"L'analyse de la durabilité vient avant les aspects financiers"

©Onno F. Roozen

Responsable des investissements durables chez Triodos Investment Management, Erik Breen aborde les investissements durables du gestionnaire dans des entreprises cotées.

En quoi vos analystes sont-ils différents des autres analystes financiers? Et quel est l’impact de leur approche durable?

Nous examinons les entreprises sous un angle différent. Nos analystes sont responsables d’un thème spécifique et connaissent donc aussi les sous-traitants et les clients d’une entreprise, ce qui est foncièrement différent de l’analyse fondamentale classique. L’évaluation de la durabilité d’une entreprise passe avant les aspects financiers. Nous nous penchons sur les facteurs susceptibles d’avoir un impact financier positif à long terme. Exemple: les peintures utilisées par les armateurs sur les coques de leurs navires. Une peinture marine lisse est plus chère, mais réduit la consommation de carburant du navire. C’est considéré comme une hausse des dépenses, mais en même temps, cela permet de réduire la consommation d’énergie et les émissions de CO2.

Nous sommes convaincus que les entreprises qui négligeront ces aspects subiront à terme des conséquences financières négatives. Nous sommes aussi en dialogue constant avec les entreprises dans lesquelles nous investissons et nous exigeons qu’elles aient en permanence un impact positif sur le plan de la durabilité. Nous essayons de parcourir à leurs côtés un chemin intensif, axé sur le long terme. Par exemple, les grands groupes pharmaceutiques s’intéressent aujourd’hui davantage aux forêts tropicales, dont elles tirent des ingrédients rares. En tant qu’actionnaire ou créancier relativement petit, notre rôle est certes limité, mais il n’en est pas moins significatif.

Est-il difficile d’obtenir ces informations supplémentaires auprès des entreprises que vous analysez?

De plus en plus d’entreprises pratiquent ce que l’on appelle de l’"integrated reporting" lors de la publication de leur rapport annuel. Il s’agit d’une chaîne de résultats qui se renforcent ou s’affaiblissent mutuellement. Une formation proposée au personnel a un coût financier, certes, mais elle augmente la valeur du capital humain. L’"integrated reporting" est de plus en plus populaire auprès des entreprises (en Belgique, c’est le cas notamment d’Ontex, NDLR), mais nous le pratiquons pour chacun de nos fonds.

Vous revendiquez un rôle de pionnier. Cependant, vous ne proposez que quatre fonds durables investissant dans des entreprises cotées.

Triodos IM gère 18 fonds destinés à des investisseurs particuliers et institutionnels, soit 3,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Nos quatre fonds durables sont un fonds d’actions, un fonds obligataire, un fonds mixte qui comprend environ 60% d’obligations et notre fonds thématique pionnier. Le portefeuille de ce dernier est plus concentré et se focalise sur de plus petites entreprises. Il est par définition notre fonds le plus risqué. Ces quatre fonds représentent environ 1,4 milliard d’euros d’actifs sous gestion. Nous comptons lancer d’autres fonds thématiques, car nous constatons une demande pour ces produits.

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