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L'ADN de l'investisseur en fonds décrypté

©ANP

L’investisseur belge en fonds de placement est prudent, cherche à répartir les risques et est prêt à miser sur le durable à condition que cela ne lui coûte rien. Ce sont quelques-unes des conclusions tirées d’une enquête menée auprès de quelque 3.000 investisseurs.

3.212 investisseurs en fonds de placement ont participé au cours des deux dernières semaines de juin à une vaste enquête diligentée par L’Echo/De Tijd, le consultant EY, l’Université de Mons et la fédération des gestionnaires de fonds, la Beama. Quel est donc le profil de ces citoyens qui ont investi grosso modo 200 milliards d’euros dans des fonds d’investissement?

1. Est plutôt prudent

Pas moins de 45% des participants à l’enquête se décrivent comme des investisseurs "prudents". C’est deux fois plus que ceux qui se disent "dynamiques" (19%). Et 36% d’entre eux se considèrent comme "neutres". En fait, les investisseurs qui optent pour des fonds ont toujours été prudents. Il y a plus de 10 ans, les fonds avec garantie du capital étaient d’ailleurs les plus populaires. Aujourd’hui, à cause des taux bas, la garantie de capital est proposée via des alternatives plus intéressantes, comme des obligations structurées.

2. Est amateur de fonds mixtes

Les fonds mixtes sont les nouveaux champions du marché des fonds. Une sous-catégorie les fonds flexibles  vise à protéger le capital pendant une durée déterminée. À la question de savoir à quoi ressemble le fonds mixte idéal, une majorité répond qu’il doit combiner actions, obligations et ‘private equity’ (actions non cotées).

3. Cherche à répartir le risque

Quand on leur demande pourquoi ils investissent dans des fonds, les répondants avancent comme argument principal la possibilité de bien répartir les risques. En achetant un fonds, un investisseur se retrouve facilement investi dans 100 actions et/ou obligations différentes. Ceux qui optent pour un fonds de fonds se retrouvent même investis dans des milliers de lignes.

Plus de la moitié des investisseurs dynamiques souhaitent par ailleurs s’exposer à des marchés difficilement accessibles aux particuliers, via des fonds qui investissent dans des actions russes ou des actions "A" chinoises par exemple. Pour plus de la moitié des investisseurs prudents, la garantie du capital est un autre argument important.

4. Trouve les frais trop élevés

Sur le plan des coûts, le secteur fait face à un problème de perception. Quatre investisseurs prudents sur dix et même la moitié des investisseurs dynamiques estiment que les frais de gestion annuels des fonds ne sont pas "justifiés". Un quart à peine estime ces coûts équitables, tandis que le reste des participants n’a pas d’opinion. Les frais de gestion annuels sont déduits quotidiennement de la valeur intrinsèque des fonds, ce qui les rend d’une certaine manière "invisibles". Mais les choses vont bientôt changer avec l’obligation pour les banques de présenter la "facture" de tous les frais liés aux fonds, afin de répondre aux exigences des nouvelles règles européennes.

25%
Seul un quart des investisseurs en fonds belges estime que les frais de gestion annuels sont justifiés.

5. Se laisse influencer par la fiscalité

L’enquête confirme que les investisseurs belges sont très conscients de la fiscalité. Près de la moitié d’entre eux reconnaît que les taxes (et les coûts) ont une grande influence sur leur choix de fonds. Cette tendance est confirmée par les statistiques de la Beama. Aujourd’hui, 34 milliards d’euros sont investis dans des fonds obligataires, soit le même niveau qu’il y a dix ans. Au cours de cette période, le marché obligataire a pourtant connu une hausse exponentielle, mais suite à l’introduction et à l’élargissement systématique de la taxe sur les plus-values, peu d’investisseurs s’intéressent encore à ces fonds.

6. Préfère les conseillers physiques

La toute grande majorité des participants à l’enquête n’utilise pas les robots-conseillers et déclare être peu ou pas au courant de cette technologie. Parmi les investisseurs prudents, 75% indiquent n’avoir jamais entendu parler de ces robots. Ils considèrent par ailleurs l’idée de confier la gestion de leur argent à un robot comme allant "un pas trop loin". De nombreux investisseurs déclarent préférer les conseillers humains. D’après le président de la Beama, Marnix Arickx, les clients souhaitent bénéficier de services digitaux exhaustifs, pour autant que la transaction finale soit supervisée par une personne physique. "Si l’on se penche sur les succès des robots-conseillers aux États-Unis et au Royaume-Uni, on remarque qu’il s’agit essentiellement de formules hybrides, c’est-à-dire d’une combinaison entre un robot et un conseiller physique", ajoute Charles Symons, directeur d’iShares Belux.

Pour de nombreux Belges, confier la gestion de leur argent à un robot, c’est aller un pas trop loin.

7. Bénéficie d’une longue expérience

Pas moins de 42% des investisseurs dynamiques indiquent qu’ils investissent dans des fonds depuis plus de 20 ans. Plus de 80% d’entre eux investissent dans des fonds depuis au moins 5 ans. Dans les catégories d’investisseurs prudents et neutres, nous rencontrons davantage de débutants. Lors de la première édition du Fund Insiders Forum, organisé par L’Echo et De Tijd la semaine dernière, les experts présents ont indiqué qu’un de leurs principaux défis consistait à convaincre les jeunes d’investir dans des fonds.

8. Utilise internet (au compte-gouttes)

L’usage d’internet pour réaliser des transactions diffère selon le type d’investisseur. Par exemple, 51% des investisseurs dynamiques déclarent réaliser leurs transactions en fonds en ligne, contre 23% pour les investisseurs prudents. Parmi les investisseurs n’ayant jamais réalisé de transaction en ligne, un tiers déclare qu’il compte s’y mettre.

9. N’est pas philanthrope

Ces dernières années, les investisseurs institutionnels ont opté pour les investissements durables. Mais dans quelle mesure ont-ils été suivis par les particuliers? Les investisseurs prudents s’intéressent davantage aux investissements durables que leurs homologues dynamiques: les fonds durables représentent leur premier choix (48%), suivi des marchés émergents (32%) et de la robotique/technologie (29%). Chez les investisseurs dynamiques, les marchés émergents viennent en tête (63%), suivis de la robotique/technologie (57%) et en dernier lieu seulement des investissements durables (30%).

©Mediafin

Autre constat: les investisseurs sont ouverts aux investissements durables, mais à condition de ne rien devoir céder en termes de rendement. Seuls 15% d’entre eux sont prêts à accepter un rendement inférieur si cela peut rendre le monde meilleur. Il faut dire qu’il existe encore des malentendus sur ce plan: 9% des investisseurs prudents et 17% des investisseurs dynamiques sont convaincus que les investissements durables sont moins rentables que les fonds traditionnels. "Ce préjugé a des racines historiques. Au début, les investissements durables se faisaient dans un cadre philanthropique, en d’autres termes, pour une bonne cause", explique Pieter Furnée, responsable des investissements durables chez le gestionnaire allemand DWS.

10. Vérifie régulièrement les prestations de ses fonds

Même si les fonds sont par excellence des investissements à long terme, les investisseurs vérifient régulièrement les prestations de leurs fonds. La moitié des investisseurs prudents le font au moins une fois par mois, tandis que plus de la moitié des investisseurs dynamiques le font au minimum une fois par semaine. La plupart d’entre eux consultent les banques (en ligne) ou des médias financiers comme L’Echo.

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