000 jeunes entreprises. Cela peut sembler beaucoup, mais ça doit être faisable." Un élément important est le suivi des projets par FFG, qui dispose d’une équipe de plus de 60 coaches.

Un des starters ayant bénéficié de l’aide de FFG est le jeune Belgo-équatorien Miguel Escudero. "J’avais un rêve, mais pas accès aux crédits bancaires", a-t-il récemment expliqué lors d’une conférence de presse organisée à Bruxelles par FFG. Son souhait? Importer et commercialiser en Belgique du chocolat équatorien. Ses produits se vendent sous la marque Arawi, ce qui signifie "poésie" en langue quechua. Les fèves de cacao équatoriennes sont connues pour leur saveur et leurs arômes exceptionnels. "Grâce à l’aide de FFG, j’ai pu développer mon projet à partir de rien", explique le jeune entrepreneur.

Ceux qui investissent via Funds for Good doivent avoir un objectif clairement social. Il ne s’agit pas uniquement d’obtenir un rendement, mais aussi de contribuer à un monde meilleur. Pour le développement de ses produits d’épargne, Funds for Good collabore avec des acteurs professionnels, en particulier Banque de Luxembourg Investments (BLI) et Capricorn Venture Partners.

Le fonds FFG Architect Strategy a ainsi été développé par BLI. Ce fonds coupole défensif investit de manière flexible, ce qui signifie que la pondération des différentes classes d’actifs (actions, obligations, cash, or, etc.) peut varier en fonction de l’évolution du marché. Capricorn, quant à lui, gère le fonds Quest Cleantech Fund, pour lequel deux classes d’actions "For Good" ont été créées.

Celui qui investit dans Funds for Good doit avoir un objectif clairement social.

Ni armes ni tabac

FFG lance aujourd’hui un tout nouveau fonds, FFG Global Flexible Sustainable. "De nombreux clients nous ont demandé un fonds flexible avec un risque modéré et une gestion cohérente", explique Nicolas Crochet. Pour créer ce nouveau fonds patrimonial, FFG a fait appel au patron de BLI, Guy Wagner, qui gère déjà un fonds comparable, BL-Global Flexible. Comme son nom l’indique, ce fonds investit de manière flexible dans des actions, des obligations, de l’or et/ou du cash.

Même si le fonds FFG Global Flexible Sustainable s’inspire du BL-Global Flexible, il se distingue clairement sur deux points, souligne Nicolas Crochet. Tout d’abord, le nouveau fonds insiste tout particulièrement sur la responsabilité sociétale. "Nous avons par exemple éliminé toute une série d’entreprises dont les activités ou le comportement nous semblent inacceptables, par exemple celles qui sont actives dans le secteur du charbon, des armes nucléaires, des bombes à fragmentation et du tabac, celles qui sont impliquées dans des scandales environnementaux ou encore celles qui violent les droits de l’Homme."

Pour identifier ces entreprises, BLI utilise la liste d’exclusion du fonds de pension norvégien, une liste internationale qui fait autorité et qui est régulièrement mise à jour. Un deuxième critère de sélection concerne l’ESG (Environnement, Société, Gouvernance): les entreprises doivent respecter certaines normes en matière de politique environnementale, sociale et de bonne gouvernance. Un des objectifs est d’afficher une empreinte carbone pour l’ensemble du portefeuille d’au moins 20% inférieure au benchmark, le MSCI ACWI (actuellement, l’empreinte carbone du portefeuille est inférieure de 55% au benchmark). Les entreprises sélectionnées doivent également faire preuve de respect pour leur personnel et les droits de l’homme et afficher dans ce domaine un score supérieur de 20% à l’indice de référence.

Comment Guy Wagner compte-t-il dès lors composer le portefeuille du fonds, actuellement en construction? " Pour le moment, le cash et les obligations ne rapportent rien. Les actions représentent la majorité du fonds. Nous en étions à 30%, mais après l’excellent rapport américain sur l’emploi (publié début mars, ndlr.), nous avons augmenté leur pondération à 40%", explique-t-il. Le fonds est pour l’instant encore investi essentiellement en cash, mais les choses devraient progressivement changer.

En raison de leur rendement quasi nul, cela a peu de sens d’investir en obligations, poursuit Guy Wagner. Il fait cependant une exception pour les Bons du Trésor américain à 30 ans, qu’il considère comme un matelas de sécurité en cas de ralentissement économique ou de forte reprise de l’inflation. La part de l’or ne devrait pas dépasser 5 à 15% du portefeuille. Guy Wagner n’envisage pas d’investir dans les producteurs d’or, mais plutôt dans des entreprises de type "gold royalty", qui financent les activités d’exploration et le développement de producteurs d’or en échange d’une partie de leur production future.

Suite à la forte hausse des Bourses, la sélection des actions n’est pas de tout repos. "Si vous achetez une action, vous devez en fait vous poser la même question que celui qui rachète une entreprise: est-ce une bonne société? Son prix est-il raisonnable?", explique Guy Wagner. Il évite ainsi les sociétés de télécoms, d’aéronautique et de matières premières. Idem pour les banques et les assurances, deux secteurs qui sont, selon lui, difficiles à évaluer. Par contre, il voit des opportunités dans les soins de santé, l’industrie, la technologie et la consommation, sans distinction de régions. À noter que les frais de gestion se monteront à 1,25% pour les clients particuliers.

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